Arsenal et ses stars sont à l'affiche ce mercredi soir à Sclessin. Un exploit rouche en vue pour le tout premier match d'une équipe wallonne en Ligue des Champions ? Il y a un an, le Standard aurait abordé un rendez-vous pareil avec une cote d'enfer. Aujourd'hui, ce n'est pas tout à fait le cas. Parce que le groupe vit au triste rythme des suspensions et blessures de joueurs clés. Parce que des barons de l'équipe courent toujours derrière leur meilleure forme. Parce que - plus généralement - le numéro 1 belge a pris un départ poussif en championnat.
...

Arsenal et ses stars sont à l'affiche ce mercredi soir à Sclessin. Un exploit rouche en vue pour le tout premier match d'une équipe wallonne en Ligue des Champions ? Il y a un an, le Standard aurait abordé un rendez-vous pareil avec une cote d'enfer. Aujourd'hui, ce n'est pas tout à fait le cas. Parce que le groupe vit au triste rythme des suspensions et blessures de joueurs clés. Parce que des barons de l'équipe courent toujours derrière leur meilleure forme. Parce que - plus généralement - le numéro 1 belge a pris un départ poussif en championnat. " Nous voulions enfin gagner sur notre terrain, c'est fait ", lâche Laszlo Bölöni. Les champions avaient été incapables de battre Saint-Trond et Charleroi à Sclessin. Samedi dernier, Malines s'y est incliné. Mais le Standard n'a pas toujours déroulé. En première mi-temps, on a vu pas mal de signes caractéristiques d'une équipe en panne de confiance : des passes qui n'arrivaient pas, des joueurs qui hésitaient à demander le ballon, des mouvements approximatifs, des réactions de mauvaise humeur. Le public a sifflé à la mi-temps : on ne se souvient pas de la dernière fois où c'était arrivé. Révélateur ! S'il fallait coter le Standard des 45 premières minutes, ce serait un 3 ou un 4. Mais la deuxième mi-temps a tout sauvé : des initiatives personnelles, des occasions, des buts. Et une ambiance retrouvée dans les tribunes. Ce n'est pas la première fois que les Rouches bâclent des périodes de matches cette saison. Parce que la Ligue des Champions est présente dans les têtes depuis plusieurs semaines ? " Pour certains, la coupe d'Europe est peut-être une excuse, une explication facile à de moins bons matches en championnat ", dit Bölöni. " S'il y en a qui pensent à la Ligue des Champions quand ils jouent un match belge, ils font une grosse erreur. Je n'arrête pas de leur rappeler qu'ils doivent préparer un devoir à la fois. "Pour le premier match de championnat de l'ère post- Axel Witsel, deux joueurs semblaient en concurrence pour former le duo médian axial avec Steven Defour : Benjamin Nicaise et Eliaquim Mangala. Bölöni a surpris en choisissant Mehdi Carcela. Une réussite totale. Il a prouvé contre Malines que, comme Witsel, il pouvait enchaîner rapidement travail défensif et boulot offensif. Deux fois, il a arraché le ballon dans les pieds d'un adversaire pour ensuite frapper au but et marquer. C'est lui qui a débloqué le match. Le coach a une pensée pour Witsel (" Il va bien, je parle beaucoup avec lui, je ne vais quand même pas le foutre dehors ") et évoque le héros rouche du week-end : " Carcela marque deux beaux buts. C'est bien, il est payé pour ça. Je ne vais quand même pas tomber à genoux parce qu'il a mis deux goals, hein ! Il peut faire une bonne petite carrière s'il garde les pieds sur terre et s'il est bien entouré. J'ai seulement un petit problème : je lui disais souvent que mon pied gauche était meilleur que le sien, mais après son très beau tir du gauche, je dois arrêter. " Sale temps pour les golden boys : après Witsel, c'est Defour qui est privé de foot. Dans un duel qui semblait anodin, après 10 minutes, un crampon du Malinois Koen Persoons a transpercé sa godasse et lui a fracturé le métatarse. Defour sera immobilisé pendant près de six semaines puis il y aura la rééducation. On ne le reverra pas avant décembre. L'heure semble avoir sonné pour Nicaise, qui n'était pas entré dans l'équipe il y a un an après le départ de Marouane Fellaini et n'avait apparemment toujours pas les faveurs de