Cette année 2004 sera-t-elle, pour Christophe Beghin, celle du grand départ vers l'étranger ? " Il est encore trop tôt pour le dire ", affirme-t-il. " Il me reste une année de contrat à Ostende. Mais je me sens prêt à tenter l'aventure... si une proposition intéressante me parvient. J'avais déjà eu quelques contacts l'an passé. Avec de grosses équipes. Valence, par exemple, qui joue la tête en Espagne. Le Maccabi Tel-Aviv, aussi. Il faut, certes, avoir le courage d'aller vivre en Israël dans les conditions actuelles, mais c'est un club mythique. Les contacts étaient allés assez loin. Je ne considère pas que le championnat de Belgique est devenu trop petit pour moi. Mais, si je ne saisis pas la chance éventuelle, je risquerais de le regretter toute ma vie. Quitte à échouer, je veux au moins essayer. L'an passé, je ne me sentais pas encore suffisamment mûr. Aujourd'hui, bien. J'ai fêté mes 24 ans le 2 janvier. J'en ai déjà discuté avec mon épouse, elle serait d'accord de me suivre à l'étranger. Le dédommagement à payer pour le rachat de mon contrat est fixé. Il n'est pas énorme, je ne pense pas que cela puisse constituer un obstacle. Combien ? Disons que le montant est plus élevé pour un club belge, car la direction ostendaise considère qu'un tel transfert renforcerait la concurrence ".

Est-ce la raison pour laquelle Christophe Beghin n'a pas émigré vers Charleroi l'été dernier ? " L'une des raisons, probablement. J'avais, effectivement, rencontré EricSomme. Mais, à l'époque, il me restait encore deux années de contrat avec Ostende ".

Terminer en beauté

" L'Espagne ou l'Italie, oui mais je ne me vois pas, non plus, quitter le top du championnat de Belgique pour jouer la 10e ou 11e place à l'étranger. Attendons. D'abord, je veux terminer cette saison-ci en beauté. En essayant de remporter le championnat et la coupe ".

Réussir le doublé ? Et Charleroi, donc ? " Les Spirous demeurent un adversaire de taille, c'est sûr, mais je les crois moins inabordables que la saison dernière. Leurs victoires n'ont pas toutes été convaincantes. Et Ostende, après un départ laborieux qui nous avait vu subir quatre défaites lors des huit premiers matches, se trouve dans une spirale ascendante ".

Les raisons de cette montée en puissance du club côtier ? " Elles sont multiples. D'abord, en début de saison, nous avons accueilli quatre ou cinq nouveaux joueurs. Charleroi aussi, vous me direz. Mais à Ostende, ce sont des joueurs majeurs qui sont partis : RalphBiggs et les pivots. Alors que les Spirous ont conservé leur ossature : RoelMoors, MarcusFaison, AndréRiddick et RonEllis. Nous avons mis un peu plus de temps pour intégrer les nouveaux. Au point que certains ont parlé de saison de transition mais un club comme le nôtre ne peut se permettre une saison de transition, surtout après deux saisons mitigées d'affilée. Progressivement, les rouages se sont huilés. Il y a aussi eu les engagements de l'ailier américain QuintonRoss et du nouveau distributeur JasonGardner, qui a remplacé MarkDickel. Nous avons enchaîné une série de résultats très positifs ".

Peur de l'avion

En Coupe FIBA aussi, la tendance s'est inversée. En début de compétition, les Côtiers avaient pris la curieuse habitude de gagner tous leurs matches en déplacement mais de perdre toutes leurs rencontres à domicile. " On peut trouver plusieurs explications à ce phénomène. D'abord, lors du premier tour, nous avons accueilli la plupart des gros bras à l'Arena Mister V. L'équipe russe de Kazan est vraiment très costaude, elle a de grandes chances de remporter l'épreuve. Le PAOK Salonique aussi, c'était du solide. Entre-temps, la formation grecque a été exclue de la compétition pour avoir refusé d'aller jouer en Turquie juste après les attentats d'Istanbul. Dans d'autres matches, nous avons très mal géré le moneytime. Contre Le Havre, nous avons mené de 20 points avant d'échouer sur le fil. Nous leur avons rendu la monnaie de leur pièce en Normandie ".

La qualification demeure possible. " La Coupe FIBA nous a aussi permis de souder le groupe. Les déplacements ne sont vraiment pas faciles. Le plus pénible, ce fut assurément Mariupol, en Ukraine. Deux avions, puis encore cinq heures de bus sur des routes d'un autre âge avant d'arriver sur les lieux... Départ de Belgique à l'aube, arrivée sur place à minuit... Et encore gagner de deux points le lendemain ! Un exploit... Bientôt, c'est Kazan qui nous attendra. Six heures de vol, paraît-il. J'en frémis à l'avance. J'ai une trouille bleue de l'avion. MatthiasDesaever aussi ".

