"Les problèmes de Genk avec Alejandro Pozuelo ne m'étonnent pas ", dit Albert Stuivenberg, sans rancune ni plaisir. Des problèmes avec Pozuelo, il en a eu aussi et il pourrait en parler dans le livre qu'il envisage d'écrire mais il préfère s'attarder à d'autres sujets, comme son nouveau boulot d'adjoint de Ryan Giggs en équipe nationale du Pays de Galles.

Les deux hommes se sont connus lorsqu'ils étaient adjoints de Louis van Gaal à Manchester United. " Nous voyons le football de la même façon et nous sommes restés en contact après notre limogeage. Dès qu'il a été nommé sélectionneur, il m'a appelé. Il aurait pu choisir Paul Scholes, Nicky Butt, Phil ou Gary Neville mais il m'a demandé d'être son adjoint. Nous avions travaillé ensemble et il savait qu'il pouvait me faire confiance à 100 %, que mes qualités correspondaient à son profil. "

Vous voici donc à nouveau adjoint. Genk est la seule équipe dont vous avez été le T1. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné là-bas ?

ALBERT STUIVENBERG : La direction a paniqué à cause des résultats, elle a eu peur qu'on loupe les play-offs 1. Il y avait deux possibilités : soit on poursuivait selon la vision qu'on s'était fixée à terme, soit on se laissait guider par les sentiments. L'émotion fait partie du jeu, surtout dans le chef des supporters. La direction doit fixer des objectifs et un plan d'action à plus long terme. À cause des play-offs 1, les principes sont plus vite remis en cause et je regrette que Genk ait manqué de patience.

D'autant que votre bilan - 24 victoires, 16 nuls, 10 défaites - n'était pas mauvais.

STUIVENBERG : On m'a jugé sur les matches nuls. C'est ennuyeux car je n'ai jamais joué pour un point. J'aurais préféré gagner 3 matches et en perdre 2 plutôt que faire 5 nuls : j'aurais toujours été à Genk à l'heure actuelle... Mais nous avons payé les conséquences de la saison précédente, au cours de laquelle nous avons joué 75 matches. Il y avait beaucoup de blessés et le noyau était étroit.

" Pozuelo et moi, c'était une relation d'amour-haine "

Quand un entraîneur est limogé, les langues se délient. Vous aviez des problèmes avec Pozuelo. Entre lui et vous, ce n'était pas le grand amour.

STUIVENBERG : ( sèchement) C'était une relation d'amour-haine. Nous nous respections et nous étions professionnels mais pour lui, j'étais un professeur, pas un père.

Vous n'êtes pas parvenu à le faire jouer à son niveau.

STUIVENBERG : C'est ce qu'on dit mais je ne suis pas d'accord. Il y a eu beaucoup de matches où il a été très bon. C'est un joueur talentueux et créatif mais ces gens-là ne sont pas toujours les plus abordables. J'aurais voulu qu'il soit plus exigeant avec lui-même, qu'il ait envie de progresser. Il aimait la facilité et n'était pas toujours discipliné. J'ai mis beaucoup d'énergie à le convaincre mais nous n'étions pas souvent d'accord. Sa vision du sport de haut niveau n'était pas la même que la mienne. Pour moi, un joueur vient au club chaque jour pour progresser et apporter sa contribution à l'équipe. Cela exige une certaine discipline mais ce n'était pas la priorité de Pozuelo.

Pour Pozuelo, j'étais un professeur, pas un père. " Albert Stuivenberg

Vous lui imposiez trop de règles. Sur le terrain, il devait tenir compte de mille et une consignes.

STUIVENBERG : C'est exagéré. Je suis un coach offensif et je jouais souvent en fonction de Pozuelo. Quel système lui convenait le mieux ? Comment devions-nous défendre et quel était son rôle en perte de balle ? Nous discutions mais parfois, il ne respectait pas les consignes et ça dérapait car ça coûtait cher à l'équipe et ça m'énervait.

