Cette année, Majid Oulmers n'est pas parti en vacances. Il est resté à Charleroi mais a vu toute sa famille, originaire de Sochaux, débarquer entre Noël et Nouvel an : " Si nous avions pu bénéficier de dix jours de congé, je serais parti au soleil mais nous n'avions qu'une semaine ".
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Cette année, Majid Oulmers n'est pas parti en vacances. Il est resté à Charleroi mais a vu toute sa famille, originaire de Sochaux, débarquer entre Noël et Nouvel an : " Si nous avions pu bénéficier de dix jours de congé, je serais parti au soleil mais nous n'avions qu'une semaine ". Dans un programme familial chargé, le médian (ou devons-nous dire back ?) gauche du Sporting a pris le temps de revenir sur la difficile passe que traverse actuellement son club. Après la défaite au Cercle de Bruges, il était déjà un des rares à affronter la presse et à stigmatiser les maux qui accablent les Zèbres. " Certains doivent se retrousser les manches et ne plus jouer leur carte personnelle ", avait-il clamé aux portes du vestiaire. Une semaine plus tard, il n'en démordait toujours pas. Majid Oulmers : On a raté notre première partie. Cela peut arriver à n'importe qui. Personne n'avait pointé ni le Cercle, ni le Germinal Beerschot aussi haut. Mais si on est à cette place-là, ce n'est pas anodin. Au contraire, c'est mérité. On ne produit tout simplement plus le football de la saison dernière. Cela faisait deux, trois saisons que l'on occupait le haut du classement. Forcément, on est plus attendu et cela devient difficile. Or, c'est dans les difficultés que l'on voit si un groupe est solidaire ou pas. Non. Peut-être que certains jouent un peu trop leur carte personnelle. Je ne l'espère pas mais quand on analyse les rencontres, on peut se poser des questions. Avant, quand un joueur se trouvait en difficultés, on venait l'aider. Aujourd'hui, c'est chacun pour soi. Le collectif primait avec Mathijssen. Il n'y avait pas d'individualités. Si on joue pour le collectif, on vend l'individu. Cette année, c'est le contraire. Certains doivent comprendre qu'il s'agit de la mauvaise voie. La saison dernière, on était tactiquement au point. Quand on menait 1-0, on parvenait à gérer et quand on était mené, on relevait la tête. Aujourd'hui, quand on encaisse, on baisse les bras et on s'en prend deux ou trois. Cela n'a rien à voir avec l'entraîneur en place. S'il choisit une tactique et qu'on ne la respecte pas, il n'en peut rien. Il ne faut pas nier l'influence qu'avait Jacky. Il nous a apporté de la rigueur. On reconnaît déjà sa patte à Bruges. Peut-être que certains n'arrivent pas à jouer avec d'autres entraîneurs que Jacky mais on est avant tout des professionnels. On sait que, sur une carrière, les entraîneurs vont et viennent. Il faut s'adapter. Quand on secouait le groupe, les gens l'acceptaient. Maintenant, ce n'est plus le cas. Quand on critique certains joueurs, ils le prennent mal. Je ne veux pas citer de noms mais on peut comprendre qu'après un certain temps, les leaders en aient marre. Quand j'entends certains parler maintien, cela démontre un manque d'ambition. Bien sûr quand cela sort de la bouche de Bertrand Laquait, on sait que c'est pour secouer le groupe. Notre situation actuelle doit nous faire réfléchir. Tout peut aller très vite et il faut se rendre compte que la zone rouge n'est pas si éloignée que cela. Et même quand le maintien sera assuré, il ne faudra pas se croire en vacances. Ce n'était pas facile de succéder à Jacky Mathijssen. Et puis, il n'avait pas beaucoup d'expérience. Quand il a eu besoin de nous, on n'a pas répondu présent. L'entraîneur ne joue pas. Il est donc tributaire de son noyau. Siquet est plus calme. Mais sera-ce bénéfique pour nous ? C'est avant tout à nous de nous gérer. On n'a plus 13, 14 ans. Au niveau points, c'est vrai mais on sentait déjà que nous ne pratiquions pas le jeu de la saison dernière. Nos adversaires savaient facilement développer leu jeu. Chose qu'on ne voyait jamais auparavant tellement on