Prédilection :"Nom féminin. Préférence marquée pour quelque chose ou quelqu'un" selon le Petit Robert... dont l'édition 2009 accueille comme nouveauté le mot "mercato", belle officialisation pour une belle saloperie, on n'arrête pas le français ! "Place de prédilection" = expression de prédilection en jargon footeux : tous les petits gamins accros au foot savent traduire "place préférée", tous les morpions et morpionnes du même âge mais indifférents au foot en ignorent le sens,... comme quoi le foot cultive les gosses, hé !
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Prédilection :"Nom féminin. Préférence marquée pour quelque chose ou quelqu'un" selon le Petit Robert... dont l'édition 2009 accueille comme nouveauté le mot "mercato", belle officialisation pour une belle saloperie, on n'arrête pas le français ! "Place de prédilection" = expression de prédilection en jargon footeux : tous les petits gamins accros au foot savent traduire "place préférée", tous les morpions et morpionnes du même âge mais indifférents au foot en ignorent le sens,... comme quoi le foot cultive les gosses, hé ! Pourquoi j'ai commencé avec ça, moi ? Ah oui : parce que l'expression est en ce moment particulièrement usitée lors des grands débats vandereyckiens qui nous agitent ! Steven Defour n'évolue pas à sa place de prédilection, Vincent Kompany ne joue pas à sa "bonne place", Karl Hoefkens est aligné à une place "qui n'est pas la sienne", Thomas Vermaelen n'est pas un "vrai" back gauche, Machinchose n'est pas un attaquant "de formation"... Polémiques typiquement footeuses qui ne se circonscrivent évidemment pas à René Vandereycken et à notre pays petit, mais qui sont toujours plus âpres en équipes nationales qu'en clubs : les teams nationaux ont pour vocation de regrouper les stars éparpillées, une solution plausible est alors de les caser ailleurs qu'à leur poste en club pour pouvoir en caser un maximum. D'où les controverses et - j'dis ça j'dis rien - les avis trop tranchés sur ce que serait "la vraie place" d'un gars sur un terrain. Je développe. Il paraîtrait qu'à l'opposé d'hier, le foot du top d'aujourd'hui serait un "foot total", de mouvement, où les joueurs doivent savoir tout faire, jouer des deux pieds, défendre et attaquer... Soit c'est faux et on arrête de croire à ce foot total, au sein duquel les stars seraient arrivées au bout du processus d'acquisitions techniques. Soit c'est vrai et on arrête de dire qu'il est ardu pour un Defour d'être bon s'il est un peu moins axial ou un peu plus bas, ou qu'il est dangereux de placer un Vermaelen à gauche plutôt qu'au centre : entre des études de back gauche et d'arrière central gauche, ne me faites pas croire qu'existent les mêmes gouffres d'apprentissage qu'entre l'oto-rhino-laryngologie et la gynécologie. Souvent, ce n'est que sur base de son p'tit ego qu'un joueur rouscaille et que la presse embraye : l'offensif doué techniquement répugne à jouer plus bas parce qu'il va devoir défendre davantage et faire moins joujou/ballon, le médian habituellement axial se sent moins important quand on le déporte sur un côté. C'est con, mais c'est comme ça. Alors que ta place préférée n'est pas forcément celle où tu es le plus performant, ni le plus utile au collectif. Faut se renseigner avant de contester. Hoefkens jouait grosso modo arrière central quand il a quitté le pays, et ça a amené beaucoup de gueulantes parce que VDE l'alignait au "back droit". Pourtant, quand on surfe sur le site de West Bromwich, Karl y est présenté en tant que "back droit qui peut aussi évoluer comme arrière central" ! Bel exemple rappelant qu'une place de prédilection n'est jamais qu'un moment dans une carrière. D'ailleurs, 95 % des stars du top étaient de "vrais buteurs" quand ils étaient gamins, c'est-à-dire qu'ils ont été des "attaquants de formation" jusqu'à un certain âge et un certain niveau ! Voyez Guillaume Gillet : que serait-il aujourd'hui s'il était resté à sa "place de prédilection" d'attaquant eupenois ? Et pourquoi sa "bonne place" était-elle back droit pour tout le monde à sa période gantoise, et ne l'est-elle plus à sa période anderlechtoise ? Et tout ça est vieux comme le foot : Walter Meeuws était un attaquant "de formation" quand il a débuté au Beerschot en D1... Il fut un temps où Georges Grun ne voulait jouer qu'à "sa" place de back droit, revendiquant le poste d' Eric Gerets chez les Diables, et tirant la tronche quand on le plaçait en défense centrale... pour finir par ne plus jouer qu'à ce poste ! Michel Renquin fut le back gauche inamovible des Diables 80, puis l'indiscutable libero des Diables 86... Hurler au maintien d'un joueur à sa place dite de prédilection, quel que soit le niveau où il est arrivé, c'est interdire aux coaches une réflexion, une inno-vation, une trouvaille améliorante. Quand on lui a objecté qu'il n'avait pas placé Defour à son poste normal, Laszlo Bölöni a demandé : "Qu'est-ce que ça veut dire, normal ?" Si Defour casse la baraque devant sa défense et qu'il file demain à Chelsea pour reprendre durant cinq ans le rôle de Claude Makélélé, plus personne ne parlera de "vrai n°10". Exemples possibles à foison, mais un p'tit dernier imaginé pour la route et pour vous : si Wayne Rooney se faisait demain piquer sa place de "vrai buteur" par Dimitar Berbatov et qu' Alex Ferguson le postait au back droit plutôt que de le laisser bouder sur le banc, faudrait pas beaucoup de temps pour qu'il soit un "vrai back droit" époustouflant, plus vrai que nature et que Wes Brown. Non ? par bernard jeunejean