40 ans de football professionnel ont changé le visage de ce sport. Vous l'avez lu la semaine dernière dans nos colonnes et vous vous en rendrez compte mercredi soir, lors de la remise du Soulier d'Or. Jadis, ce référendum se déroulait dans la discrétion d'un restaurant bruxellois, en la seule présence de journalistes et... d'arbitres. Les bulletins de vote étaient ouverts un par un, sous le contrôle d'un huissier.
...

40 ans de football professionnel ont changé le visage de ce sport. Vous l'avez lu la semaine dernière dans nos colonnes et vous vous en rendrez compte mercredi soir, lors de la remise du Soulier d'Or. Jadis, ce référendum se déroulait dans la discrétion d'un restaurant bruxellois, en la seule présence de journalistes et... d'arbitres. Les bulletins de vote étaient ouverts un par un, sous le contrôle d'un huissier. A une heure de l'après-midi, tout était terminé et on téléphonait au vainqueur, qui accourait vers la capitale. Ce n'était pas sans problèmes, comme en janvier 1982, quand le pays était paralysé par des températures sibériennes et de fortes chutes de neige. Le vainqueur, Erwin Vandenbergh, avait mis cinq heures pour rejoindre Bruxelles depuis son domicile de Ramsel. Le buteur allait plus tard fêter sa distinction d'un verre avec ses coéquipiers. Comme le légendaire gardien du Standard, Jean Nicolay, l'avait fait lors de son élection en 1963. Il avait sabré quelques bouteilles de champagne, sur le compte du club, pour constater, en fin de mois, que celui-ci avait retiré de son salaire le prix des bouteilles. Mercredi, Dennis Praet et Victor Vazquez vont attendrele résultat du Soulier d'Or avec impatience. Ils sont les favoris absolus du suffrage, bien plus que Silvio Proto, très régulier durant toute l'année 2014. Praet, d'abord trop vite porté aux nues par son entourage, a énormément progressé cette saison. Il place son talent au service de l'équipe et fonctionne brillamment avec et sans le ballon, mais sans encore se profiler en leader. Victor Vazquez, lui, est un leader. Au début, l'Espagnol faisait figure de joueur en salle, souvent léthargique. Il se contentait d'éclairs et s'éteignait dès que le rythme des échanges s'accélérait. Maintenant, Vazquez détermine le rythme et l'équipe le considère comme un dirigeant, partiellement parce qu'il représente les nombreux footballeurs hispanophones du Club. Il ne paraît pas impossible que Praet récolte plus de points, des deux côtés de la frontière linguistique, que Vazquez, qui croit fermement en ses chances. Le Catalan est un footballeur fier, qui ne supporte pas toujours les critiques. En le décrivant comme un des grands favoris, on a éveillé ses espoirs. Parfois, les défaites peuvent engendrer des réactions étranges, comme en 1994, quand Lorenzo Staelens avait quitté la salle suite à la victoire-surprise de Gilles De Bilde. Vazquez n'ira sans doute pas jusque-là mais une défaite pourrait lui faire mal. Le Club Bruges s'en passerait volontiers dans la lutte pour le titre, qui reprend ce vendredi par un match à domicile contre Malines. Il y a un an, l'approche de Michel Preud'homme suscitait encore des questions mais depuis, il a mué le Club en un bloc de granit, qui ne procède plus par longs ballons mais développe un football soigné, empreint des valeurs d'antan : collectivité, discipline. De ce point de vue, le Club est plus avancé qu'Anderlecht où Besnik Hasi avait certes déclaré vouloir instaurer une culture du travail lors de son embauche mais doit bien constater qu'il ne parvient pas toujours à fondre le talent dans le creuset de la collectivité. Ça fait partie du style maison. Pour une Gantoise vantée de toutes parts, le titre est prématuré. Le club manque de précision dans le rectangle et il n'a pris que 18 points sur 33 dans son arène. Etrangement, Hein Vanhaezebrouck, qui a déjà recruté onze joueurs en été, a demandé des renforts. Trois joueurs sont déjà arrivés chez les Bleu et Blanc et ce n'est apparemment pas terminé. On verra plus tard s'il s'agit de transferts de qualité ou de recrutements en profondeur. Faire et défaire semble être le mot d'ordre général. Il y a eu sept changements d'entraîneurs. Les discours sur la continuité sont destinés à la galerie. Autre fait marquant, il n'y a pas de sang neuf chez les entraîneurs. C'est toujours le même petit cercle. Tout au plus déniche-t-on de temps à autre un pseudo-magicien à l'étranger, qui n'apporte pas de plus-value, in fine. PAR JACQUES SYSFaire et défaire semble être le mot d'ordre.