Au terme du Championnat de Zurich (2 octobre), Danilo Di Luca (29 ans) est devenu le premier vainqueur du Pro Tour, la compétition annuelle qui a remplacé la Coupe du Monde. Au départ de l'épreuve, il possédait 38 points d'avance sur Tom Boonen, qui avait mis un terme à sa saison, mais le coureur de la formation Liquigas-Bianchi n'a pas joué les calculateurs et terminé la classique suisse à la quatrième place. Bien que les points mis en jeu à Paris-Tours et au Tour de Lombardie ne revêtaient plus aucune importance, Di Luca avait annoncé qu'il disputerait la classique française et la Course des Feuilles mortes.
...

Au terme du Championnat de Zurich (2 octobre), Danilo Di Luca (29 ans) est devenu le premier vainqueur du Pro Tour, la compétition annuelle qui a remplacé la Coupe du Monde. Au départ de l'épreuve, il possédait 38 points d'avance sur Tom Boonen, qui avait mis un terme à sa saison, mais le coureur de la formation Liquigas-Bianchi n'a pas joué les calculateurs et terminé la classique suisse à la quatrième place. Bien que les points mis en jeu à Paris-Tours et au Tour de Lombardie ne revêtaient plus aucune importance, Di Luca avait annoncé qu'il disputerait la classique française et la Course des Feuilles mortes. Di Luca ne pouvait renoncer au Lombardia, qu'il avait déjà remporté en 2001 et qui le fascine. Paris-Tours était certainement moins adapté à ses moyens mais le coureur des Abruzzes estimait que le vainqueur du Pro Tour n'avait pas le droit de faire l'impasse sur une course aussi prestigieuse. Une douleur à un tendon du genou l'a toutefois contraint à l'abandon après 200 km. Di Luca a fait preuve d'une grande régularité pendant toute la saison. Il a remporté le Tour du Pays Basque, l'Amstel Gold Race et la Flèche Wallonne ; il a été un des protagonistes du Giro, qu'il terminait à la quatrième place après avoir remporté deux étapes et porté le maillot rose pendant cinq jours. En octobre, il se retrouvait toujours parmi les meilleurs. Il a manifestement été le concurrent qui a le mieux interprété l'esprit du Pro Tour et il n'hésite pas à répliquer à ceux qui soutiennent que les règles du challenge devraient être modifiées : " Quand on jette un coup d'£il sur la tête de ce classement, on ne voit que des champions : Boonen, JanUllrich, LanceArmstrong. D'accord, les grands tours n'ont pas eu de grande incidence sur le classement mais, d'abord, il y a eu trois vainqueurs différents et surtout ils n'ont pas fait preuve de beaucoup de régularité. La seule exception a été Boonen. Le Belge a remporté le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et le Mondial mais il a été absent dans les grands tours ". Cette saison, Di Luca n'a pas connu de moments vraiment difficiles. Il ne pouvait donc qu'être heureux surtout après deux saisons où il n'avait pas obtenu les résultats qu'il escomptait. L'année 2004 lui laissera d'ailleurs un goût amer. Alors qu'il se préparait à prendre le départ du Tour de France à Liège, il s'est vu éjecté par la direction de la course. Motif, son nom était cité dans une affaire de trafic de produits dopants. Di Luca payait cher son amitié avec CarloSantuccione, son médecin de famille depuis son enfance, qui avait été mis en garde à vue. Manifestement, la direction du Tour avait décidé de poser un geste fort car, dans ce dossier, des dizaines de coureurs se trouvaient dans la même situation que l'Italien. Et ce n'était pas tout : Di Luca était écarté de l'équipe d'Italie en vue des Jeux d'Athènes. Comme il était le coureur le plus en forme du moment, sa non-sélection fit l'effet d'une véritable bombe dans la Péninsule. Officiellement, Franco Ballerini ne l'a pas retenu pour des raisons techniques mais des indiscrétions ont vite révélé que le sélectionneur (chose qu'il a toujours niée) s'était vu intimer l'ordre de ne pas retenir les coureurs dont les noms avaient été cités dans l'enquête. Quand on lui a demandé ce qu'il pensait du dernier mondial de Madrid, Di Luca s'est limité à déclarer que " ce fut une bonne occasion gâchée pour l'Italie ". Il a fait semblant de rien et s'est même étonné du fait que le sélectionneur, qui l'avait une nouvelle fois écarté d'office, ait donné sa démission. Il préfère se souvenir de ses succès à l'Amstel Gold Race et à la Flèche Wallonne, qu'il avait forgés dans le Cauberg et le Mur de Huy ; des montées pas trop longues mais qui constituent des filtres sans pitié pour les pelotons encore compacts si près de l'arrivée. Et c'est précisément dans ces circonstances que Di Luca s'exprime le mieux et qu'il lui revient à l'esprit que sa froideur au moment de frapper lui avait valu chez les jeunes le surnom de The Killer. NICOLAS RIBAUDO