Cette saison, le conseil d'administration du Royal Football Club de Liège a décidé que Michel Evrard, ex-président, prendrait un peu de recul dans la gestion du club. C'est le Bruxellois Philippe Claeys qui occupera la fonction présidentielle. "Désormais, je ne m'impliquerai plus dans la gestion du FC Liège", annonce Evrard.
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Cette saison, le conseil d'administration du Royal Football Club de Liège a décidé que Michel Evrard, ex-président, prendrait un peu de recul dans la gestion du club. C'est le Bruxellois Philippe Claeys qui occupera la fonction présidentielle. "Désormais, je ne m'impliquerai plus dans la gestion du FC Liège", annonce Evrard. La tâche de responsable de la communication a été confiée à Jean-Michel Simar. "Je m'occupe des relations de presse mais je participe aussi à la gestion au point de vue extrasportif", avance ce dernier. "En réalité, ma fonction va encore évoluer mais je tiens quand même à signaler que je reste bénévole. On va réorganiser le club. Le domaine sportif est bien évidemment réservé à notre entraîneur, Henri Depireux. Pour ce qui est de Michel Evrard, il s'est fort investi ces dernières années. C'est un homme entier et il s'est beaucoup fatigué avec de nombreux problèmes. Il est temps qu'il se distancie un peu". L'avis concernant l'objectif du club, cette année, est unanime: il faut redorer l'image de marque tant au niveau sportif qu'extrasportif. Il faut qu'il retrouve ses lettres de noblesse. Jean-Michel Simar considère que le FC Liège doit être un club stable, sain et bien géré. Pour cela, un organigramme de gestion va être établi. "Les grandes dépenses, c'est fini: on vise le long terme", avance-t-il. "Il faut également préciser qu'on est parvenu à augmenter le capital. C'est en étant tous unis qu'on s'en sortira. Le principal est de positiver et il y a de quoi". Toujours pas de sponsor maillotCela étant, le club nage encore dans une multitude de problèmes. Tout d'abord, le FC Liège n'a pas encore de sponsor pour ses maillots. Pour Jean-Michel Simar, cette situation est due au fait que le club a une mauvaise image et qu'il manque de crédibilité. Mais il ne faut pas oublier que le club a encore quelques ardoises. "Je ne pense pas que les dettes effraient les éventuels sponsors", explique-t-il. "De plus, elles sont loin d'être exagérées. Tous les clubs de football sont endettés en Belgique, principalement, le Standard. Mais cela personne n'en parle ".L'avis d'Henri Depireux est à peu près similaire mais moins enthousiaste: "On n'a pas de sponsor parce qu'on n'est pas crédible. Mais en plus, on n'est pas crédible parce qu'on n'a pas de sponsor. Chez nous, le chien court après sa queue". Jean-Michel Simar rétorque qu'il a des contacts et qu'une solution va être trouvée. Optimisme béat ou non, nous verrons bien. Liège est également à la recherche d'un équipementier. La saison passée, le club a eu des problèmes avec son fournisseur, qui a unilatéralement cassé le contrat. Pour l'instant, l'équipe est contrainte d'évoluer avec les anciens maillots rayés rouge et bleus de 1995, que le préposé au matériel avait bien précieusement conservés. Nota bene, pour les puristes, ce sont les plus beaux.. En ce qui concerne le plan d'assainissement, le club est parvenu à diminuer la masse salariale et les frais généraux. En effet, les joueurs qui coûtaient cher, tels que MembaSylla et Tarek Kharif, sont partis. "Dans le passé, on a trop jeté l'argent par les fenêtres: une invitation par-ci par-là, ça fait beaucoup en fin de compte", explique l'attaché de presse. D'après les propos de Jean-Michel Simar, le club aurait également trouvé une entreprise qui sera chargée de la gestion publicitaire. "C'est une grosse société connue dans la région liégeoise mais rien n'est encore signé", dit-il. "Je ne veux donc pas plus m'avancer". Le FC Liège fait aussi face à des problèmes d'ordre intérieur. "Beaucoup de personnes travaillant pour le club ont des ambitions cachées et n'hésitent pas à vous tirer dans les pattes", explique Henri Depireux. A cela, Simar répond que, dans toute organisation humaine, les défaillances sont inévitables: "Ce sont des personnes de bonne volonté qui participeront à la restructuration. On va optimiser la structure et ils vont devoir se soumettre aux règles de fonctionnement. Je tiens à préciser que mon équipe sera principalement bénévole".Les terrains d'entraînement ne sont pas prêtsAu niveau de la gestion, le FC Liège ne donne pas l'impression d'être un bloc solide et compact. Il y a aussi une série d'électrons libres qui gravitent autour du club. Freddy Luyckx, manager de joueurs et ancien joueur liégeois, en fait partie. En effet, il n'hésite pas à faire part de ses conseils et essaye d'amener des clients potentiels. "Le FC Liège est un club que j'ai envie d'aider", confie-t-il. "Je le porte dans mon coeur. Mais je n'ai pas de fonction précise au sein de celui-ci, mon statut de manager me l'empêchant". Au point de vue sportif, tous n'est pas rose non plus. Henri Depireux (entraîneur), Aloys Nong (ex-RWDM), Simon Moukoko (ex-Pecos) et Abdoulaye Soumare (ex-Red Star Paris) sont arrivés en été. "L'équipe a été indiscutablement déforcée", déclaré Henri Depireux, désabusés. "D'excellents joueurs sont partis et n'ont pas été réellement remplacés. Certes, je suis satisfait des transferts mais ce n'est pas assez. Le flanc gauche reste notre point faible.En plus, Moukoko et Nong ne sont pas encore qualifiés et le Brésilien Jose Luis De Alcantara a des problèmes de passeport. Marié avec une Belge , Isidore Wawa, résidant depuis assez longtemps dans la région namuroise, souhaiterait obtenir la nationalité mais l'affaire n'avance pas. Pour l'instant, je suis donc privé d'éléments importants et ça ne me facilite pas la tâche ". Le King essaye de travailler dans la sérénité mais avoue que c'est quasiment impossible. Les conditions d'entraînement ne sont pas non plus optimales. L'année passée, le club a changé de nom. Il est passé de l'appellation RTFCL (Royal Tilleur Football Club Liégeois) à celle de RFCL (Royal Football Club Liégeois). Mais ce n'est pas tout. Le club a, également, déménagé de Tilleur à Seraing. "Je suis satisfait de ce déménagement.", souligne Simar. "Je tiens à remercier la ville de Seraing avec laquelle je dois encore discuter pour régler quelques petites choses. Je pense que nous avons un beau stade. Il ne faut pas négliger ce genre d'avantages".Henri Depireux semble beaucoup plus sceptique: "La ville de Seraing est en vacances et elle nous a promis une aide logistique. Nos terrains d'entraînement à Wihogne ne sont pas encore prêts. Comme on dit, l'herbe ne pousse pas en un mois. Le club a réellement pris du retard à tous les niveaux". Henri Depireux se démène tout en n'étant pas payé: "On ne m'a pas versé d'argent. Comme je vous l'ai signalé, le FC Liège est pris de court. Si on continue comme cela, le club n'existera plus! C'est dramatique.".Pourtant, Simar reste enthousiaste: "Je m'étonne souvent de ce que je lis dans la presse à propos de Liège. Je considère que la situation n'est pas dramatique. On exagère régulièrement à notre sujet. Récemment, j'ai entendu que le club était en faillite. C'était tout à fait faux évidemment. Ce n'est pas pour rien que l'Union Belge nous a accordé la licence".Tim Baete"Chez nous, le chien court après sa queue" (Henri Depireux)