La semaine dernière, quand Dennis Praet a gagné le Soulier d'Or, Herman Van Holsbeeck a déclaré mettre tout en oeuvre pour conserver le talent. Il est logique qu'un manager veille sur le patrimoine de son club. D'autres personnes estiment que le médian ferait mieux de poursuivre son éclosion au Parc Astrid. Le père Praet, lui, a déclaré que Dennis était prêt à partir.
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La semaine dernière, quand Dennis Praet a gagné le Soulier d'Or, Herman Van Holsbeeck a déclaré mettre tout en oeuvre pour conserver le talent. Il est logique qu'un manager veille sur le patrimoine de son club. D'autres personnes estiment que le médian ferait mieux de poursuivre son éclosion au Parc Astrid. Le père Praet, lui, a déclaré que Dennis était prêt à partir. L'avenir du Soulier d'Or va constituer un point d'interrogation pendant des mois. Dennis Praet risque d'y être confronté dans chaque interview. Il a été catapulté dans un univers nouveau, rempli de chausse-trapes. Les vautours vont bientôt se le disputer. Il va avoir affaire à des managers aux yeux en forme d'euros, qui vont lui promettre monts et merveilles. Même quand on est réputé simple et réaliste, il n'est pas évident de gérer pareille situation ni de continuer à prester avec Anderlecht, sous le feu d'une attention étouffante. Il n'y a pas grand-chose à redire au Soulier d'Or de Praet. Ces derniers mois, son développement s'est accéléré. Il serait donc logique qu'il veuille reculer ses limites. Ce n'est possible qu'en franchissant un pas de plus et en trouvant le bon club et surtout le bon championnat, parmi toutes les propositions qui vont affluer. Ça peut être la Premier League comme la Bundesliga ou la Liga. Lors de son élection au rang d'Entraîneur FIFA de l'Année, à Zurich, Joachim Löw a souligné, dans son speech, que le niveau des entraînements n'avait jamais été aussi élevé en Allemagne. Il a insisté : cet élément a contribué au succès de l'Allemagne en Coupe du Monde. Il a donc remercié tous les entraîneurs travaillant en Bundesliga. En ce sens, l'intérêt d'un club aussi bien entraîné que le Borussia Dortmund, malgré la crise qu'il traverse, peut être une bénédiction pour Praet. Confronté à de multiples forfaits, Jürgen Klopp a besoin de créativité dans son entrejeu. En plus, nulle part ailleurs en Europe l'enthousiasme des supporters n'est aussi communicatif. Dennis Praet aura 21 ans en mai. Ce n'est évidemment pas trop jeune pour émigrer. Même si Besnik Hasi a sans conteste joué un rôle dans le développement du médian cette saison, Praet sait qu'après quatre ans dans le noyau A du Sporting, il ne peut hausser son niveau qu'au-delà de nos frontières. Parce qu'on s'y entraîne plus intensément, parce que le rythme y est plus élevé. Il a vu les Diables Rouges qui l'ont précédé, très jeunes, parfois avec un temps d'adaptation. Ils ont entamé cette aventure avec assurance et ont éclaté dans un autre environnement. C'est ce qui a provoqué la renaissance de l'équipe nationale et nous a valu un mémorable été brésilien. Dennis Praet peut jouer un rôle important en équipe nationale, à l'avenir. D'artiste abstrait, il s'est mué en styliste efficace. Il fait plus fréquemment la différence, il perd moins souvent le ballon, il se meut bien entre les lignes et distribue le jeu à bon escient. Il possède le flair qui caractérise la génération actuelle. Il y a longtemps que les footballeurs belges ne redoutent plus de franchir nos frontières. Jan Ceulemans symbolisait ces anciens joueurs : en 1980, il a refusé une offre princière de l'AC Milan, craignant d'y dépérir. Le club transalpin avait offert 85 millions de francs belges, soit 2,1 millions d'euros mais l'international avait répondu en riant qu'on ne pouvait pas déplanter un arbre. Maintenant, les footballeurs ont hâte de s'en aller. Comme par exemple Charly Musonda Junior, le joyau du football belge. Il a signé à Chelsea à seize ans et il fait partie des meilleurs semaine après semaine, en espoirs. Il n'a aucunement envie d'être loué à un club belge pour y acquérir du rythme. Il affirme ne pouvoir apprendre davantage ailleurs qu'à Chelsea. Même si, pour l'instant, il ne s'entraîne que trois fois par semaine avec le noyau de José Mourinho.PAR JACQUES SYSL'important, pour lui, est de choisir le bon club.