A Charleroi, le discours se veut plus réaliste et professionnel. Finies les phrases à l'emporte-pièce qui faisaient rigoler toute la Belgique. Aujourd'hui, on ne parle plus du titre et on ne se fixe pas obstinément sur la conquête d'un trophée. Le président Abbas Bayat dans les colonnes du Soir a déclaré : " Je pourrais répondre, sous forme de boutade, que je ne peux me montrer pleinement satisfait puisque nous n'avons pas encore été sacrés champions. Mais l'objectif était (...) de figurer dans le Top-5 et le Sporting l'a fait (...). Nous nous situons donc au niveau de rivaux comme Gand et Genk ". Avec comme objectif ? " Un total de 68 points me comblerait. C'est deux tiers du total disponible et le maximum que je puisse demander à une équipe comme la nôtre ". Voilà donc le Sporting devenu raisonnable ! Le discours officiel est plus convenu même si dans le secret du vestiaire, on évoque encore le titre ou l'Europe...
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A Charleroi, le discours se veut plus réaliste et professionnel. Finies les phrases à l'emporte-pièce qui faisaient rigoler toute la Belgique. Aujourd'hui, on ne parle plus du titre et on ne se fixe pas obstinément sur la conquête d'un trophée. Le président Abbas Bayat dans les colonnes du Soir a déclaré : " Je pourrais répondre, sous forme de boutade, que je ne peux me montrer pleinement satisfait puisque nous n'avons pas encore été sacrés champions. Mais l'objectif était (...) de figurer dans le Top-5 et le Sporting l'a fait (...). Nous nous situons donc au niveau de rivaux comme Gand et Genk ". Avec comme objectif ? " Un total de 68 points me comblerait. C'est deux tiers du total disponible et le maximum que je puisse demander à une équipe comme la nôtre ". Voilà donc le Sporting devenu raisonnable ! Le discours officiel est plus convenu même si dans le secret du vestiaire, on évoque encore le titre ou l'Europe... Voir ci-après... Le bilan actuel est mitigé : trois défaites à l'extérieur, et le plein de points à domicile. Soit 6 points sur 15. Un peu léger mais pourtant prometteur. Car tant à Gand qu'à Westerlo, Charleroi a fait le jeu. Et à Anderlecht, sans l'exclusion de Frank Defays, il y a fort à parier que les Zèbres repartaient avec le nul. " Le bilan est mitigé ", analyse Bertrand Laquait, " Au niveau du jeu, c'est bon. Par contre, on n'a pas assez de points ". " On est dans le bon ", ajoute l'entraîneur adjoint, Serge Gehoulet, arrivé en droite ligne d'Eupen, " On développe du jeu et on se procure des occasions. Contre Westerlo, on a eu 70 % de possession de balle même si la possession de balle n'a jamais fait gagner un match, j'en conviens ". Et si Charleroi ne se retrouve nanti que de six points, c'est en grande partie à cause de l'inefficacité de sa ligne d'attaque. " Ce qui manque, c'est le réalisme ", avoue Gehoulet, " On pourrait se poser beaucoup de questions si on était dépassé dans un match ou si on ne se ménageait aucune occasion. Ce n'est pas le cas. Même à Anderlecht, en première mi-temps, on a trois grosses occasions ". Mais ce constat n'est pas neuf. Le rendement de Joseph Akpala avait masqué la faible production offensive, la saison dernière. Et le débat refait surface, une fois le Nigérian parti. Orlando est un dynamiteur de défense mais il n'a jamais brillé par ses qualités de buteur. A peine 16 buts en 118 matches. Quant à Cyril Théréau, Siquet est conscient du problème depuis un certain moment puisqu'il s'était servi davantage du Français dans un rôle de pivot la saison dernière, préférant l'utiliser dans un 4-4-1-1, derrière Akpala. " On ne peut pas accabler les attaquants ", se défend Gehoulet, " La saison dernière, Akpala aussi, il en ratait ! Théréau sent le bon coup. Il est toujours là où il faut. Il lui manque juste un déclic. Car, tout le staff est persuadé qu'il y a assez de qualités dans le groupe pour marquer des buts ". En attendant, le départ d'Akpala laisse un grand vide. Certes, il a été remplacé. Par l'attaquant d'Hibernian, le Marocain Abdessalam Benjelloun. Mais ce dernier a une réputation de blessé chronique. Réputation qu'il a déjà confirmée. Une fois sur pied, il fera à coup sûr mal aux défenses adverses. Habib Habibou constitue une autre solution. Mais ce n'est pas la première fois qu'il flambe en préparation avant de s'éteindre quelque peu en compétition. Quant au reste du banc ( Chris Makiese et Mouhssine Yajour), il n'est pas encore prêt. Enfin, depuis deux ans, quand la ligne d'attaque est en panne, la deuxième ligne prend alors le relais. Or, Tim Smolders, véritable infiltreur, revient seulement de bannissement. Geoffrey Mujangi-Bia, autre élément de percussion, a passé un palier mais ne peut pas encore porter l'équipe sur ses épaules, comme en atteste sa prestation à Anderlecht. Et Remi Sergio est davantage une plaque tournante. Les absences de Majid Oulmers et de Fabien Camus sont à ce niveau-là préjudiciables. Quand on lui parle du mal du Pays Noir (le manque de concentration permanente), Gehoulet botte en touche : " Vous savez, moi, je n'étais pas là la saison passée. Je ne