On ne choisit pas sa famille. La preuve : mon neveu supporte le PSG. Ce dimanche, il fête ses neuf ans et entre le plat et le gâteau, il ouvre ses cadeaux, parmi lesquels on trouve, évidemment, un maillot d'entraînement de son club préféré. Biberonné à coups de buts de Zlatan Ibrahimovic, puis d'accélérations de Kylian Mbappé, il prend place à mes côtés dans le large canapé familial avec, bien entendu, son cadeau sur les épaules. Il est 13h25 et puisque comme le foot, le vélo se transmet de génération en génération, il sait que c'est l'heure du Tour de France, que Thibaut Pinot est tombé la veille et que Julian Alaphilippe pourrait bien gagner aujourd'hui. Possible, en revanche, qu'à ce moment précis, il se soit demandé ce que je faisais avec mon ordinateur. Quelques clics plus tard, il voit apparaître un terrain de foot sans trop comprendre, pui...

On ne choisit pas sa famille. La preuve : mon neveu supporte le PSG. Ce dimanche, il fête ses neuf ans et entre le plat et le gâteau, il ouvre ses cadeaux, parmi lesquels on trouve, évidemment, un maillot d'entraînement de son club préféré. Biberonné à coups de buts de Zlatan Ibrahimovic, puis d'accélérations de Kylian Mbappé, il prend place à mes côtés dans le large canapé familial avec, bien entendu, son cadeau sur les épaules. Il est 13h25 et puisque comme le foot, le vélo se transmet de génération en génération, il sait que c'est l'heure du Tour de France, que Thibaut Pinot est tombé la veille et que Julian Alaphilippe pourrait bien gagner aujourd'hui. Possible, en revanche, qu'à ce moment précis, il se soit demandé ce que je faisais avec mon ordinateur. Quelques clics plus tard, il voit apparaître un terrain de foot sans trop comprendre, puisque Reims-Lille a déjà commencé depuis une demi-heure. Il est maintenant 13h30 et monsieur Van Driessche siffle le coup d'envoi de " GNK CLU ". Fort de sa mémoire de jeune mordu de foot, mon neveu devine que l'équipe qui a fait trembler son PSG en Ligue des Champions est sur la pelouse et dégaine un " c'est Bruges ! ". Je souris, puis l'informe que les hommes en bleu sont ceux du Racing Genk et que c'est un bon match qui devrait se dérouler sous nos yeux. Il va déguster sa première rencontre de Jupiler Pro League et ce dimanche plus que jamais, je me rends compte que, malgré mes vingt ans de plus, je pose le même regard que lui sur cet écran : celui d'un enfant. C'est précisément ce regard naïf qui vous permet d'appréhender un nouveau championnat. Un regard vide de jugement, mais rempli de passion. Et dans un monde du foot où l'on déplore souvent la disparition de la sacro-sainte " culture club ", il faut bien admettre que le premier coup de coeur que l'on a à la découverte d'un nouveau football est souvent une affaire d'individualité. Une histoire de feeling qui ne s'explique pas et qui n'abonde pas toujours dans le sens de la raison. Souvent, les joueurs dont on s'amourache à première vue ne sont pas les meilleurs. Peu importe, pourvu qu'ils fassent naître l'intérêt. C'est à peu près ce que j'ai ressenti lors du premier match auquel j'ai assisté cette saison. C'était un Genk-OHL et l'échauffement m'a suffi à voir que celui que j'appelais dans mes pensées " le petit 10 des blancs " pratiquait le football que j'aime. C'est comme ça. On a des atomes crochus ou non avec un joueur et les nonante minutes qui ont suivi m'ont convaincu que Xavier Mercier - je connaissais désormais son nom - parlait la même langue que moi, quelque part entre vista, personnalité et qualité technique. Ce samedi, tout heureux de voir le premier joueur que j'ai apprécié en Jupiler Pro League planter un doublé et ramener la victoire aux siens, j'ai compris que je commençais à être adopté par mon nouveau championnat. Certes, un journaliste se doit d'être impartial, mais sans passion, ce métier ne rime à rien. Alors j'étais heureux de ressentir ce petit quelque chose. L'avantage quand on est observateur du ballon rond, c'est qu'on a le droit d'être coeur d'artichaut. La semaine passée, pour mon baptême du feu à Sclessin, avec toujours Genk en toile de fond, j'ai eu droit, en bord terrain, d'assister à la prestation de Nicolas Raskin. Il n'a pas fallu dix minutes pour que je sois convaincu. Encore une fois, c'est une question d'instantanéité et de ressenti, un monde très loin de celui régi par les " il doit encore confirmer " ou " ce n'est qu'un bout de match ". Petit plaisir donc, ce dimanche, d'alterner entre attaque de Benoît Cosnefroy et passes décisives de Nicolas Raskin, le tout sur fond de maillot rouge et blanc. Mais le vrai plaisir de la journée était ailleurs. Car si l'histoire ne dit pas qui de la crête blonde ou du talent a fait que mon petit neveu s'est rapidement épris du jeune Youssouph Badji, il a été tout heureux de voir le Sénégalais offrir la victoire au Club Bruges. L'occasion pour moi de lui glisser que de nombreux talents évoluaient dans le championnat sur lequel je travaillais. Et de vérifier qu'en effet, j'avais bel et bien un regard d'enfant.