En un an et demi, Nastja Ceh (25 ans) s'est métamorphosé. Son manager, Jean-Claude Lagaisse, précise: "Seuls son amie et moi avons toujours cru en lui. Au début, le style de jeu de Trond Sollied lui a posé problème, comme l'agressivité du foot belge,le rythme des entraînements, la concurrence qui règne à Bruges. Etoile montante en Slovénie, meilleur joueur du championnat, il a dû repartir à zéro ici. Il a douté de lui et voulait partir. Le président de Maribor aurait souhaité le louer mais le Club n'acceptait qu'une vente. Si Ceh a maintenant saisi sa chance, c'est parce qu'il a changé. Il est devenu un adulte. Plus dur, plus calme".
...

En un an et demi, Nastja Ceh (25 ans) s'est métamorphosé. Son manager, Jean-Claude Lagaisse, précise: "Seuls son amie et moi avons toujours cru en lui. Au début, le style de jeu de Trond Sollied lui a posé problème, comme l'agressivité du foot belge,le rythme des entraînements, la concurrence qui règne à Bruges. Etoile montante en Slovénie, meilleur joueur du championnat, il a dû repartir à zéro ici. Il a douté de lui et voulait partir. Le président de Maribor aurait souhaité le louer mais le Club n'acceptait qu'une vente. Si Ceh a maintenant saisi sa chance, c'est parce qu'il a changé. Il est devenu un adulte. Plus dur, plus calme".L'intéressé confirme: "J'ai disputé une douzaine de matches d'affilée. Evoluer avec Gaëtan Englebert et Timmy Simons est fantastique. L'année dernière, je me focalisais sur ma mission défensive et je n'avais plus de force pour attaquer. J'ai appris. Je dois beaucoup à mes coéquipiers car jamais ils ne m'ont exclu. L'ambiance est très familiale".Nastja Ceh : Mon pourcentage de graisse est inférieur. J'ai progressé physiquement mais je cours aussi plus intelligemment. Je me suis toujours entraîné à 100% et en plus, depuis trois ou quatre mois, je fréquente une salle de musculation. J'entraîne l'explosivité de tout mon corps, le haut comme le bas. Ma réussite actuelle n'est pas l'effet du hasard. Votre Mondial n'a pas été un succès: dans le dernier match du premier tour, vous êtes entré à l'heure de jeu, alors que le Paraguay menait 0-1, et vous avez été exclu 20 minutes plus tard. La Slovénie a été battue 1-3.Cette carte rouge était injuste. L'arbitre, issu d'un pays où le football ne représente pas grand-chose, a mal jugé cette phase. Il n'y avait de ma part aucune intention de toucher l'adversaire. Nous étions menés 1-2. Donc, mon exclusion n'est pas à l'origine de notre revers. Après ce qui s'était passé cette saison, être sélectionné constituait déjà un succès pour moi.Après le départ de Srecko Katanec, il semble que la Slovénie ne tourne plus. Se qualifiera-t-elle encore pour un tour final?En fait, il y a un changement de génération. Nous avons certes été battus 5-1 par la Suisse mais le score ne reflète pas le cours du match. L'attaque et l'entrejeu ont été bons mais dès la première période, la Suisse a sanctionné trois erreurs défensives. Bojan Prasnikar testait un autre style de jeu, mais les matches amicaux sont faits pour ça. Il va revenir à l'ancienne formule. L'essentiel, c'est de vaincre Chypre le 2 avril. Saviez-vous à quoi vous attendre à Bruges?Je n'imaginais pas que la différence serait si grande. Je pensais jouer sans problème. Je comprends ce qu'est le football moderne, maintenant.L'influence de Sandra, votre amie, est très appréciée à Bruges.Elle a l'art de me calmer, elle m'incite à la patience. Quand je n'étais pas repris, j'en avais gros sur le coeur. Elle étudie le management à Maribor. Elle doit souvent rentrer au pays pour passer des