Des débuts fracassants : Olof Guterstam (25 ans) a vite fait parler la poudre avec le Brussels. En marquant trois buts lors de ses cinq premiers matches (avec des goals qui ont rapporté des points à Saint-Trond et contre Lokeren), il a rendu un soupçon d'espoir à cette équipe. Il se présente.
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Des débuts fracassants : Olof Guterstam (25 ans) a vite fait parler la poudre avec le Brussels. En marquant trois buts lors de ses cinq premiers matches (avec des goals qui ont rapporté des points à Saint-Trond et contre Lokeren), il a rendu un soupçon d'espoir à cette équipe. Il se présente. Olof Guterstam : Et pourtant, Brommapojkarna est le plus grand club d'Europe... en termes d'équipes de jeunes. Il en a près de 250, il peut y en avoir plus de 25 pour la même catégorie d'âge. Près de 3.000 joueurs licenciés. Et environ 600 bénévoles. D'accord, ce n'est pas un club de haut niveau international, mais il est fort réputé en Suède pour la qualité de sa formation. Il possède une bonne vingtaine de pelouses à divers endroits de Stockholm. C'est le club idéal pour les gens de cette ville qui veulent inscrire leur gamin au foot : il est près de plusieurs écoles dans la partie ouest de la capitale, on sait que tout y est très bien organisé, on paie une croûte de pain pour recevoir un équipement complet et travailler avec de très bons formateurs. Anders Limpar a été formé là-bas avant de devenir international et de jouer notamment à Arsenal et à Everton. Et l'entraîneur Tommy Söderberg y a travaillé avant de devenir un héros national à la tête de l'équipe suédoise. Brommapojkarna est aussi réputé au pays pour son équipe d'innebandy, une sorte de hockey indoor qui se joue non pas avec un palet, mais avec une petite balle. Il y a un championnat professionnel en Suède depuis une dizaine d'années. J'habitais dans la partie sud de Stockholm et je me suis inscrit dans une équipe du coin, Enskede, qui a aussi une excellente réputation en matière de formation. A Stockholm, il y a trois grosses cylindrées historiques : l'AIK Solna, Hammarby et Djurgårdens où j'ai passé un an chez les jeunes. Ils raflent tout : les spectateurs mais aussi le sponsoring. Le budget de Brommapojkarna est dix fois moins important que celui des trois grands et il n'est donc jamais parvenu à sortir de leur ombre. J'y suis resté six ans, dont cinq en D2. L'année dernière, nous avons enfin rejoint la D1, pour la première fois de l'histoire du club. Mais nous avons directement fait la culbute. Je jouais devant des assistances fort confidentielles : entre 3.000 et 4.000 personnes, sauf lors des derbies. C'est bien d'avoir peu de supporters quand on joue mal, parce qu'on ne nous ennuie pas en rue. (Il rigole). Même les médias nous fichaient la paix. Et je dois dire que cela ne me dérangeait pas car je n'ai jamais joué pour être dans les journaux. Oui. But we were quite close to make it ! Nous avons terminé avec le même nombre de points que la dernière équipe sauvée, mais avec une moins bonne différence de buts. Le premier et le dernier match du championnat. Les deux fois contre Djurgårdens, avec deux victoires. Lors de la première journée, j'étais très ému, pour différentes raisons : j'avais joué à Djurgårdens, c'était la meilleure équipe du pays et c'étaient les grands débuts de Brommapojkarna à ce niveau. Et lors de la dernière journée, ils pouvaient être champions s'ils gagnaient chez nous. J'ai marqué le seul but du match et Djurgårdens n'a terminé que troisième. Je sais. Surtout qu'on attendait beaucoup de moi, vu que je venais de terminer meilleur buteur de D2 avec 17 buts. Mais autant nous avions été dominants lors de la saison du titre en D2, autant nous avons été constamment enfoncés en D1. Les occasions étaient très, très rares. (Il rigole). C'est difficile à expliquer, c'est un des mystères du football. Quand la logique veut que tu sois à ton pic de forme, tu n'es parfois nulle part. Et quand ce serait normal que tu sois à la recherche de