" Je n'ai ni discuté avec Anderlecht ni avec Bruges "

Malinovskyi n'aimait pas votre façon de travailler non plus.

STUIVENBERG : Je voulais que chaque joueur progresse et il est possible que, parfois, je sois allé trop loin. Dans un groupe de 30 joueurs, il est logique que beaucoup m'apprécient et d'autres moins. Je peux vous dire que Trossard n'était pas heureux de me voir partir. C'était pourtant aussi un joueur qu'il fallait pouvoir approcher. Mais entre lui et moi, le courant passait. Parce que Trossard a respecté l'ambiance de sport de haut niveau que j'ai instaurée à Genk. C'est pour cela qu'il a progressé.

Vous êtes déjà retourné à Genk ?

STUIVENBERG : ( il secoue la tête) Je n'ai pas encore été invité et je n'en ressens pas le besoin. J'aimerais revoir certaines personnes, comme Jos Daerden, Guy Martens et Pierre Denier mais je peux les voir ailleurs. J'ai encore de la sympathie pour ce club. Mon parcours à Genk s'est achevé à cause de certaines personnes. Si elles s'étaient montrées plus patientes, nous aurions réussi.

Votre nom a été cité à Anderlecht et à Bruges. Ces clubs vous conviendraient-ils ?

STUIVENBERG : Ils ont des entraîneurs, ça ne sert à rien d'en parler.

Vous avez eu des contacts avec Anderlecht ?

STUIVENBERG : Je n'ai pas discuté avec eux.

Mais vous saviez ce qui se passait ?

STUIVENBERG : J'ai suivi cela de près.

Bref, vous étiez candidat...

STUIVENBERG (il évite le sujet) : Je n'oublie pas ce que le président de Genk a dit quand je suis parti : Il ne faudra pas longtemps pour qu'un autre club belge te contacte. Ils sont toujours très positifs à ton égard. Si ça ce n'est pas un compliment... Je suis sûr qu'un jour, je redeviendrai entraîneur principal. Peut-être même en Belgique.

