Dimanche, c'est de nouveau Club Bruges-Gand, la Bataille des Flandres. Au plus fort de la lutte pour le titre, c'est le duel entre les deux concurrents d'Anderlecht, le champion sortant. C'est aussi et surtout Michel Preud'homme contre Hein Vanhaezebrouck. Ils ont déjà croisé le fer à trois reprises cette saison. Bilan : deux nuls (2-2), une victoire de Gand (1-2), le surprenant leader à trois journées de la fin des PO1. Qui est le meilleur : MPH ou HVH ?
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Dimanche, c'est de nouveau Club Bruges-Gand, la Bataille des Flandres. Au plus fort de la lutte pour le titre, c'est le duel entre les deux concurrents d'Anderlecht, le champion sortant. C'est aussi et surtout Michel Preud'homme contre Hein Vanhaezebrouck. Ils ont déjà croisé le fer à trois reprises cette saison. Bilan : deux nuls (2-2), une victoire de Gand (1-2), le surprenant leader à trois journées de la fin des PO1. Qui est le meilleur : MPH ou HVH ?" Je ne peux rien dire de pertinent à ce propos car c'est comparer des pommes et des poires ", explique l'analyste Wim De Coninck. " C'est vraiment un exercice difficile. Il faut exprimer des préférences qui ne se basent sur rien. Bon, on peut pointer celui qui obtient les meilleurs résultats globalement ou dans leurs duels directs mais ces résultats dépendent d'innombrables facteurs. D'ailleurs, je trouve qu'Yves Vanderhaeghe avec Courtrai et Felice Mazzu avec Charleroi sont au moins aussi bons. Et quid de Besnik Hasi si Anderlecht est à nouveau champion ? Reconduire le titre, développer un brillant football en Ligue des Champions et passer l'hiver en Coupe d'Europe, n'est-ce pas fantastique ? " Vanhaezebrouck est le meilleur tacticien ", estime Nordin Jbari, consultant de la RTBF. " Mais Preud'homme a un autre atout : il insuffle de l'énergie à une équipe. Si le Club lutte toujours pour le titre, malgré sa fatigue et les blessures, c'est grâce à lui. Il conserve le goût de jouer à ses joueurs, il veille à ce qu'ils livrent le meilleur d'eux-mêmes en toutes circonstances. Je pense que de ce point de vue, il est le meilleur. Vanhaezebrouck est plus créatif, plus entreprenant. Il s'intéresse plus à la construction du jeu, sa philosophie est plus offensive. Je me rappelle qu'il y a deux ans, alors que Courtrai jouait à Anderlecht, il avait laissé trois hommes devant sur un corner contre lui. Psychologiquement, c'est un signal fort. En termes de boxe, cela revient à dire : vous pouvez nous frapper mais l'inverse est vrai aussi. C'est un signe d'audace. Vanhaezebrouck comprend également qu'actuellement, le médian défensif est le numéro dix. A Gand, c'est SvenKums, qui sait faire le jeu. Au Club, ni TimmySimons ni RuudVormer n'en sont capables, ce qui complique parfois la tâche du Club, d'autant que plus on est fatigué, moins on court. Et si on ne peut pas faire circuler le ballon, on s'expose à des problèmes. Vanhaezebrouck a recours à des garçons comme Kums, BrechtDejaegere et Neto devant la défense. Ils sont tous meilleurs au ballon que Simons et Vormer. Il ennuie les deux grands d'une manière positive. Le jeu de Gand révèle un fameux travail à l'entraînement : l'équipe est constamment en mouvement, elle ne cesse de presser. C'est pour ça qu'elle bat si souvent les ténors : elle est plus dynamique. " " Pour moi, c'est Vanhaezebrouck le meilleur ", affirme Glen De Boeck. " En peu de temps, il a remis sur les rails une équipe qui ne sait plus de quel bois se chauffer depuis longtemps et il a immédiatement signé d'excellents résultats. Je ne me focalise pas sur le seul classement. Je prends en compte les circonstances, les différents facteurs, pour conclure qu'il fournit de l'excellent ouvrage. J'ai connu Hein pendant les cours d'entraîneurs et, ce qui m'a frappé, c'est la structure qu'il y a dans tout ce qu'il fait. Sa main est manifeste dans toutes ses équipes : la discipline tactique, les détails qu'il insuffle, des joueurs qui savent exactement ce qu'ils doivent faire, les surprises sur les phases arrêtées. C'est une constante chez lui. Mais un autre accomplit de l'excellent travail avec les moyens dont il dispose : Mazzu. " " Il faut un peu nuancer les choses ", intervient Alex Teklak, analyste de La Dernière Heure/Les Sports et de Proximus TV. " Nous ne parlons pas d'entraîneurs disposant de la même machine, ni de coaches poursuivant les mêmes objectifs, ni d'entraîneurs soumis aux mêmes exigences. Leurs équipes n'ont pas non plus disputé le même nombre de matches cette saison, pas plus qu'ils n'ont la même carrière. Preud'homme est un entraîneur de résultats. C'est pour ça que BartVerhaeghe et VincentMannaert ont tant investi en lui. Il a déjà fait ses preuves, puisqu'il a gagné la Coupe de Belgique contre Anderlecht. Ajoutez-y une qualification en quarts de finale de l'Europa League et sa saison est déjà réussie. Vanhaezebrouck travaille bien aussi. Il a encore beaucoup d'années devant lui pour progresser. Il force parfois sa communication. Il me donne l'impression d'être un peu frustré de devoir davantage faire ses preuves parce qu'il n'a pas réussi une grande carrière de joueur. Ce n'est pourtant pas nécessaire car il a déjà montré ses qualités depuis ses débuts d'entraîneur : il connaît le football, il sait aligner une bonne équipe, il a des idées, il réfléchit beaucoup à la manière de créer des brèches, il a une bonne lecture du jeu et s'adapte rapidement aux différentes situations. Il n'est pas un entraîneur de crise, il a besoin d'un certain confort, de temps, d'un certain type de joueurs et de caractères pour pouvoir appliquer ses concepts. Selon moi, c'est sur le plan relationnel qu'il a la plus large marge de progression. Il doit s'exprimer autrement pour pouvoir travailler avec un vestiaire difficile, des caractères spéciaux et des footballeurs instinctifs. Pour cela, il faut faire partie du groupe, pas être au-dessus. Il s'est déjà bonifié mais ça reste son principal chantier. C'est justement le point fort de Preud'homme. Il a réussi à changer des vedettes comme VictorVazquez et LiorRefaelov, à les faire travailler plus dur. Ça en dit long sur son charisme et l'impact qu'il a sur les joueurs. Il est le meilleur, à mes yeux. " " Je les trouve bons tous les deux ", spécifie Lorenzo Staelens. " Michel a formé une équipe digne du titre, qui a déjà gagné la Coupe et atteint les quarts de finale de l'Europa League. Hein travaille aussi bien à Gand, avec des joueurs qui n'étaient pas assez bons pour le Club, Anderlecht ou le Standard. Il ose exercer sa pression haut et lutter pour la première place. Ce sont deux hommes obsédés par leur travail. Hein est peut-être un rien plus fin tacticien. Il y a plus de variété dans son jeu, en fonction des points forts et des points faibles de l'adversaire. Si Gand était champion, il mériterait une statue. " PAR CHRISTIAN VANDENABEELE