Lundi 28 janvier : le couperet tombe. José Riga n'est plus l'entraîneur du RAEC Mons. Dans la soirée, le nom de son successeur est rendu public : Albert Cartier. Il n'aura fallu qu'une semaine au Français pour se remettre de son limogeage au Brussels et pour retrouver de l'emploi. Un record !
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Lundi 28 janvier : le couperet tombe. José Riga n'est plus l'entraîneur du RAEC Mons. Dans la soirée, le nom de son successeur est rendu public : Albert Cartier. Il n'aura fallu qu'une semaine au Français pour se remettre de son limogeage au Brussels et pour retrouver de l'emploi. Un record ! Mardi 29 : C'est avec deux heures de retard sur le programme que le Vosgien est présenté à la presse aux côtés du président Dominique Leone, du directeur général Alain Lommers et du directeur technique Geo Van Pyperzeele. " Le défi proposé n'est pas sans risques mais il permet de sublimer l'entraîneur qui est en moi ". C'est du pur Cartier dans le texte. " Je remercie le président de me proposer un tel défi ", ajoute-t-il. On en connaît qui préférerait quand même reprendre des équipes un peu mieux engagées. Lui pas. " J'ai encore le jus, l'énergie et l'âge pour accepter de tels défis. Si j'avais hésité ou refusé, je n'aurais pas mérité l'étiquette d'entraîneur. Je ne suis pas encore un entraîneur de salon. Je ne pars pas dans l'inconnu car j'ai commencé ma carrière à Metz dans les mêmes conditions. A l'époque, nous comptions cinq points de retard sur le premier non-relégable ". Certains mettent plusieurs mois à se relever d'un licenciement. Lui pas : " Je ne pensais pas que je rebondirais si rapidement. Quand Mons est venu me proposer ce poste, j'ai dû faire l'analyse rapide de la situation et voir si j'avais toujours cette flamme pour repartir aussi rapidement. La réponse fut positive ". Et quand certains soulignent la nécessité d'un entraîneur hexagonal pour un vestiaire très français, il rétorque directement : " Cela fait cinq ans - NDLR : en réalité trois ans et demi - que je suis en Belgique. Je me sens franco-belge et je ne crois pas que mon prédécesseur, José Riga, parlait une autre langue que moi, français ". Jeudi 1er février : Cartier apprend à connaître son environnement. " Je me perds dans le labyrinthe du stade. C'est beaucoup plus grand qu'au Brussels ". Il s'assied dans son bureau et avale un sandwich. Albert Cartier : Pourtant, j'ai beaucoup tourné en rond chez moi. C'est difficile de s'organiser une vie chez soi quand on n'a pas en tête une composition d'équipe, un adversaire à visionner ou une tactique à mettre en place. On a beaucoup de temps à soi mais en définitive, on ne fait pas grand-chose. Non, car je n'en avais pas envie. Ni en privé, ni en public. Je suis passé à autre chose. Non. La nouvelle m'a surpris. J'étais dans une position beaucoup plus isolée lors de mes précédents limogeages. Au Brussels, les joueurs répondaient à mon attente. Ils étaient toujours présents et le message continuait à passer. Nous étions dans le mercato et nous attendions des renforts. On avait déjà agi de la sorte, un an auparavant en attirant neuf nouveaux joueurs et cela avait fonctionné. On avait ciblé les postes et établi une situation de travail. Bref, rien ne laissait présager mon renvoi. Oui, peut-être. Non. Je ne suis pas frustré. Oui. On ne m'a pas donné d'explication. La déception est donc à la hauteur de la façon dont on a présenté la chose. Oui. Je connais les règles du métier et je les respecte mais quand quelqu'un ne les respecte pas, je ne me mets pas à son niveau. Je ne vais pas tomber aussi bas que lui. La première saison, lorsque nous avons terminé neuvième, cette griffe était présente. 