les pressait et fermait les angles. On a pris 16 buts en cinq matches. Cela pose question mais on ne peut blâmer le secteur défensif, trop souvent abandonné par les autres secteurs. Et puis, ce fut aussi le secteur qui fut le plus perturbé. L'année passée, la défense ne bougeait pas. De nombreux jeunes joueurs ont été intégrés et il nous a manqué de l'expérience. Son absence nous a fait beaucoup de mal, il faut le dire. Il sait se placer entre le but et son adversaire. Quand on n'est pas bien, il arrive aussi à nous secouer. On n'a pas réussi à le remplacer. Nous avons perdu le côté créatif. Pourquoi ? Je ne trouve pas d'explications. Seul Geoffrey Mujangi-Bia montre certaines choses. Sans doute parce qu'il a encore tout à prouver. On doit se dire la même chose : on a toujours quelque chose à prouver. Le changement de place. A la longue, cela me déstabilise. Un coup, je suis back. Un coup latéral. Un coup médian. Cette année, je n'ai évolué à ma place de prédilection (médian) que face à Roulers, Westerlo et Lokeren. Mais c'est comme médian gauche que je m'exprime le mieux. C'est à cette place que je me suis révélé avec Sébastien Chabaud comme médian défensif, Fabien Camus comme offensif et Tim Smolders à droite. A un moment où il n'y eut pas trop de résultats, on m'a demandé de retourner au back gauche. Pour dépanner et pour le service de l'équipe. Mais il ne faut pas que cela devienne une habitude. Latéral, quand tu as le ballon, c'est une solution que j'apprécie. A domicile, on peut évoluer de cette manière. Mais, en déplacement, quand tu n'as pas le ballon, cela devient compliqué. A l'extérieur, on n'a pas une équipe pour faire le jeu. Il faut attendre et partir en contres, comme on le faisait avant. Oui mais l'année passée, quand je montais, il y avait toujours quelqu'un pour me remplacer. Cette saison, on ne trouve plus la force nécessaire pour prendre la position d'un autre. On en revient à ce manque de solidarité. Mais si tous ces joueurs voulaient partir, ils n'auraient pas tous resigné. Ce sera difficile de partir vu la saison pas terrible que le Sporting réalise. Non. C'est surtout l'année dernière que je voulais partir. Je l'avais signalé à la direction. Le Standard s'était présenté mais les deux clubs n'avaient pas su se mettre d'accord sur une somme de transfert. Charleroi demandait 500.000 euros et le Standard n'était disposé à débourser que 300.000 euros, ce que je comprenais vu qu'il ne me restait qu'une année de contrat. Au début, j'en ai voulu à la direction mais cela fait aussi plaisir de voir qu'une direction a confiance en toi et veut te garder. Elle ne voulait pas me vendre à un concurrent direct. Vu notre saison, je ne sais pas si on peut encore parler de concurrent direct... Quand tu arrives à un certain âge, cela devient difficile. Sauf si tu as un vécu international. Ce qui n'est pas mon cas. Je n'ai pas reçu d'offres réellement concrètes. J'ai eu une discussion avec le président qui voulait absolument me garder et que je devienne un cadre de l'équipe. Il m'a convaincu en disant que tout le monde allait rester. Et puis, quand je vois que je reçois les mêmes conditions que celles que j'aurais reçues au Standard, pourquoi partirais-je ? Non. Je me suis simplement arrangé avec le club pour qu'il me laisse partir si je recevais une offre d'un club du Golfe. Les dirigeants m'ont dit qu'ils ne m'empêcheraient pas. Car je sais que la vie de footballeur est éphémère et que je peux bien gagner ma vie là-bas. Je ne manque pas d'ambitions mais quand tu vois que tu restes sur deux bonnes saisons et que tu ne reçois pas d'offres concrètes, tu te poses des questions. Si on veut sans cesse aller plus haut, il nous faut des renforts mais ce n'est pas nous qui décidons. On sait que c'est toujours mieux de conserver un effectif performant mais on doit aussi comprendre que le club vit sur ses transferts. Charleroi n'est pas Genk, Bruges ou Anderlecht. Le club a besoin de l'argent des transferts pour avancer. par stéphane vande velde- photos : reporters