Une qualification alourdirait encore un programme déjà fort chargé. " La formule actuelle de championnat, avec un double aller-retour, a le mérite d'être claire. Mais, à partir de février, il faudra pratiquement jouer deux matches par semaine en Belgique. Je me demande si les responsables du calendrier ont tenu compte d'une possible qualification européenne des clubs belges. Ce qui vaut pour Ostende vaut aussi pour Charleroi, Pepinster et Mons, d'ailleurs. Pour ceux qui joueront sur les trois tableaux û championnat, Coupe de Belgique et Coupe d'Europe û ce sera pire qu'en NBA ".

Collectif comme jamais

Avec dix équipes en D1, les meilleures risquent de se rencontrer û coupe et playoffs compris û huit ou neuf fois sur la saison. " Cela peut paraître répétitif, mais l'avantage, c'est qu'à la longue, les systèmes de jeu adverses n'auront plus de secrets pour personne. La victoire se jouera sur le mental ".

Christophe Beghin se veut optimiste. " Le groupe est jeune. Plus il jouera de matches, plus il acquerra de l'expérience. Pour l'instant, beaucoup sont encore dans une phase d'apprentissage. Rester compétitif au plus haut niveau tout en intégrant des jeunes, c'est une équation difficile à résoudre. Le coach essaye d'organiser des matches amicaux à l'intention des Espoirs, lorsque c'est possible. Le Liégeois JulienRahier et le Spadois LaurentLhôte commencent à pointer le bout du nez. JefVanderJonckheyd a été fort perturbé : son père est décédé pendant la période de Noël des suites d'une longue maladie ".

Christophe Beghin avoue lui-même que, travailler avec EddyCasteels, ce n'est pas facile. " Il est très exigeant. A l'entraînement, il n'admet pas qu'on puisse mettre un pied de travers. Il faut aller dans la même direction que lui, sinon cela se passe mal. Au départ, il y avait eu quelques petits problèmes avec Mark Dickel. Un bon joueur, mais assez incontrôlable. Il avait trop tendance à jouer la phase n°2 alors qu'au temps mort, Eddy Casteels venait de demander la phase n°1. C'est le genre d'attitude qui ne plaît pas à notre coach. Aujourd'hui, avec l'arrivée de Jason Gardner û qui est spécialement resté en Belgique pendant la trêve pour se familiariser avec les systèmes de jeu û tout semble rentrer dans l'ordre. On forme de plus en plus un bloc. C'est presque du jamais vu à Ostende. La saison dernière encore, c'était un assemblage d'égocentriques. Du style : - Tun'espascapabledemarquer ?Ehbien, jevaistemontrer ! "

