Un premier rendez-vous amoureux. Le premier contrôle d'un nouveau coéquipier à qui on vient d'envoyer une passe bien appuyée. La dégaine d'une équipe qu'on n'a jamais affrontée en ABBSA. Le style d'une nouvelle camarade de classe ou d'un nouveau collègue. On sait rarement quoi faire de sa première impression. On se sent parfois impoli, parfois jugeant, à l'idée d'être traversé par une pensée, qu'elle soit positive ou négative, lors d'une première fois. Alors souvent, comme un gamin à qui on demande de ranger sa chambre, on la laisse sous le tapis, plus par timidité que par flemme de l'expliquer. Il n'y a pourtant aucune honte à avoir un avis rapide, pourvu qu'on soit capable de le tempérer si besoin. Parfois même, le premier avis s'avère être le bon. Comme le jour où vous êtes dits que ce petit Remco E...

Un premier rendez-vous amoureux. Le premier contrôle d'un nouveau coéquipier à qui on vient d'envoyer une passe bien appuyée. La dégaine d'une équipe qu'on n'a jamais affrontée en ABBSA. Le style d'une nouvelle camarade de classe ou d'un nouveau collègue. On sait rarement quoi faire de sa première impression. On se sent parfois impoli, parfois jugeant, à l'idée d'être traversé par une pensée, qu'elle soit positive ou négative, lors d'une première fois. Alors souvent, comme un gamin à qui on demande de ranger sa chambre, on la laisse sous le tapis, plus par timidité que par flemme de l'expliquer. Il n'y a pourtant aucune honte à avoir un avis rapide, pourvu qu'on soit capable de le tempérer si besoin. Parfois même, le premier avis s'avère être le bon. Comme le jour où vous êtes dits que ce petit Remco Evenepoel n'avait pas l'air mauvais sur un vélo. Ce week-end, j'ai vécu ma première journée de Jupiler Pro League différemment de ce que j'avais envisagé. Presque contrarié par ce qui a été proposé par la Ligue des Champions, entre matches " amipros " et arbitrage à revoir, je me suis rappelé avoir espéré être plus bluffé par les Zèbres de Charleroi que par ceux de la Juventus. Ce fut le cas et sans rien enlever aux hommes de Karim Belhocine, il était plutôt aisé d'être plus rafraîchissant que la Vieille Dame cette semaine. Mais pourquoi Charleroi ? Tout simplement parce que certains sont meilleurs au moment de faire une bonne première impression. Rien de plus normal que de chercher des repères lors d'une première rencontre. Un copain de l'année dernière dans une salle de classe, par exemple. Le sinistre huis clos a au moins eu cela de positif qu'il est venu m'apporter un souvenir auditif aux airs de Madeleine de Proust. Cet air connu était un cri et était poussé par Nicolas Penneteau. Il faut savoir qu'un gamin ayant grandi en France dans l'amour de son championnat national a été bercé à ce son, de Bastia à Valenciennes, pendant de longues années. Rien de plus logique donc, que de retomber en enfance au moment où le silence créé par l'absence de supporter laissait place aux hurlements destinés à Marco Ilaimaharitra et à Guillaume Gillet, chargés de calmer les ardeurs brugeoises en muselant Vormer et Vanaken. Chez Nicolas Penneteau sommeille quelque chose du foot que j'aime. Le foot qu'on aime a de la voix, mais il a aussi des idées. Celles de Karim Belhocine donnent des ailes, au sens premier du terme, à son équipe. Ce samedi, on a vu un Kayembe que personne n'avait vu à Nantes et ce n'était pas uniquement dû à son anniversaire. Repositionné au poste de back gauche, Joris avait du pain sur la planche : gérer l'ouragan Dennis et apporter le surnombre en reconversion. Si l'on omet quelques duels en début de match, la mission a été accomplie avec brio et donne envie d'en voir plus, et pourquoi pas dans un système à trois derrière avec deux pistons sur les côtés, où sa caisse et sa capacité à amener le danger pourrait faire encore plus mal. Un bon back est essentiel dans le football d'aujourd'hui. Mais quand les deux sont bons, le casse-tête devient vite total pour les adversaires. De Maxime Busi, je ne savais pas quoi attendre. On m'en avait suffisamment dit pour que je ne croie personne, alors je croirais mes yeux. Ce samedi, il m'a donné envie d'en voir plus. Plus de football, avec un Morioka globalement en difficulté jusqu'à son but, mais pas franchement au poste où il a brillé la saison passée. Plus d' Ali Gholizadeh parce que c'est quand même cool, un joueur qui n'est jamais emmerdé par le ballon. Plus de Kaveh Rezaei, parce que ce nouveau prêt a une vraie tête de bingo. Plus de Karim Belhocine, parce qu'on peut être un homme de peu de mots, mais de beaucoup de foot. Et que quand on vient de France, on sait que ce coach-là sort d'un endroit de l'Hexagone où on sait ce qu'est le ballon, et où on sait quoi en faire. Avec plus de sérénité et d'aplomb que quand on balance une première impression. Même quand celle-ci est excellente.