En suivant le derby brugeois à la télévision, ses parents ont eu la peur de leur vie : à la demi-heure, Lior Refaelov a malencontreusement heurté Thomas Meunier. Groggy, il a achevé la première mi-temps comme un zombie puis est resté au vestiaire, sans répondre aux sms que lui envoyait son père, inquiet. Lior ne se souvenait de rien. " Seulement de ce qui précédait le choc, pas de celui-ci ni de la suite du match. Je me suis réveillé dans le vestiaire dans le courant de la seconde mi-temps. En revoyant les images, j'ai réalisé l'ampleur du choc. Je dois avoir reçu 50 sms de proches inquiets. "
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En suivant le derby brugeois à la télévision, ses parents ont eu la peur de leur vie : à la demi-heure, Lior Refaelov a malencontreusement heurté Thomas Meunier. Groggy, il a achevé la première mi-temps comme un zombie puis est resté au vestiaire, sans répondre aux sms que lui envoyait son père, inquiet. Lior ne se souvenait de rien. " Seulement de ce qui précédait le choc, pas de celui-ci ni de la suite du match. Je me suis réveillé dans le vestiaire dans le courant de la seconde mi-temps. En revoyant les images, j'ai réalisé l'ampleur du choc. Je dois avoir reçu 50 sms de proches inquiets. " Lior Refaelov : On peut souvent suivre les matches du Club et du Standard à la télévision. Guy Luzon à Liège, moi à Bruges, tous deux luttant pour le titre... Je pense que ce sera passionnant jusqu'au bout pour mes compatriotes. Non. Nous avons le même manager, Dudu Dahan, qui m'avait dit qu'il négociait depuis plusieurs semaines. Malgré toutes les critiques qu'il essuie, Guy fait du bon travail. Je n'ai jamais travaillé avec lui mais nous nous connaissons bien. Il est fou mais... d'une manière positive. Et intéressant pour la presse. Oui. Il paraît que les joueurs l'apprécient beaucoup car il les pousse au bout de leurs limites. Michel est pareil : il exige le maximum de ses joueurs et affiche sa passion. Il communique sa grinta à ses joueurs. La différence, c'est que Preud'homme a de l'expérience. Il sait comment gérer la presse, comment se comporter dans le stade et sur le terrain d'entraînement. C'est un entraîneur intelligent. Le fait de ne pas parler français constitue peut-être un handicap. Je ne me fais pas de souci pour lui. Je lui souhaite la deuxième place. Pas plus, hein ! Nous avons bavardé après notre match. Nous étions les meilleurs d'un match agréable, au rythme élevé, et nous méritions la victoire. Elle a bien commencé sur le plan des résultats. Puis Garrido, qui avait des tas de petits problèmes avec les joueurs, est parti. Il est difficile de mettre le doigt sur une chose en particulier, disons qu'il n'y avait pas de dynamique. Même les titulaires souffraient de cette absence d'ambiance. Ensuite, Michel Preud'homme a dû s'habituer au Club. L'essentiel, durant les premières semaines, a été l'établissement de règles. Plus d'organisation sur le terrain, à l'entraînement, dans le vestiaire. Avant, ce n'était pas clair pour tout le monde. Je ne citerai pas de noms mais certains donnaient l'impression de ne pas en vouloir ou de se moquer de certaines choses. Nous formons désormais une équipe soudée. Chaque joueur est différent et l'entraîneur doit percevoir ces nuances pour adopter une approche appropriée. Prenez Vadis Odjidja : comme il court pour l'équipe... C'est nouveau. Idem pour Maxime Lestienne, qui a accompli beaucoup de progrès, comme moi. Nous faisons de notre mieux sans penser à nous-mêmes et ça nous aide à progresser individuellement aussi. Mais surtout, Michel Preud'homme a communiqué sa rage de vaincre à l'équipe. Quand je vois comment notre banc réagit à un but et encourage ceux qui jouent... Ce point fort n'est pas venu tout seul, nous l'avons travaillé. Nous n'avons jamais manqué de qualités individuelles mais nous y avons ajouté l'esprit d'équipe. Disons que j'ai traversé une période difficile de cinq ou six semaines. J'ai bien joué et délivré un assist lors du dernier match de Garrido mais je n'ai pas été repris contre Anderlecht alors que j'étais bien. Comme nous avons gagné, l'équipe est restée en place. Il est difficile de parler de son petit cas personnel quand on bat Anderlecht 4-0. Les matches suivants n'ont pas été de grande qualité mais nous avons continué à gagner. Pourquoi l'entraîneur changerait-il son équipe ? J'ai beaucoup appris à l'entraînement. Garrido me faisait converger vers l'axe et le ballon alors que Michel veut que nous plongions dans les espaces sur les flancs, ce que je faisais peu avant. Beaucoup de joueurs courent au lieu de demander le ballon dans les pieds. Je peux encore rejoindre l'axe pour appeler le ballon entre les lignes mais si je discerne des espaces, je dois m'y engouffrer et en perte de balle, nous devons tous tenir nos positions. À l'état pur. Par-dessus le marché, je n'étais pas en forme. C'est inévitable durant une saison. J'ai compris que je devais attendre que ça passe en travaillant mais ensuite, j'ai souffert du talon. J'avais changé de chaussures. Ça a duré deux mois. En soi, le système est intéressant mais si ça ne tenait qu'à moi, on conserverait les points. On travaille, on joue trente matches, on creuse un avantage qu'on perd au terme du championnat régulier. J'ai perdu un titre comme ça, en Israël. Nous comptions douze points d'avance sur Hapoel, réduits à six avant les play-offs. Nous n'avons pas été bons et nous avons terminé à égalité de points mais Hapoel a été sacré champion sur base du goal-average. L'équipe en forme pendant