Daniel Devos

Cette année 2004 sera-t-elle, pour Christophe Beghin, celle du grand départ vers l'étranger ? " Il est encore trop tôt pour le dire ", affirme-t-il. " Il me reste une année de contrat à Ostende. Mais je me sens prêt à tenter l'aventure... si une proposition intéressante me parvient. J'avais déjà eu quelques contacts l'an passé. Avec de grosses équipes. Valence, par exemple, qui joue la tête en Espagne. Le Maccabi Tel-Aviv, aussi. Il faut, certes, avoir le courage d'aller vivre en Israël dans les conditions actuelles, mais c'est un club mythique. Les contacts étaient allés assez loin. Je ne considère pas que le championnat de Belgique est devenu trop petit pour moi. Mais, si je ne saisis pas la chance éventuelle, je risquerais de le regretter toute ma vie. Quitte à échouer, je veux au moins essayer. L'an passé, je ne me sentais pas encore suffisamment mûr. Aujourd'hui, bien. J'ai fêté mes 24 ans le 2 janvier. J'en ai déjà discuté avec mon épouse, elle serait d'accord de me suivre à l'étranger. Le dédommagement à payer pour le rachat de mon contrat est fixé. Il n'est pas énorme, je ne pense pas que cela puisse constituer un obstacle. Combien ? Disons que le montant est plus élevé pour un club belge, car la direction ostendaise considère qu'un tel transfert renforcerait la concurrence ". Est-ce la raison pour laquelle Christophe Beghin n'a pas émigré vers Charleroi l'été dernier ? " L'une des raisons, probablement. J'avais, effectivement, rencontré EricSomme. Mais, à l'époque, il me restait encore deux années de contrat avec Ostende ". " L'Espagne ou l'Italie, oui mais je ne me vois pas, non plus, quitter le top du championnat de Belgique pour jouer la 10e ou 11e place à l'étranger. Attendons. D'abord, je veux terminer cette saison-ci en beauté. En essayant de remporter le championnat et la coupe ". Réussir le doublé ? Et Charleroi, donc ? " Les Spirous demeurent un adversaire de taille, c'est sûr, mais je les crois moins inabordables que la saison dernière. Leurs victoires n'ont pas toutes été convaincantes. Et Ostende, après un départ laborieux qui nous avait vu subir quatre défaites lors des huit premiers matches, se trouve dans une spirale ascendante ". Les raisons de cette montée en puissance du club côtier ? " Elles sont multiples. D'abord, en début de saison, nous avons accueilli quatre ou cinq nouveaux joueurs. Charleroi aussi, vous me direz. Mais à Ostende, ce sont des joueurs majeurs qui sont partis : RalphBiggs et les pivots. Alors que les Spirous ont conservé leur ossature : RoelMoors, MarcusFaison, AndréRiddick et RonEllis. Nous avons mis un peu plus de temps pour intégrer les nouveaux. Au point que certains ont parlé de saison de transition mais un club comme le nôtre ne peut se permettre une saison de transition, surtout après deux saisons mitigées d'affilée. Progressivement, les rouages se sont huilés. Il y a aussi eu les engagements de l'ailier américain QuintonRoss et du nouveau distributeur JasonGardner, qui a remplacé MarkDickel. Nous avons enchaîné une série de résultats très positifs ". En Coupe FIBA aussi, la tendance s'est inversée. En début de compétition, les Côtiers avaient pris la curieuse habitude de gagner tous leurs matches en déplacement mais de perdre toutes leurs rencontres à domicile. " On peut trouver plusieurs explications à ce phénomène. D'abord, lors du premier tour, nous avons accueilli la plupart des gros bras à l'Arena Mister V. L'équipe russe de Kazan est vraiment très costaude, elle a de grandes chances de remporter l'épreuve. Le PAOK Salonique aussi, c'était du solide. Entre-temps, la formation grecque a été exclue de la compétition pour avoir refusé d'aller jouer en Turquie juste après les attentats d'Istanbul. Dans d'autres matches, nous avons très mal géré le moneytime. Contre Le Havre, nous avons mené de 20 points avant d'échouer sur le fil. Nous leur avons rendu la monnaie de leur pièce en Normandie ". La qualification demeure possible. " La Coupe FIBA nous a aussi permis de souder le groupe. Les déplacements ne sont vraiment pas faciles. Le plus pénible, ce fut assurément Mariupol, en Ukraine. Deux avions, puis encore cinq heures de bus sur des routes d'un autre âge avant d'arriver sur les lieux... Départ de Belgique à l'aube, arrivée sur place à minuit... Et encore gagner de deux points le lendemain ! Un exploit... Bientôt, c'est Kazan qui nous attendra. Six heures de vol, paraît-il. J'en frémis à l'avance. J'ai une trouille bleue de l'avion. MatthiasDesaever aussi ". Une qualification alourdirait encore un programme déjà fort chargé. " La formule actuelle de championnat, avec un double aller-retour, a le mérite d'être claire. Mais, à partir de février, il faudra pratiquement jouer deux matches par semaine en Belgique. Je me demande si les responsables du calendrier ont tenu compte d'une possible qualification européenne des clubs belges. Ce qui vaut pour Ostende vaut aussi pour Charleroi, Pepinster et Mons, d'ailleurs. Pour ceux qui joueront sur les trois tableaux û championnat, Coupe de Belgique et Coupe d'Europe û ce sera pire qu'en NBA ". Avec dix équipes en D1, les meilleures risquent de se rencontrer û coupe et playoffs compris û huit ou neuf fois sur la saison. " Cela peut paraître répétitif, mais l'avantage, c'est qu'à la longue, les systèmes de jeu adverses n'auront plus de secrets pour personne. La victoire se jouera sur le mental ". Christophe Beghin se veut optimiste. " Le groupe est jeune. Plus il jouera de matches, plus il acquerra de l'expérience. Pour l'instant, beaucoup sont encore dans une phase d'apprentissage. Rester compétitif au plus haut niveau tout en intégrant des jeunes, c'est une équation difficile à résoudre. Le coach essaye d'organiser des matches amicaux à l'intention des Espoirs, lorsque c'est possible. Le Liégeois JulienRahier et le Spadois LaurentLhôte commencent à pointer le bout du nez. JefVanderJonckheyd a été fort perturbé : son père est décédé pendant la période de Noël des suites d'une longue maladie ". Christophe Beghin avoue lui-même que, travailler avec EddyCasteels, ce n'est pas facile. " Il est très exigeant. A l'entraînement, il n'admet pas qu'on puisse mettre un pied de travers. Il faut aller dans la même direction que lui, sinon cela se passe mal. Au départ, il y avait eu quelques petits problèmes avec Mark Dickel. Un bon joueur, mais assez incontrôlable. Il avait trop tendance à jouer la phase n°2 alors qu'au temps mort, Eddy Casteels venait de demander la phase n°1. C'est le genre d'attitude qui ne plaît pas à notre coach. Aujourd'hui, avec l'arrivée de Jason Gardner û qui est spécialement resté en Belgique pendant la trêve pour se familiariser avec les systèmes de jeu û tout semble rentrer dans l'ordre. On forme de plus en plus un bloc. C'est presque du jamais vu à Ostende. La saison dernière encore, c'était un assemblage d'égocentriques. Du style : - Tun'espascapabledemarquer ?Ehbien, jevaistemontrer ! " Daniel Devos