Premier gros bluff

Le choix de Del Bosque d'évoluer sans véritable attaquant (avec Fabregas comme soi-disant pointe) était surprenant et la production offensive s'en est ressentie. Il a fallu la montée de Torres pour se créer plus d'occasions mais son retour comme titulaire face à l'Irlande a été déterminant (2 buts).
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Le choix de Del Bosque d'évoluer sans véritable attaquant (avec Fabregas comme soi-disant pointe) était surprenant et la production offensive s'en est ressentie. Il a fallu la montée de Torres pour se créer plus d'occasions mais son retour comme titulaire face à l'Irlande a été déterminant (2 buts). La tactique la plus utilisée dans l'EURO est le 4-2-3-1 avec de temps à autre, deux pointes axiales (ex : la Croatie) mais c'est souvent un 9,5 qui tourne autour d'un pivot. Prandelli est le seul à opter pour une défense à 3 ( Bonucci, De Rossi et Chiellini). Ce système est en fait un 3-6-1 car Cassano évolue plutôt comme soutien de la seule pointe Balotelli. Le trio défensif italien a constamment dû choisir entre presser ou temporiser face à la kyrielle de milieux espagnols. C'était plus clair contre la Croatie qui évolue avec deux attaquants ( Jelavic et Mandzukic). Le seul espace qu'il a laissé dans l'axe a débouché sur le seul but espagnol de Fabregas. Le milieu se compose de deux flancs ( Maggio et Giaccherini) qui défendent bas lorsque l'adversaire se positionne quasiment en pointe (cela devient alors un 5-4-1). Par contre, en possession, ils remontent très vite. Le trio axial se compose de ThiagoMotta (le plus défensif), Marchisio et Pirlo. Celui-ci décroche très bas en possession pour distribuer. Schweinsteiger, travailleur infatigable et donneur d'assists, et Iniesta, au sommet de son art technique. L'épine dorsale allemande ( Neuer, Hummels, Khedira, Özil, Gomez). Balotelli contre l'Espagne où il empêche le ballon de sortir : il tend la jambe derrière le dos et contrôle à l'aveugle du mollet. Pepe, Bendtner, De Rossi. Dzagoev, Willems (le benjamin de l'EURO, seule éclaircie Oranje) et Krohn-Delhi (29 ans). Terry, Buffon, Pirlo, Arshavin et surtout Shevchenko (2 têtes fantastiques). Sur leur premier match face à la France, les Anglais se sont montrés très présents sur les corners et coups francs des flancs. Les qualités athlétiques et de jeu de tête n'y sont pas étrangers. C'est sur un coup franc côté droit donné par Gerrard que Lescott a ouvert la marque. En ce qui concerne les coups francs axiaux, ils ont été mal exploités (exception faite de Pirlo contre la Croatie). A voir chez l'Italie : organisation en marquage individuel avec toutes les ficelles requises (voir la carte de jaune ThiagoMotta avant un corner pour la Croatie), Pirlo au premier piquet et Marchisio aux 6 mètres. Pour les coups francs sur les flancs, une défense haute et dans l'axe, un mur très compact. Le tout orchestré par l'expérimenté Buffon. Blaszczykowski, le joueur de Dortmund pour sa frappe croisée pied gauche contre la Russie.Une mention pour Welbeck qui, dos au but, reprend le ballon d'une spectaculaire talonnade du pied droit! Le double hands (penalty) du Danois Lars Jacobsen non sifflé pour la Hollande et la carte jaune de Meireles pour hands volontaire alors que l'attaquant danois part seul au but en première mi-temps. Le double arrêt de Pletikosa face à Marchisio. Neuer, sobre et efficace (battu seulement 1 fois contre les Pays-Bas). Gomez, 3 occasions, 3 buts, seul buteur de la Mannschaft après deux matches. Prandelli ( Di Natale pour Balotelli), Bento ( Varela pour Meireles) et Hodgson (Walcott pour Milner) = 3 buts importantissimes. Given, Baros, Stekelenburg et la plupart de ses coéquipiers. Robben et Zhirkov. Le premier de Mandzukic contre l'Irlande, en total déséquilibre, il se relève et surprend le gardien de 10 mètres de la tête. Cech contre la Grèce et le but de Gekas. Excepté l'Espagne dont on connaît le passing à la Barça, la Mannschaft a montré la meilleure animation en possession de balle avec plus de variétés que chez les Espagnols : des arrières latéraux participent offensivement, surtout Lahm, tout comme Hümmels, le défenseur central. Les deux milieux axiaux Khedira et Schweinsteiger sont très actifs en construction, les flancs Müller et Podolski pistonnent et le meneur de jeu Özil est très complet pour alimenter Gomez, LE centre-avant de ce début d'EURO. Très groupée en perte de balle (le 4-2-3-1 devient alors un 4-5-1), l'Espagne alterne le pressing avec du recul-frein mais, toujours en défendant très haut. Fabregas puis Torres coupent les angles de transmissions de la défense centrale adverse, Silva et Iniesta ferment le flanc et coulissent très bien côté intérieur quand le ballon se trouve sur le côté opposé. Le 4 défensif est très solide avec Casillas comme patron et bien secondé par le trio Xavi- Xabi Alonso- Busquets très travailleur. Cela donne peu de chances de but à l'adversaire. Pirlo contre la Croatie. Silva pour Fabregas contre l'Italie (passe de l'extérieur du pied gauche) et (humour) la passe de Ward (Irlande) pour Mandzukic (Croatie) seul devant Given.