ces six semaines peut nourrir de grandes ambitions - comme les joueurs. Certains vont se faire démolir par la presse puis être traités de héros la semaine suivante. De ce point de vue, les play-offs sont fantastiques. Enfin, les PO1. Les autres ne riment à rien. Nous avions Carlos Bacca l'année passée. Il est toujours intéressant de disposer d'un joueur capable de marquer à partir de rien mais d'un autre côté, nous avons bien réparti nos buts cette saison. Même les défenseurs ont trouvé le chemin des filets, Timmy Simons a inscrit cinq ou six buts sur penalty, Tom De Sutter et Maxime ont marqué plus de dix buts. J'aurais pu en marquer davantage. Je suis plus satisfait du nombre d'assists. Je veux encore marquer en play-offs car ce sont des buts cruciaux mais il ne faut pas se cantonner aux chiffres. J'ai le sentiment de bien faire mon travail, même quand je ne trouve pas le chemin des buts. Je crée des espaces au profit des autres, parfois le gardien repousse mon tir mais un équipier marque... Non. N'oubliez pas que nous affrontons les meilleures équipes du pays et que la défense est un point fort de ce championnat. Beaucoup d'équipes se replient devant leur cage et il est difficile de trouver une brèche. Le Standard a connu ce problème à la fin du championnat régulier aussi. On n'obtient des espaces qu'après le premier but. De fait, un avant s'épanouit davantage aux Pays-Bas. Toutefois, nous avons des qualités. Tom joue dans un autre registre que Bacca, qui misait sur la profondeur. Castillo lui ressemble mais il a besoin de temps, comme Bacca au début. Il est rapide, travailleur, costaud, il utilise bien son corps. À terme, il constitue un renfort. Oui. J'ai été le premier à dire, quand Thomas occupait un rôle plus offensif, qu'il ferait un excellent arrière droit. Posez-lui la question ! Quelques semaines plus tard, Georges Leekens l'a essayé à ce poste. Non, je jouais à gauche... J'ai sans doute connu ma meilleure période à Bruges sous Leekens, jusqu'à ce que sept ou huit joueurs se blessent. Thomas est fantastique. Sa force sur le plan offensif m'impressionne. Il est fort, vif, il a tout pour devenir un grand arrière droit. J'espère qu'il sera repris pour le Mondial. Jusqu'en juillet, je suis supporter des Diables Rouges. Pas après car nous sommes concurrents pour l'EURO. J'ai été très déçu qu'Israël soit versé dans la même poule que la Belgique. Vous avez une équipe nationale fantastique, beaucoup trop forte pour nous. Le deuxième est qualifié mais dans un groupe avec la Bosnie et le Pays de Galles, ce sera vraiment difficile. Maxime commence à gauche, Sobota ou moi à droite mais nos positions ne sont fixes que les premières minutes. Après, nous pouvons choisir, pour autant que nous tenions les flancs en perte de balle. Le coach nous octroie une grande liberté. Tom rejoint parfois le flanc aussi. Nous assumons nettement mieux nos responsabilités en perte de balle. J'ai compris l'importance de cet aspect en Belgique. Avant, j'étais un meneur de jeu, qui se déplaçait où bon lui semblait, surtout en possession du ballon, mais dans le football contemporain, ça ne suffit pas. Je ne cache pas qu'avant, je préférais jouer à gauche mais je commence à me faire au flanc droit. L'axe est plus complexe. En Israël, je jouais au centre, soutenu par deux médians défensifs mais l'occupation est différente ici. Le contraire serait scandaleux, après trois ans. Naturellement, j'ai davantage confiance en mes possibilités. N'oubliez pas que ces trois années n'ont pas précisément été des modèles de stabilité. J'ai travaillé avec six entraîneurs, qui avaient chacun leurs méthodes, leurs exigences. Le système n'a pas beaucoup changé mais on nous demandait des mouvements différents. Une autre discipline... Chaque entraîneur m'a appris quelque chose. J'ai passé une haie en Belgique, j'ai atteint un niveau supérieur. Michel a changé quelque chose en moi, dans ma manière de jouer et pour être franc, I like it. J'essaie d'exploiter en match ce que j'ai appris en semaine. Certains de nos buts... Vous ne pouvez pas le savoir mais parfois, nous reproduisons exactement ce que nous avons répété à l'entraînement. Ça nous confère un de ces sentiments... Il est normal que ça emballe tout le monde dans ces conditions. " En juin 2015. Dans une saison. Nous avons commencé à discuter mais j'essaie de me concentrer sur les play-offs, sans trop penser à l'avenir. Tout s'arrangera. On verra bien en fin de saison. Tout ce que je puis dire, c'est que je me sens très bien ici. J'ai des relations fantastiques avec la direction et l'entraîneur et je suis très satisfait de mon sort. Les discussions n'ont pas abouti et franchement, je n'ai pas montré assez de bonnes choses à l'époque pour viser la Premier League. Je dois reconnaître qu'il me faut progresser si je veux un jour jouer en Angleterre. Mes play-offs n'ont pas été mauvais la saison passée mais je ne veux pas partir sans avoir gagné un titre. Le premier match a été crucial. Nous avons d'emblée montré ce dont nous étions capables. Nous avons entamé les PO1 par une victoire alors que les autres avaient débuté par une défaite. Nous sommes libérés de la pression de ce premier match. Le Club a tiré des enseignements du passé, par exemple du match de la Noël. Il n'a plus organisé d'actions spéciales. Si nous faisons encore quelque chose, ce sera spontané et ça se passera après le match car pendant celui-ci, nous devons nous concentrer. PAR PETER T'KINT - PHOTOS: BELGAIMAGE" Un attaquant s'épanouit davantage aux Pays-Bas qu'en Belgique. "