Et comme c'est le cas dans toutes les campagnes électorales, le temps des petites phrases qui font la différence est bel et bien venu. Il faut convaincre, se mettre à l'abri, repousser les responsabilités vers les autres, s'octroyer de larges zones afin d'y manoeuver bien à l'aise.
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Et comme c'est le cas dans toutes les campagnes électorales, le temps des petites phrases qui font la différence est bel et bien venu. Il faut convaincre, se mettre à l'abri, repousser les responsabilités vers les autres, s'octroyer de larges zones afin d'y manoeuver bien à l'aise.Pas de cadeaux, pas de quartiers, on sort les couteaux. Le groupe a ses responsabilités. Il n'est pas toujours très correct en affirmant, parfois sous cape, que Michel Preud'homme n'a pas le niveau. C'est oublier très vite la qualification européenne de la saison passée et six bons mois cette saison. Sa gentillesse était un atout après la poigne de fer de Tomislav Ivic. Preud'homme a été ébranlé par le côté girouette du groupe. Mais en réalité, il paye plusieurs factures. Michel était directeur sportif à Benfica et, à la longue, c'est très probablement à un poste de coach à l'anglaise que cet homme charmant pensait. Mauvaise communication interne.Il aurait été le relais entre le staff technique, les joueurs, la direction, etc. Une espèce d' Alex Ferguson à la liégeoise, toutes proportions gardées. A Old Trafford, tout est organisé depuis l'âge des dinosaures. Le train était déjà sur les rails avant que George Stephenson ne l'invente quelque part, près de Newcastle. Au Standard, beaucoup reste à faire pour bosser dans la sérénité. La communication interne est mauvaise et le prix citron revient indiscutablement à Alphonse Costantin. Il envoie des amendes aux joueurs la veille des matches, les reçoit dans son bureau et quand cela ne va pas, il se dresse face à eux: -Des gars comme vous, j'en mange trois tous les matins.Cela laisse des traces et à la longue, les joueurs n'ont plus envie de voir Costantin de près ou de loin et le coach a forcément de plus en plus de travail. Il doit régler des dossiers, intervenir regulièrement afin de gérer le problème des joueurs. Mal soutenu par un directeur de club d'une autre époque, Preud'homme n'a pas un staff technique doté d'un gros vécu de sportif de haut niveau à part Christian Piot. Une méchante langue nous a récemment dit: -Faut pas rigoler, Michel est aidé par un carrossier et un maître nageur... C'est évidemment méchant pour Dominique D'Onofrio (son adjoint) et le préparateur physique, Innaurato, qui ont leurs mérites et diplômes. Mais cette remarque doit être retenue. Le staff technique ne doit-il pas être très sérieusement enrichi? Preud'homme a-t-il le temps de s'occcuper de tout et surtout de tactique à une époque où gérer un groupe de stars prend plus d'énergie qu'au temps de Raymond Goethals? Insuffisamment aidé en aval et en amont, Preud'homme était forcément très seul dans la cage aux lions. Il a fait des concessions pour garder l'église au milieu du village. Un triomphe aurait été un miracle. Même Ivic a été emporté par ce vide structurel. Il a payé: pépin cardiaque. Michel Preud'homme est également déjà très stressé...D'Ono soutient et fragilise Preud'hommeLuciano D'Onofrio a reçu la presse la semaine passée. Habile stratège très attaché à Preud'homme. Il n'a pas besoin du Standard pour se payer son steak. Pour cela, il a ses clients: la Juve, le Real, Porto, Marseille, etc. Le Standard, c'est pour réussir dans la ville de sa jeunesse. Malin, il croit à Preud'homme et dit: -C'est à lui de choisir son avenir. Coach, ce serait parfait, mais s'il opte pour le poste de directeur sportif, j'accepte aussi. Tactiquement, c'est magnifiquement joué car il ne peut pas se séparer d'un dieu liégeois qu'il aime bien. Ce serait impopulaire et douloureux à titre personnel. Si Preud'homme fait un pas en arrière, ce sera donc sa décision, pas du tout celle de D'Ono. Ponce Pilate n'aurait pas fait mieux. On n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces. D'Ono y va par petites touches. Il charge le coach quand il dit que cela sentait mauvais en novembre et qu'il aurait aimé intervenir à ce moment-là et responsabiliser le vestiaire. Il l'a fait plus tard, trop tard, à la demande du coach, dit-il. En dévoilant cela, D'Ono fragilise le coach aux yeux de tous. Le raisonnement est le même quand D'Ono dit que Michel a très bien exploité le travail d'Ivic: pourquoi n'a-t-il pas affirmé que Preud'homme a tout sauvé? Bizarre...En réalité, pour convaincre Preud'homme de rester à son poste, D'Ono doit lui donner plus de moyens, tant au niveau de son staff technique que dans le domaine administratif. Si D'Ono le fait, Preud'homme restera probablement en place. "N'essayez pas de m'opposer à Luciano D'Onofrio, vous n'y arriverez pas", a dit Michel Preud'homme à la presse. Un coup de gueule n'a pourtant jamais fait de mal à personne.Il a ajouté: "C'est l'atmosphère générale qui dictera mon choix. Je veux être suivi. Si ve n'est pas le cas, j'opterai pour le poste de directeur sportif où je peux améliorer l'atmosphère".En parlant du poste de directeur technique, Preud'homme cerne bien le problème. C'est d'abord là que cela flanche. Le Standard est sorti du rouge sur le plan financier. Il a un groupe, il faut que tout le reste entoure maintenant le coach: c'est ce que Michel Preud'homme dit via ses silences, son regard, l'une ou l'autre petite phrase.Pierre Bilic, ,Dia 1Preud'homme est assisté d'un carrossier et d'un maître nageur...Preud'homme ne se disputera jamais avec D'Ono.