Bölöni pour prendre la place de Witsel. " La blessure de Defour va sans doute m'influencer concernant la participation de Witsel aux matches de Ligue des Champions ", dit le coach. Si le Standard maintient son 4-3-3, on pourrait donc avoir (dans le dos d' Igorde Camargo) un duo Witsel-Carcela en coupe d'Europe et un binôme Nicaise-Carcela en championnat. En début de saison, Bölöni a tendu la perche aux remplaçants potentiels d' OguchiOnyewu dans l'axe de la défense, signalant qu'il avait perdu un leader naturel et que c'était une belle occasion, pour certains jeunes, de bonifier leur sens des responsabilités. Pour le premier match de championnat, Tomislav Mikulic a reçu sa chance aux côtés de Mohamed Sarr. Ce ne fut pas convaincant et, depuis la deuxième journée, on a toujours vu le même duo : Sarr-Mangala (Mikulic est parti-entre-temps). Du costaud. Mangala monte en puissance, il a été impeccable samedi contre le remuant Aloys Nong, il a rayonné dans les airs et aussi marqué son tout premier but en D1. C'est l'une des plus grandes satisfactions de l'équipe depuis l'été. Le foot champagne, le jeu technique qu'on a souvent vu lors des deux dernières saisons, on ne l'a toujours pas retrouvé dans le championnat en cours. C'est rarement fluide, comme si beaucoup de joueurs devaient encore se découvrir. Etonnant car l'équipe n'a guère changé. Dans plusieurs matches, le Standard a aussi rencontré des problèmes de concrétisation qui ont pesé lourd. Contre Charleroi par exemple. Bölöni avait signalé ce soir-là que son équipe devait apprendre à devenir plus italienne, à être efficace même sans bien jouer. Il ne voit pas de solution miracle : " Nous avions déjà le même problème à certains moments, la saison dernière. L'efficacité devant le but, c'est quelque chose de fragile. Mercredi dernier, j'ai regardé Serbie-France : les Français n'ont marqué qu'une fois alors qu'ils ont des attaquants extraordinaires. Pourquoi ? Parce que Raymond Domenech est fou ? Non, bien sûr. C'est même un super gars. Il y a des problèmes auxquels il est difficile de trouver une explication rationnelle. " Le premier bilan des transferts de l'été est catastrophique. Pratiquement aucun ne joue, il y en a parfois l'un ou l'autre sur le banc, plusieurs doivent se contenter de la tribune et une partie a carrément été exclue du noyau pro. Jonathan Mendes, Andrea-Mbuyi-Mutombo, Moussa Traoré et les autres ont à peine quelques miettes à se mettre sous la dent. On savait qu'ils avaient peu de chances de remplacer les titulaires de l'an dernier, mais on s'attendait au moins à ce qu'ils apparaissent de temps en temps en cours de match. Cédric Collet a fait partie de l'équipe mais en est loin aujourd'hui. Et Gregory Dufer est lui aussi très peu utilisé. En six matches de championnat, Bölöni a déjà aligné trois hommes différents au poste de back gauche. La preuve qu'il y a un problème dans ce secteur. Jelle Van Damme avait tout compris... Landry Mulemo a entamé la saison, sans convaincre. Pour le remplacer, le Roumain a converti Collet en défenseur : ce ne fut pas mieux. Et samedi, le nouveau venu portugais Ricardo Rocha a reçu sa chance. Beaucoup plus vite que prévu. Il n'est pas imprécis et a de la présence, mais manque méchamment de rythme de matches, ça saute aux yeux. En plus, ce n'est pas sa meilleure place " même si j'ai déjà joué back gauche à Benfica ". Bölöni a déclaré après les premiers matches de championnat : " Devenir champion est plus facile que montrer qu'on est champion. Nous ne l'avons pas encore fait cette saison. Les petits champions se contentent de ce qu'ils ont atteint. Les grands champions veulent toujours plus. "Il y a des matches où les Rouches s'arrachent toujours, comme à Anderlecht où ils jouaient à dix contre onze. Comme contre Malines en deuxième mi-temps. Mais il y a eu plusieurs rencontres dans lesquelles on n'a pas vu cet appétit, cette envie d'aller au bout. Dieumerci Mbokani évoque ce problème sans fuir ses responsabilités : " C'est vrai, nous ne donnons pas toujours l'impression d'avoir aussi faim que lors