Michel Preud'homme n'est plus au Standard mais il va arbitrer la lutte pour le titre. Il y a dix jours, La Gantoise-Anderlecht a été remis et les Buffalos peuvent se saisir des trois points quand le match sera rejoué. Et le dernier match de la saison - coquetterie riquiqui de la commission du calendrier - est un certain Gand-Standard...
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Michel Preud'homme n'est plus au Standard mais il va arbitrer la lutte pour le titre. Il y a dix jours, La Gantoise-Anderlecht a été remis et les Buffalos peuvent se saisir des trois points quand le match sera rejoué. Et le dernier match de la saison - coquetterie riquiqui de la commission du calendrier - est un certain Gand-Standard... Dimanche soir, les Buffalos ont facilement dressé des Zèbres qui n'encaissent plus que des défaites. Le mardi d'avant, ils ont gagné 1-0 contre Genk lors de la première manche des quarts de finale de la Coupe. Gand remonte au classement et pourrait même prendre sa revanche sur la finale de la Coupe perdue contre Anderlecht en mai dernier. Est-ce à dire que l'effet Preud'homme commence à souffler sur Gentbrugge ? Le fringant néo quinqua n'a pas toujours eu de la chance avec son nouveau club alors que, du simple fait de sa venue, il devait apporter la vérité. Difficile pour le coach champion d'apporter sa griffe de football direct dans un club laminé par les blessures. Marko Suler, Bernd Thijs, Dario Smoje, Adriano Duarte, Zlatan Ljubijankic, Adekanmi Olufadé,... tous furent frappés. En plus, le capitaine irlandais Dominic Foley n'a jamais trouvé sa place et s'en est allé au Cercle Bruges. A l'inverse, Gand a engagé Adnan Custovic, Mbaye Leye, Tim Smolders et un back gauche norvégien, Erlend Hanstveit. Apparemment, c'est surtout l'attaque qui est renforcée avec l'arrivée du duo Custovic-Leye. Mais c'était indispensable de rééquilibrer le talent car le Costaricain Bryan Ruiz porte trop le ballon. Ce n'est pas anormal tant il est bon, mais une équipe ne peut surprendre que si elle menace avec plus d'une arme. Ruiz sait s'infiltrer, Custovic a un shoot instantané hyper puissant et Leye adore être lancé en profondeur. A l'avenir, Gand pourra frapper de loin ou de près. Très rapidement en tout cas, ce qui a toujours été la marque de fabrique de Preud'homme. A Charleroi, Gand s'est baladée mais le test était trop faible pour sonder ses possibilités exactes. Face à Genk, par contre, elle a livré des bons moments de football. A tel point que les nouvelles pointures limbourgeoises comme Stijn Huysegems et Tom De Mul furent par moments totalement invisibles ; surtout le deuxième, monté au jeu après le repos. Sur un terrain en très mauvais état, passé en quelques jours de l'état de marécage à celui de patinoire, il n'y eut que Ruiz à survoler le gazon congelé et à ne pas se prendre les pieds dans les chausse-trappes d'une terre sablonneuse qui s'effritait. Gand s'imposait contre Genk par un pressing volontaire et musclé, mais plusieurs de ses joueurs omettaient régulièrement de demander le ballon en mouvement. Trop souvent, le porteur du cuir devait affronter des adversaires agressifs alors que ses coéquipiers autour de lui ne se démarquaient pas. C'est aussi par manque de possibilités que Ruiz part dans ses galops solitaires... Mais Preud'homme ne voit pas cette timidité dans la demande du ballon comme un manque de confiance en soi. " On a joué une de nos meilleures parties ", nous disait plutôt un MPH toujours aussi obnubilé par le type de jeu qui a fait son succès au Standard, une conquête énergique du ballon et une transition éclair vers le rectangle adverse. C'est là qu'un Leye au pied léger doit apporter de nouvelles solutions. Et lorsqu'un Duarte, poursuivi par la poisse, sera à nouveau à son meilleur niveau, ses anticipations racées en défense et ses relances nettes et précises démarreront encore plus rapidement la machine gantoise. Et ça fera mal. La Gantoise, équipe du deuxième tour ? On peut parier là-dessus. PAR JOHN BAETE