examens mais je lui téléphone. Les notes sont plutôt salées!Tirer son planQue je pouvais tirer mon plan. Je ne savais pas que j'avais une telle force de caractère. En Slovénie, je n'en avais pas besoin. J'étais de toute façon titulaire...Et l'équipe était composée en fonction de vous et de votre pied gauche?En effet, ce qui ne m'a pas rendu service. Tout eût été plus facile ici si j'avais appris à défendre. En l'espace d'un an, j'ai dû tout assimiler à Bruges. En un an et demi, disons. Nul ne s'attendait à ce que je m'expatrie aussi vite. Il est peut-être préférable qu'on ne sache pas à quoi s'attendre, sinon, on ne partirait peut-être pas. Il n'empêche: j'ai appris à me battre et je sors plus fort de l'épreuve. C'est très positif.En plus, vous êtes tombé sur un entraîneur spécial.Je sais mais j'ai aussi compris ce qu'il attendait de ma position.En-dehors du terrain, l'entraîneur ne s'occupe pas des joueurs alors que vous étiez habitué à la chaleur des Slovènes. Il estime qu'un club n'est pas une école maternelle.Je n'étais pas habitué à un tel professionnalisme.Vous avez cru que l'entraîneur vous détestait mais il vous préfère à un Alin Stoica en forme. Votre sentiment?J'ai refermé ce chapitre. J'étais très nerveux quand je ne jouais pas mais penser en termes négatifs ne fait que vous enfoncer. Mon père a toujours dit: - Quand tu es fâché, laisse passer une nuit. Si tu te réveilles avec le même sentiment, prends une décision. Sinon, n'y pense plus. Je me suis toujours levé du bon pied. J'ai parfois regretté ce que j'avais dit ou fait alors que d'autres fois, j'ai été heureux de m'être abstenu. Mais je me suis toujours rendu à l'entraînement avec le sourire. Comment voyez-vous votre avenir?Je vis match par match, voire entraînement par entraînement. A quoi sert-il de se tracasser de ce qui arrivera ou non demain? Je me concentre sur le moment présent. Votre position est la mieux doublée de l'équipe: Ceh, Stoica, Serebrennikov, Smolders, et même Sandy Martens peuvent évoluer au milieu offensif...Il y a beaucoup de bons joueurs chez nous, au moins trois par place. La concurrence est énorme mais positive.Bruges doit-il se demander pourquoi il a acheté Stoica...(Il rit). C'est son problème! Alin est un ami mais je me battrai pour conserver ma place. La bonne nouvelle, c'est que l'entraîneur a affirmé avoir besoin d'un avant, d'un gardien et d'un défenseur mais pas d'un médian.Voilà qui me réjouit (il rit). Jour par jourTrond Sollied est un excellent entraîneur. Je n'ai cessé de le dire, même dans les pires moments. En un an et demi, j'ai énormément progressé, parce qu'il m'a placé dans une situation qui m'obligeait à mûrir, mentalement et physiquement. Ce qu'il m'a appris, c'est que j'avais une chance de jouer si j'acceptais ce qu'il requérait à mon poste.Vous avez déclaré rêver de jouer un jour en Espagne.Tant mieux si ça arrive, mais je ne cultive plus de rêve.Votre frère cadet évolue-t-il toujours en Division Deux slovène?Oui mais ce sera probablement sa dernière saison à ce niveau. A 22 ans, il est prêt pour l'élite. Son équipe a raté la promotion d'un point, à deux reprises. L'année dernière, il aurait pu rejoindre Maribor mais il a préféré disputer une saison de plus en D2 pour progresser, surtout en puissance. J'espère qu'il aura un jour l'opportunité de jouer à l'étranger.Joue-t-il dans le même registre que vous?Il évolue à la même position mais est également susceptible de reculer au médian défensif. On le dit plus agressif que moi.Que doit-il absolument savoir?D'abord défendre. Christian Vandenabeele"Stoica est un ami"