Samedi prochain, au stade du Pays de Charleroi, les Diables Rouges entameront face à la Lituanie leur parcours éliminatoire pour la phase finale de la Coupe du Monde 2006, en Allemagne. Après avoir échoué de peu dans la course à l'EURO 2004, les internationaux belges viseront une septième qualification de rang parmi le gratin du football planétaire. Pour y parvenir, ils devront d'abord écarter les représentants de la Baltique, premier adversaire à se dresser sur leur route, avant de croiser le fer avec l'Espagne, la Serbie & Monténégro, la Bosnie et Saint-Marin, en cours de saison encore. A quelques jours de cette entrée en matière, le plus capé de nos défenseurs, Eric Deflandre (53 sélections) se veut confiant.
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Samedi prochain, au stade du Pays de Charleroi, les Diables Rouges entameront face à la Lituanie leur parcours éliminatoire pour la phase finale de la Coupe du Monde 2006, en Allemagne. Après avoir échoué de peu dans la course à l'EURO 2004, les internationaux belges viseront une septième qualification de rang parmi le gratin du football planétaire. Pour y parvenir, ils devront d'abord écarter les représentants de la Baltique, premier adversaire à se dresser sur leur route, avant de croiser le fer avec l'Espagne, la Serbie & Monténégro, la Bosnie et Saint-Marin, en cours de saison encore. A quelques jours de cette entrée en matière, le plus capé de nos défenseurs, Eric Deflandre (53 sélections) se veut confiant. Eric Deflandre : Vu les résultats forgés aux Pays-Bas d'abord puis en Norvège, j'ai le sentiment que la Belgique a retrouvé une équipe compétitive au bon moment. Après une période placée sous le signe des essais face à des grosses pointures comme la France, l'Allemagne et la Turquie, un déclic s'est produit à l'occasion du déplacement en Hollande. A Rotterdam, l'équipe a fait preuve de répondant contre un adversaire du même acabit que les trois autres. Ce succès-là nous a rassurés sur nos possibilités. Et le match à Oslo a confirmé que nous étions dans le bon. Abstraction faite, du moins, des deux erreurs de marquage coupables, qui nous ont finalement coûté la victoire. Le problème ne se situe pas tant au niveau de la taille que de la concentration. C'est pourquoi il y a parfaitement moyen de le juguler. Pour ce faire, il y a tout simplement lieu de se concerter et de s'appliquer davantage, tout en travaillant cet aspect lors des séances de préparation. Pendant les quatre saisons que j'ai passées à Lyon, les phases arrêtées faisaient l'objet d'un entraînement spécifique chaque semaine. Quoi de plus logique, dans la mesure où elles s'avèrent souvent déterminantes sur le cours, voire le verdict final d'une rencontre. Ici, on n'accorde peut-être pas à ce domaine spécifique l'importance qu'il mérite. C'est vrai. Les autres n'hésitent jamais à rentrer dans le lard, au besoin. Mais nous, on est trop clean. On rechigne à faire la faute utile. Pourtant, il le faut. Moi-même, je ne suis pas un spécialiste du jeu de tête. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, sur coup de coin, je tiens le piquet plutôt qu'un adversaire (il rit). Il n'empêche que dans le feu de l'action, quand je suis confronté à un opposant direct habile du front, je veille toujours au prix d'une légère poussée des bras ou des épaules que celui-ci ne parvienne pas à jouer correctement le ballon. De la sorte, même si je ne touche pas personnellement le cuir, je suis sûr que mon homme n'y parviendra pas non plus et qu'il n'y aura donc pas danger. Cette attitude-là ne se vérifie malheureusement pas, ou pas assez, chez plusieurs de mes partenaires, surtout les plus jeunes. Or, elle est franchement souhaitable si on veut se faire respecter. Non, cette dualité ne me surprend pas. J'ai souvent remarqué qu'il était très rare qu'un seul et même joueur combine les deux aspects, qu'il soit défenseur ou attaquant. Je n'en veux pour preuve que Jan Koller, qui reprenait tous les ballons aériens dans sa propre surface de réparation à Lokeren puis à Anderlecht, mais qui était nettement moins performant de la tête en zone de vérité. Pour un arrière, l'approche est complètement différente également selon qu'il peut lui-même agir sur une balle haute devant le but adverse ou, au contraire, réagir sur une phase analogue mais devant son but en ayant à sa charge un attaquant. En défense, sur balles arrêtées, certains prônent le marquage en zone û NDLR : cf la rubrique Tactique en page 53. Le coach du Racing Genk, Sef Vergoossen, en était un adepte la saison passée. Moi, je reste favorable à l'individuelle où chacun sait à quoi s'en tenir avec son adversaire direct. Dans ces conditions, il n'est plus possible, non plus, de fuir ses responsabilités en rejetant la faute sur un autre. Tout est nettement plus clair ainsi. A partir du moment où tout est clair dans la distribution des rôles, il est plus facile aussi de désigner celui qui n'a pas respecté les consignes. De temps à autre, et sûrement en cas de manquement, il est important d'insister sur les responsabilités de chacun. Surtout quand il y va, comme chez Vince, d'un jeune. Je suis passé par ce stade moi-même et je sais qu'à cet âge-là, un relâchement coupable ou un manque de concentration sont vite arrivés. Et