On le dit entêté et renfermé mais Kevin De Bruyne (18 ans) se révèle un interlocuteur toujours agréable, qui n'élude aucune question et fait preuve d'une maturité impressionnante. Sur le terrain, c'est un lion qui rappelle Steven Defour période Genk. Avec son look de Prince Harry d'Angleterre, Kevin sait faire la différence. Les deux joueurs ont une personnalité comparable et se connaissent un peu. Ils ont fréquenté la même famille d'accueil à Genk : " Mais footballistiquement, nous sommes différents. Steven défend mieux. J'ai peut-être le même engagement, la même volonté... Quand je serai plus mûr, j'aimerais évoluer à la même position. Pour cela, je dois améliorer mon bagage défensif. De toute façon, la polyvalence est appréciable. On perce plus facilement quand on est capable d'évoluer à de nombreux postes. "
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On le dit entêté et renfermé mais Kevin De Bruyne (18 ans) se révèle un interlocuteur toujours agréable, qui n'élude aucune question et fait preuve d'une maturité impressionnante. Sur le terrain, c'est un lion qui rappelle Steven Defour période Genk. Avec son look de Prince Harry d'Angleterre, Kevin sait faire la différence. Les deux joueurs ont une personnalité comparable et se connaissent un peu. Ils ont fréquenté la même famille d'accueil à Genk : " Mais footballistiquement, nous sommes différents. Steven défend mieux. J'ai peut-être le même engagement, la même volonté... Quand je serai plus mûr, j'aimerais évoluer à la même position. Pour cela, je dois améliorer mon bagage défensif. De toute façon, la polyvalence est appréciable. On perce plus facilement quand on est capable d'évoluer à de nombreux postes. " De Bruyne évolue actuellement sur le flanc mais avec la latitude d'être en phase avec sa personnalité : " Je pense toujours à aller de l'avant. Attendre le ballon et le conserver, ça ne fait pas vraiment partie de mes atouts... "Depuis quatre ans, le Gantois réside à Genk, où il a achevé ses humanités. Il a littéralement suivi un plan scolaire : deux ans de latin puis quatre années d'école de sport de haut niveau avant de se consacrer pleinement au football. " Mieux vaut viser haut, quitte à revoir ses ambitions. La seule chose que je ne pouvais prévoir, c'était mon transfert à Genk ! " Tout à coup, le garçon surprotégé s'est retrouvé seul, à 14 ans, loin de sa famille, obligé de se débrouiller seul : " J'ai parfois pleuré mais je ne suis pas de ceux qui jettent l'éponge. Les deux premières années ont été difficiles. Pourtant, jamais je n'ai perdu l'amour du foot, malgré les sacrifices qu'il m'imposait. "A l'internat puis dans sa première famille d'accueil, Kevin a connu des problèmes. Le troisième essai fut le bon : " A l'internat, j'étais effrayé par certains, qui piquaient des crises terribles. Parfois, il fallait deux surveillants pour les contenir ! Certains étaient délaissés par leurs parents. Je devais être au lit à neuf heures mais parfois, je revenais à neuf heures moins cinq de l'entraînement, sans avoir mangé. Je me suis plu dans ma première famille mais j'ai dû la quitter au bout de deux ans, parce que j'étais trop renfermé, m'a-t-on dit. On a même reproché à ma mère, qui retournait parfois à Pâques en Angleterre pour aider ses parents, vieillissants, de ne pas bien m'élever. Elle en a pleuré ! Moi, je n'ai plus ouvert la bouche pendant deux jours. Finalement, Willy Mraz et sa famille étaient les seuls à croire en moi. Ce sont des gens fantastiques. " Sur le terrain, Kevin est toujours en surrégime : " Je préfère me livrer à 110 % pendant 90 minutes qu'à 90 % pendant 90 minutes. " Et à côté du terrain ? " En devenant indépendant, j'ai appris à relativiser les critiques, à réagir moi-même au lieu de pleurnicher auprès de mes parents. Mais gamin, je me demandais parfois pourquoi on s'en prenait à moi car je faisais de mon mieux. "La filiation de Kevin est assez complexe et aura peut-être un impact sur sa carrière : ses grands-parents sont issus de Gand et d'Evergem mais son grand-père était allé travailler au Burundi, où est née sa mère. Quand la guerre a éclaté là-bas, la petite famille a fui en Côte d'Ivoire puis le travail du grand-père l'a conduite en Angleterre, où elle a vécu 17 ans. " Ma mère parlait anglais et français. Pas un mot de néerlandais. C'est lors d'une visite en Belgique qu'elle a fait la connaissance de mon père mais elle se sent plus anglaise que belge. "Pour les De Bruyne, il n'existait qu'une équipe : Liverpool. L'émission de la BBC, Match of the day, était incontournable : " Ma chambre était décorée de tas d'objets des Reds. Mes grands-parents m'envoyaient le catalogue du club pour la Noël et je pouvais choisir ce que je voulais. Depuis que je suis moi-même footballeur, je ne suis plus supporter de Liverpool, mais le foot anglais reste le nec plus ultra pour moi. " Quand il avait une dizaine d'années, De Bruyne a affronté Arsenal lors de la Mercator Cup de jeunes à Gand. Sa mère servait de guide à l'équipe anglaise et comme Kevin avait signé un bon tournoi, il a été invité à s'entraîner pendant une semaine et à jouer un tournoi avec les Gunners : " Le complexe d'entraînement était fabuleux... Jouer là-bas un jour ? Pourquoi pas, on verra. Mais l'Allemagne ou l'Espagne, ce serait chouette aussi ! " par raoul de groote - photo: reportersQuand je serai plus vieux, je veux jouer à la même place que Defour...