Le transfert de Diego Milito de Saragosse à Genoa n'aurait normalement pas dû faire tanguer la planète foot. L'avant argentin de 29 ans n'était pas une star, les deux clubs loin d'être glamour et les montants en jeu trop discrets. Mais l'opération fut suffisamment rocambolesque pour faire du bruit, le dernier document ayant été déposé à la commission des transferts de la Ligue professionnelle italienne le 1er septembre à 19 h 03... trois minutes après la limite.
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Le transfert de Diego Milito de Saragosse à Genoa n'aurait normalement pas dû faire tanguer la planète foot. L'avant argentin de 29 ans n'était pas une star, les deux clubs loin d'être glamour et les montants en jeu trop discrets. Mais l'opération fut suffisamment rocambolesque pour faire du bruit, le dernier document ayant été déposé à la commission des transferts de la Ligue professionnelle italienne le 1er septembre à 19 h 03... trois minutes après la limite. Une TV a filmé la scène à l'Atahotel Quark de Milan où la Ligue pro avait installé un bureau provisoire. On voit FabrizioPreziosi, le directeur général de Genoa, réceptionner et remettre aux autorités fédérales le fax envoyé par Federico Pastorello, l'agent chargé des négociations entre les clubs. Le transfert allait-il être entériné ? Après une demi-heure de débats, la réponse était positive. Accusée d'avoir fermé les yeux, la Ligue pro expliqua que le fax ne visait que le bon de sortie international accordé par Saragosse et non le contrat du joueur, celui-ci ayant été déposé largement dans les temps. Quelques jours plus tard, quand Milito débarque à Gênes aux environs de minuit, des milliers de supporters rossoblù massés devant son hôtel lui réservent un accueil chaleureux. Ces fans avaient encore en mémoire le premier passage de l'Argentin au club, alors en D2, en janvier 2004. Il venait du Racing Avellaneda et ne figurait pas parmi les stars de l'équipe argentine malgré ses 34 buts en 137 matches. Il ne lui aura pas fallu longtemps pour se sentir à l'aise dans son nouvel entourage et il marque 12 buts en 20 rencontres. Une belle moyenne qu'il améliore en 2004-05 : avec 21 goals en 39 matches, il emmène le Grifone (le griffon, l'animal mythologique au corps de lion et à la tête et aux ailes d'aigle) vers le titre de D2 et la montée en D1. Tous les fans se préparent à la voir en duo avec EzequielLavezzi (... qui casse actuellement la baraque à Naples) quand, le 27 juillet 2005, la justice sportive relègue Genoa en D3 pour avoir acheté le match du 11 juin contre Venise (victoire 3-2 avec deux buts de Milito). Du coup, Lavezzi reste à San Lorenzo et Milito est proposé en location (deux ans avec une option fixée à 5 millions). Saragosse accepte rapidement alors que rien ne lui garantissait un Milito aussi performant en Liga qu'en D2 italienne. Et ce fut une très bonne affaire : il devint El Principe en marquant 52 buts en 108 matches de championnat ! Sans oublier deux buts infligés à Barcelone et quatre au Real Madrid pour sa première Coupe du Roi. En 2006-2007, avec 22 buts, il termine deuxième du classement des buteurs derrière RuudvanNistelrooy (25b). La saison dernière, son butin sera encore de 15 buts dans un club qui descend et le remet sur le marché. Avec son CV et pour 10 millions, Milito n'avait pas de souci à se faire. Tottenham fit le forcing jusqu'au bout. D'ailleurs, si les négociations ont traîné jusqu'à la dernière minute c'est parce que Saragosse insistait pour que le joueur rejoigne l'Angleterre alors qu'il voulait retourner au Genoa. Lors de son départ en 2005, Milito avait prétendu au président EnricoPreziosi (qui était allé le dénicher en Argentine personnellement !) qu'il ne s'agissait pas d'un adieu mais d'un au revoir... Le boss du club ligure confirme avoir déboursé plus de 10 millions (plus le salaire du joueur, 2,3 millions par saison pendant trois ans) : " Parce qu'on ne peut commander son c£ur. J'ai raisonné en supporter ". Après quelques matches, Preziosi pouvait se montrer fier d'avoir fait une confiance aveugle à l'attaquant qui a pris la tête du classement des buteurs. Une telle réussite a suscité l'intérêt de plusieurs grands clubs, dont le Real Madrid qui recherche un remplaçant à van Nistelrooy out jusqu'à la fin de la saison. Le club espagnol a envoyé des émissaires que Preziosi aurait, selon ses dires, repoussés... certainement jusqu'au prochain printemps. C'est d'ailleurs le moment de l'inauguration du musée dédié au plus vieux club d'Italie et au cours de laquelle la Fondazione Genoa va organiser un moment Milito car il est en passe de rentrer dans l'histoire du Grifone. En deux mois, 1.000 maillots frappés du numéro 22 avaient déjà été écoulés et le merchandising du club triplait son chiffre d'affaires comparé. Le succès risque de se confirmer puisque l'attaquant argentin n'a jamais raté une saison depuis son arrivée en Europe. Une telle constance devrait finir par attirer l'attention de DiegoMaradona même si le mot concurrence n'est pas usurpé en équipe d'Argentine. Avec son physique (1,81m, 78kg) et ses qualités, Milito pourrait être considéré comme soutien d'attaque... " Egoïstement, cela m'a fait plaisir que Maradona n'ait pas encore sélectionné Milito, même s'il mérite sa place ", a avoué le président Preziosi. Ce à quoi, le joueur a répondu : " Pour un Argentin être entraîné par Maradona est un rêve. Il est un symbole. " Un peu comme Diego Milito pour le Genoa... par nicolas ribaudo- photo: reporters