c'est précisément à nous, les anciens, qu'il incombe d'être de bons guides. Phil a voulu être clair sur le terrain et je fais régulièrement part à Vincent de mon propre vécu afin qu'il en tire des leçons profitables. Et l'une d'entre elles est de rester concentré du coup de sifflet initial jusqu'au bout de la rencontre. Je le répète sans cesse aux jeunes : il ne faut jamais lâcher le morceau. Pas du tout. Le keeper occupe une place à part et dès l'instant où il fait à bon escient le ménage dans son petit rectangle, tout est OK, quelle que soit son identité. Moi-même, je n'ai jamais éprouvé de difficultés avec qui que ce soit. Jusqu'à présent, sur les goals que nous avons pris, aucun n'a été la résultante d'une incompréhension entre le dernier rempart et sa défense. Mis à part le but bidon encaissé à Cologne, évidemment, quand on n'était pas prêt sur un coup franc allemand (il grimace)... Si les sparring-partners s'étaient appelés Malte ou Andorre, nous aurions préservé nos filets intacts. Dans ce cas, c'est peut-être la ligne d'attaque que l'on aurait pointée du doigt, faute de score fleuve. Quoi qu'on fasse, il y a toujours à redire. Personnellement, je préfère m'incliner avec honneur face à des ténors que de gagner sans gloire contre des seconds couteaux. On a davantage appris dans ces circonstances-là que dans un contexte plus facile et c'est ce qui a permis au sélectionneur national de dégager en définitive un onze de base. Après que Paul Le Guen eut accordé la préséance à mon rival, Jean-Marc Chanelet, je n'avais effectivement plus été repris chez les Diables Rouges durant un petit temps. A l'époque, toutefois, j'étais l'un des rares dans le cas. A présent, si l'entraîneur avait dû se prononcer exclusivement pour des joueurs qui faisaient partie des certitudes dans leur formation respective, c'est sûr que le visage du onze national aurait changé de fond en comble d'une joute amicale à l'autre. De Tristan Peersman à Thomas Buffel, en passant par Wesley Sonck, tous ceux qui ont eu droit aux faveurs du coach ont remis magistralement les pendules à l'heure. Ce n'est pas vraiment surprenant car quand on est réserviste à Anderlecht, Feyenoord ou l'Ajax, on ne manque pas de références. Reste à voir, évidemment, pendant combien de temps le souci de se venger par sélection interposée peut prendre le pas sur l'absence de rythme due au manque de matches disputés au plus haut niveau. Durant quelques semaines, il n'y paraît sans doute pas. Mais, pour bien faire, cette situation ne doit pas s'éterniser non plus. Auquel cas elle pourrait engendrer un problème au niveau de la vitesse d'exécution et des points de repère sur le terrain. En équipe nationale, Bis occupe un rôle excentré sur le flanc droit, alors que chez les Rouches, il évolue dans une position plus axiale. Dans les deux cas, son influence aura été extrêmement bénéfique pour moi. Chez les Diables, grâce à son repositionnement judicieux sur le flanc droit, il m'a permis de donner libre cours à mon tempérament offensif, ce qui m'était refusé au départ, à Sclessin, où Wamberto n'avait pas ce même réflexe. Depuis le déplacement au Cercle Bruges, tout s'est cependant régularisé à ce niveau-là aussi et j'ai enfin eu la conviction d'apporter ma petite pierre à l'édifice. Cet apaisement-là, je l'avais déjà en sélection où je trouve mon partenaire les yeux fermés. Nous formons réellement une paire fort complémentaire, au même titre que le duo constitué de Didier Dheedene et Bart Goor sur l'autre aile. C'est compréhensible, en ce sens qu'ils ont pu peaufiner eux aussi leurs automatismes à Anderlecht autrefois. Les places deviennent de plus en plus chères chez les Diables. Même quand, comme eux, on a le bonheur de jouer dans des clubs emblématiques. Mais ils ne sont pas les seuls dans le cas. Après son entrée de très bonne facture en Norvège, Daniel Van Buyten ne détonerait pas dans l'équipe non plus, tout comme Olivier Deschacht qui multiplie les matches de bonne facture avec le Sporting. A chaque poste, la concurrence est vraiment très rude actuellement. Je ne suis pas de cet avis. Quand je vois Anthony Vanden Borre à l'£uvre avec les Espoirs, je me dis que je devrai continuer à me sublimer pour être toujours prioritaire. Mais j'aime ça. C'est l'idéal pour se transcender. Oui. Des expériences avaient déjà été faites à Liège et à Gand et elles s'étaient révélées extrêmement positives. Il n'en ira pas autrement au Mambourg où le fervent public local fera tout pour nous porter à la victoire, c'est certain. Face à l'équipe balte, nous n'aurons pas le droit à l'erreur de toute façon. Nous avions fait un faux-pas contre la Bulgarie, lors de l'entame des qualifications pour l'EURO 2004, et nous n'avions jamais été en mesure de rectifier le tir par la suite. Une victoire est donc impérative avant d'aller en Espagne le 9 octobre. L'idéal, cette saison, serait de remporter tous nos matches à domicile contre la Lituanie, la Serbie & Monténégro et la Bosnie tout en grappillant l'une ou l'autre unités en déplacement. A Saint-Marin, c'est un must. Face à Raul et les siens, ce serait un boni inespéré. Mais dans l'état actuel des choses, j'y crois. Car nous sommes sur la bonne voie. Bruno Govers" On hésite à rentrer dans le lard. ON EST TROP CLEAN "