sais donc pas s'il s'agit d'un mal chronique ", dit-il un sourire aux lèvres. Pourtant, force est de constater que Charleroi n'arrive pas à garder son sang froid dans les moments chauds. Contre le Cercle, deux mauvais renvois offrent deux buts à Tom De Sutter et contre Anderlecht, le premier but tombe sur un corner : alors que Laquait vient de sortir un tout grand arrêt, la défense oublie complètement Jelle Van Damme sur le corner qui suit. " Ah, ces phases arrêtées... ", lâche Gehoulet, " C'est vraiment notre talon d'Achille actuellement. Surtout les corners ! Pourtant, on les travaille inlassablement à l'entraînement. Mais un défenseur doit être concentré 90 minutes. Ce qui n'est pas toujours le cas. Vous avez parlé d'un problème de réalisme offensif mais on peut aussi évoquer un manque de réalisme défensif ". " Il y a encore des pertes de balles inutiles ", ajoute Laquait. " On se met parfois en danger sur des phases sur lesquelles on ne devrait pas être en danger ". On les annonçait tous sur le départ et ils sont tous restés. Les dinosaures du groupe (Bertrand Laquait, Frank Defays, Badou Kere et Majid Oulmers) ont décidé de rempiler. " Tous les challenges proposés ne m'intéressaient pas ", explique le gardien français, " On s'est mis autour de la table avec le Sporting. Chacun a mis de l'eau dans son vin et j'ai re-signé un contrat. A partir de ce moment-là, je savais que mon avenir se situait à Charleroi d'autant plus qu'on s'était mis d'accord pour que je ne signe pas dans un autre club belge ". Quant à Defays, dont la carrière semblait compromise à cause des nombreux pépins physiques, il a recommencé la saison dans la peau d'un titulaire, ajoutant cinq nouveaux matches à sa collection qui en comprenait déjà 260 en neuf saisons (il dispute sa dixième) à Charleroi. L'image de volcan perpétuel cadre donc bien mal avec la stabilité actuelle. Kere dispute sa onzième saison d'affilée au club, Defays sa dixième, Oulmers sa sixième et Fabien Camus sa quatrième. Quant à Laquait, il en est à sa sixième campagne (avec une parenthèse à Huelva) et Sébastien Chabaud sa cinquième (avec une parenthèse à Tarragone et au Germinal Beerschot). Le club a subi une mutation légère mais intéressante depuis la reprise. " Je trouve le groupe plus mature ", dit Laquait. " Bia a passé un palier. Habibou est plus décisif. Des pions essentiels sont restés comme Smolders ou Defays ; Chabaud nous a rejoints. L'ossature est là. Il faut maintenant tendre vers le même objectif ". Le Sporting a également changé de préparateur physique. Dominique Henin qui évoluait à l'Olympic la saison passée, a déjà apporté quelques modifications. Comme l'obligation de manger ensemble après les rencontres afin de surveiller l'alimentation du groupe. " Il y a désormais un diététicien ", explique Gehoulet, " et tout le groupe a été convié à une formation sur la diététique sportive ". L'arrivée de Gehoulet s'inscrit également dans cette politique. Pourtant, certains se sont moqués du staff technique qui, chaque année, compte un membre supplémentaire... " Le travail ne manque pas. On ne risque pas de se marcher sur les pieds avec Mario Notaro. On se partage les tâches sur le terrain en semaine. Cela permet d'individualiser de plus en plus le travail et même si cela ne porte pas encore ses fruits, cela aboutira un jour ou l'autre. Et à tour de rôle, le week-end, on effectue des missions de scoutings et on assiste au match des Réserves. On estime que chaque adversaire doit être vu deux à trois fois. On va également souvent à Namur pour juger de l'évolution des nombreux joueurs que le Sporting a prêtés à l'UR ". Gehoulet analyse également chaque rencontre du Sporting depuis la tribune pour avoir une meilleure vue d'ensemble de son équipe. " Et à la mi-temps, je descends dans les vestiaires et je dis à Siquet - Voilà les dangers que j'ai aperçus ". Le groupe des joueurs est réceptif à ses quelques retouches : " Professionnaliser un club, cela passe par des choses comme cela : manger ensemble ou mieux gérer son emploi du temps ", affirme Laquait. Le jeu n'est pas mauvais et les éléments qui composent ce groupe ne le sont pas moins. Certes, le noyau est encore étriqué. Ainsi, en défense, ils ne sont que cinq pour quatre places. C'est sans doute pour cette raison qu' Ibrahima Diallo, qui n'avait plus donné signe de vie avant de venir pleurer au téléphone pour que Mogi Bayat le reprenne et lui pardonne, ne sera pas de trop. Et même si le recrutement n'a pas encore donné satisfaction, des possibilités apparaissent. Aux piliers de l'année passée (Smolders, Laquait, Defays, Kere, Camus, Oulmers), est venu s'ajouter la confirmation Bia et l'éclosion de deux joueurs. En défense, David Vandenbroeck a montré tout son potentiel contre Anderlecht (et sa formation à Nancy l'a doté d'une mentalité très pro). Dans l'entrejeu, Rémi Sergio, après une première saison d'acclimatation, s'est glissé dans le même moule que Fabien Camus. Avec Camus, Smolders, Oulmers, Sergio et Bia, l'entrejeu ne manque pas d'arguments. par stéphane vande velde - photos: reporters/gouverneur