tes sensations, tu fais des matches de fou. Je pensais qu'il me faudrait quelques semaines pour être à 100 %. Mais je ne me suis quand même pas tourné les pouces en novembre et décembre. J'étais bien décidé à trouver un club à l'étranger pendant le mercato et j'ai beaucoup bossé avec des joueurs qui voulaient aussi s'expatrier. Physiquement, j'étais déjà assez bien quand je suis arrivé en Belgique. Je vois peu de différence de niveau entre la Belgique et la Suède. Les meilleures équipes belges sont meilleures que le top suédois - ça se remarque en Coupe d'Europe - mais si on compare les clubs de milieu et de bas de classement, ça se vaut. Non, c'est même assez nouveau pour moi. Jusqu'il y a quatre ou cinq ans, j'étais médian. Un jour, mon entraîneur a changé de système, il est passé du 4-4-2 au 4-3-3 et il m'a essayé comme ailier. Ce fut concluant et je me suis vite retrouvé en pointe. And now, I feel at home there. Avec mon 1m88, mon bon jeu de tête et ma faculté à conserver le ballon, je pense que je peux faire une belle carrière comme attaquant. Je ne suis pas surpris. Pour tout dire, c'est quand le coach m'a fait appel que j'ai été complètement étonné. C'était en janvier 2007, donc entre le titre en D2 et mes débuts en première division. Quand la sélection a été annoncée, je ne savais même pas qu'il y avait des matches internationaux au programme. C'était un tournoi en Amérique du Sud et l'entraîneur a décidé d'y faire quelques tests. Cela lui permettait de laisser souffler les internationaux engagés dans de grands championnats. J'ai joué deux matches : contre l'Equateur et le Venezuela. De chouettes expériences mais je ne me faisais pas d'illusions et je ne m'en fais toujours pas aujourd'hui. Mon dieu, non ! Vous ne voyez pas les grands noms qu'il y a devant moi ? Zlatan Ibrahimovic est à l'Inter Milan, Johan Elmander joue à Toulouse, il y a Markus Rosenberg à Schalke, Marcus Allbäck au FC Copenhague, et Henrik Larsson (Helsingborgs) qu'on peut toujours rappeler en cas de besoin. Je devrai encore marquer beaucoup de buts avec le Brussels pour prendre leur place. (Il se marre). Tout à fait. J'y ai passé dix jours au mois de janvier. Puis on m'a dit que le test était négatif, sans me donner d'autres explications. Sur le moment, j'ai été très déçu car l'Angleterre a toujours été un championnat qui fait flipper les footballeurs suédois. Oui, j'ai déjà réussi quatre années. Encore un an et demi de cours et je suis médecin. Je comprends que ça surprenne mais la combinaison ne m'a même pas semblé difficile. Je jouais en D2 et nous ne nous entraînions que le soir. Aucun joueur de Brommapojkarna n'était professionnel, nous avions tous un boulot ou nous étions aux études. Le fonctionnement du corps humain m'a toujours passionné, sans doute parce que mon père est médecin. J'aime tellement le football et la médecine qu'à la limite, j'avais l'impression de pratiquer deux hobbies. J'ai essayé de continuer l'université quand nous nous sommes retrouvés en D1, mais c'était impossible car j'étais alors un vrai pro du foot. Mais non, je me suis bien blindé avant de trancher. A l'université, on m'a garanti que je pourrais reprendre les cours quand je le souhaiterais. Je n'ai pas mis ces quatre années à la poubelle, je fais simplement un break et je retournerai à l'université parce que je veux vraiment devenir médecin. Comme ma petite amie, que j'ai rencontrée là-bas en première année et qui va être diplômée dans deux mois. Right now, I'm sure. But I don't know when... Je ne pense de toute façon pas que je resterai pro pendant dix ans. Quatre ou cinq saisons, ce serait déjà très bien. Je suis en tout cas très bien dans ma tête. Je ne ressens pas une pression énorme, une obligation invivable de réussir car je sais que j'ai une bouée de sauvetage que je peux rattraper à tout moment si ça ne marche pas sur les terrains. Si le football me fatigue, ou simplement si je ne suis pas assez bon, je repasse à autre chose sans regrets. par pierre danvoye - photo: reporters