18 joueurs sont partis. Le Brussels a terminé 9e puis 12e. Il ne pouvait pas faire mieux. Personne ne l'a mentionné... Il y a un manque de stabilité, c'est certain. C'est un point. Et puis, les résultats montrent la difficulté pour un club comme le Brussels de pouvoir envisager de bonifier son groupe. Car, je le répète, 9e et 12e, ce n'est pas une catastrophe. On ne peut pas être déçu. Après la première saison, j'avais dit au président qu'on ne pouvait pas laisser partir ensemble Ibrahim Kargbo et Igor de Camargo. Je comprends qu'un club comme le Brussels ait besoin d'en vendre un mais pas les deux. Le président m'avait répondu - Kargbo ne partira pas. Or, il est parti. En agissant de la sorte, on ne peut pas avoir de l'ambition. Non. Moi, je me suis montré digne de ce que le club attendait de moi au niveau du travail et de l'implication. J'ai toujours voulu donner une image positive. Non. Je n'ai pas dit cela. Il l'a peut-être fait, avec ses moyens, en tenant compte de la situation du moment. Présider un club n'est pas une chose facile. J'ai pour lui une certaine considération, voire même de la sympathie, mais l'histoire s'est terminée de façon brutale. Je pense que j'ai laissé une trace. Je le pense quand je vois les marques de soutien et d'amitié. Je n'ai pas l'impression d'être parti en claquant la porte. J'ai pu faire passer des messages. Certains joueurs continuent à me remercier du travail accompli sous mes ordres. J'ai toujours dit qu'il nous manquait trois à quatre joueurs d'expérience. Si tu as Steve Colpaert avec toi, ta défense n'est plus la même. Avec lui, Zoltan Petö s'améliore de 40 %. De plus, on ne pouvait pas non plus compter sur Richard Culek, qui est un leader par sa capacité à montrer quelque chose sur le terrain. Pour moi, ce n'est pas forcément un échec. Je n'ai pas l'impression d'avoir fini quelque chose. J'ai vécu avec ce groupe des moments magiques. Pas forcément des matches. Cela pouvait se vivre quand je m'entretenais avec un joueur blessé. Je vois que les supporters m'ont toujours supporté et je n'ai pas vécu mon licenciement comme un assassinat de la part de la presse. C'est la preuve que l'homme et l'entraîneur que je suis étaient, quelque part, un peu appréciés. ( Il coupe)... C'est vous qui dites que les joueurs ne sont pas en confiance. Moi, je n'ai pas senti cela. J'ai vu des garçons mobilisés, impliqués. Oui et je veux jouer avec les qualités de mes joueurs, qu'elles s'expriment, qu'ils se lâchent. Je veux des joueurs libres mais qui connaissent le cadre de jeu. Evidemment. C'est le premier objectif : gagner. S'il faut gagner à 11 derrière, on le fera. Mais, à La Louvière, on était dans une équipe avec des joueurs choisis. J'avais façonné cette formation. La préparation avait été basée sur le style de jeu que je recherchais. Mon credo : 1. Donner la philosophie de jeu ; 2. recruter en conséquence ; 3. préparer physiquement les joueurs pour faire des résultats. Mais ici, je ne suis pas dans ce schéma-là. A situation exceptionnelle, moyens exceptionnels. C'est pour cela que je veux des garçons qui soient, pendant trois mois et demi, complètement imprégnés. Obliger les joueurs à porter des protège-tibias à l'entraînement. Le reste, je le garde pour moi. L'important, c'est le respect. Si tu l'as, il n'y a pas d'amende. Nous avions un problème de gardien pour le poste de numéro deux. Je voulais quelqu'un de Belge, avec un certain potentiel, une âme de leader, et qui pouvait être rapidement efficace. Or, il ne faut pas oublier que c'est Nys qui a pris les points nécessaires pour sauver le Brussels, l'an passé, au deuxième tour ! Je ne les connais pas. Je tiens simplement compte de la situation et de ce que j'ai entendu. Mais je ne m'en fais pas. Je suis sûr qu'Herpoel va jouer les 15 derniers matches. Et lui, il joue pour toute une région et tout un club. par stéphane vande Velde