des deux dernières saisons. Pour moi, ce n'est pas dû à un complexe de supériorité mais à un manque de concentration. Comme si nous n'étions pas toujours conscients des intérêts en jeu. " C'est sûr que l'appétit sera là en Ligue des Champions. Bölöni : " Même si nous avions pu jouer avec Defour, Onyewu, Fellaini et Dante, Arsenal aurait commencé ce match avec plus de qualités que nous. Mais j'exige que le Standard ait son mot à dire dans un rendez-vous pareil. Je pourrais sortir un vieux refrain, dire que nous venons dans cette compétition pour apprendre, mais ce serait hypocrite : je vise beaucoup plus haut que cela. " Wilfried Dalmat a eu un coup de gueule après le match à Roulers, où il n'était pas dans l'équipe. Il payait simplement un pas de travers. Cette semaine-là, le groupe dormait à l'Académie avant de partir jouer un match amical à Livourne. Plusieurs joueurs ont fait le mur. Dalmat et Nicaise se sont fait pincer en rentrant. Bölöni sait qu'ils n'étaient pas les seuls et a longtemps cherché à savoir les autres noms. Mais Dalmat et Nicaise n'ont jamais craché le morceau, ils ont accepté de tout prendre sur eux. Belle preuve d'unité dans le noyau. Mais il peut aussi y avoir des fissures. Depuis le match à Anderlecht, Milan Jovanovic est un peu isolé. Ses coéquipiers lui reprochent de s'être déchaîné sur un Witsel en larmes dans le vestiaire. Ils estimaient que le Soulier d'Or n'avait pas besoin d'une engueulade supplémentaire. Même les joueurs qui estimaient sa faute scandaleuse ont décidé de parler d'une même voix, de défendre Witsel. Et Jova en a remis une couche dans ses déclarations en insistant sur le fait qu'il avait beaucoup de compassion pour Marcin Wasilewski. Chez les Rouches, c'était mal perçu. Bölöni est nerveux depuis le clash d'Anderlecht et ça se voit au premier regard. En évoquant la blessure de Defour, il ne peut s'empêcher de faire une nouvelle allusion à l'affaire Witsel : " Je ne montre pas mon collègue Peter Maes du doigt, je ne crie pas au scandale, je ne jette pas une pierre dans le jardin de Malines, je ne les traite pas d'assassins. " Et il maintient que la faute sur Wasilewski était purement accidentelle : " Il y a des limites, je reconnais qu'elles sont parfois difficiles à trouver. Il faut tout analyser : l'envie d'être présent dans les duels, la méchanceté, les saloperies qu'un joueur fait quand il vient par derrière ou quand il donne un coup de coude. Moi, je sais de quoi je parle. J'ai été joueur, j'ai eu deux jambes cassées, j'en ai cassé une aussi. Celui qui ne veut plus de contacts doit changer de métier. "Puis, le Roumain s'emballe et décoche ses flèches vers une presse qui ne l'a pas épargné depuis deux bonnes semaines : " J'ai passé pas mal de temps sur les terrains de foot. A un bon niveau, je crois. J'ai trop d'expérience pour accepter des leçons de morale de ces messieurs en chemise blanche qui serrent bien fort leur stylo ou leur micro. En pensant : -P--, il ne faut pas que je le lâche. Il y en a qui n'ont pas les c-- pour analyser convenablement les choses : je m'en fous royalement. S'ils veulent foutre le bordel, qu'ils le fassent. Ils aiment ça. J'admire la capacité de certains qui ont su lire sur le front de Witsel qu'il avait l'intention de blesser son adversaire. Des menteurs ! Ils servent qui ? Ils servent quoi ? Quels sont leurs droits ? Quelle image essayent-ils de donner de moi ? Je confirme ce que j'avais dit avant le match à Anderlecht : je serai content de retrouver contre Arsenal ma petite bande de salopards. Avec eux, j'utiliserai tous les moyens pour ne pas avoir honte après cette soirée. J'avais employé la même expression l'année dernière, après avoir tiré Liverpool : à l'époque, on avait placé mes mots dans un contexte positif. Maintenant, ces professeurs, ces experts mettent le même discours dans un contexte négatif. Et les mêmes artistes parlent d'agneaux et critiquent quand les Diables Rouges perdent leurs matches. " "Pour certains, la CL est peut-être une excuse facile à de moins bons matches en championnat. (Laszlo Bölöni)"