"Les problèmes de Genk avec Alejandro Pozuelo ne m'étonnent pas ", dit Albert Stuivenberg, sans rancune ni plaisir. Des problèmes avec Pozuelo, il en a eu aussi et il pourrait en parler dans le livre qu'il envisage d'écrire mais il préfère s'attarder à d'autres sujets, comme son nouveau boulot d'adjoint de Ryan Giggs en équipe nationale du Pays de Galles. Les deux hommes se sont connus lorsqu'ils étaient adjoints de Louis van Gaal à Manchester United. " Nous voyons le football de la même façon et nous sommes restés en contact après notre limogeage. Dès qu'il a été nommé sélectionneur, il m'a appelé. Il aurait pu choisir Paul Scholes, Nicky Butt, Phil ou Gary Neville mais il m'a demandé d'être son adjoint. Nous avions travaillé ensemble et il savait qu'il pouvait me faire confiance à 100 %, que mes qualités correspondaient à son profil. " Vous voici donc à nouveau adjoint. Genk est la seule équipe dont vous avez été le T1. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné là-bas ? ALBERT STUIVENBERG : La direction a paniqué à cause des résultats, elle a eu peur qu'on loupe les play-offs 1. Il y avait deux possibilités : soit on poursuivait selon la vision qu'on s'était fixée à terme, soit on se laissait guider par les sentiments. L'émotion fait partie du jeu, surtout dans le chef des supporters. La direction doit fixer des objectifs et un plan d'action à plus long terme. À cause des play-offs 1, les principes sont plus vite remis en cause et je regrette que Genk ait manqué de patience. D'autant que votre bilan - 24 victoires, 16 nuls, 10 défaites - n'était pas mauvais. STUIVENBERG : On m'a jugé sur les matches nuls. C'est ennuyeux car je n'ai jamais joué pour un point. J'aurais préféré gagner 3 matches et en perdre 2 plutôt que faire 5 nuls : j'aurais toujours été à Genk à l'heure actuelle... Mais nous avons payé les conséquences de la saison précédente, au cours de laquelle nous avons joué 75 matches. Il y avait beaucoup de blessés et le noyau était étroit. Quand un entraîneur est limogé, les langues se délient. Vous aviez des problèmes avec Pozuelo. Entre lui et vous, ce n'était pas le grand amour. STUIVENBERG : ( sèchement) C'était une relation d'amour-haine. Nous nous respections et nous étions professionnels mais pour lui, j'étais un professeur, pas un père. Vous n'êtes pas parvenu à le faire jouer à son niveau. STUIVENBERG : C'est ce qu'on dit mais je ne suis pas d'accord. Il y a eu beaucoup de matches où il a été très bon. C'est un joueur talentueux et créatif mais ces gens-là ne sont pas toujours les plus abordables. J'aurais voulu qu'il soit plus exigeant avec lui-même, qu'il ait envie de progresser. Il aimait la facilité et n'était pas toujours discipliné. J'ai mis beaucoup d'énergie à le convaincre mais nous n'étions pas souvent d'accord. Sa vision du sport de haut niveau n'était pas la même que la mienne. Pour moi, un joueur vient au club chaque jour pour progresser et apporter sa contribution à l'équipe. Cela exige une certaine discipline mais ce n'était pas la priorité de Pozuelo. Vous lui imposiez trop de règles. Sur le terrain, il devait tenir compte de mille et une consignes. STUIVENBERG : C'est exagéré. Je suis un coach offensif et je jouais souvent en fonction de Pozuelo. Quel système lui convenait le mieux ? Comment devions-nous défendre et quel était son rôle en perte de balle ? Nous discutions mais parfois, il ne respectait pas les consignes et ça dérapait car ça coûtait cher à l'équipe et ça m'énervait. Malinovskyi n'aimait pas votre façon de travailler non plus. STUIVENBERG : Je voulais que chaque joueur progresse et il est possible que, parfois, je sois allé trop loin. Dans un groupe de 30 joueurs, il est logique que beaucoup m'apprécient et d'autres moins. Je peux vous dire que Trossard n'était pas heureux de me voir partir. C'était pourtant aussi un joueur qu'il fallait pouvoir approcher. Mais entre lui et moi, le courant passait. Parce que Trossard a respecté l'ambiance de sport de haut niveau que j'ai instaurée à Genk. C'est pour cela qu'il a progressé. Vous êtes déjà retourné à Genk ? STUIVENBERG : ( il secoue la tête) Je n'ai pas encore été invité et je n'en ressens pas le besoin. J'aimerais revoir certaines personnes, comme Jos Daerden, Guy Martens et Pierre Denier mais je peux les voir ailleurs. J'ai encore de la sympathie pour ce club. Mon parcours à Genk s'est achevé à cause de certaines personnes. Si elles s'étaient montrées plus patientes, nous aurions réussi. Votre nom a été cité à Anderlecht et à Bruges. Ces clubs vous conviendraient-ils ? STUIVENBERG : Ils ont des entraîneurs, ça ne sert à rien d'en parler. Vous avez eu des contacts avec Anderlecht ? STUIVENBERG : Je n'ai pas discuté avec eux. Mais vous saviez ce qui se passait ? STUIVENBERG : J'ai suivi cela de près. Bref, vous étiez candidat... STUIVENBERG (il évite le sujet) : Je n'oublie pas ce que le président de Genk a dit quand je suis parti : Il ne faudra pas longtemps pour qu'un autre club belge te contacte. Ils sont toujours très positifs à ton égard. Si ça ce n'est pas un compliment... Je suis sûr qu'un jour, je redeviendrai entraîneur principal. Peut-être même en Belgique.