Gêné aux entournures par des blessures à répétition depuis son arrivée au Parc Astrid en 2005, Roland Juhasz, délivré de ses tourments, aura été d'une constance de tous les instants durant cette campagne. Des six défenseurs centraux utilisés par Anderlecht cette saison (Nicolas Pareja, Mark De Man, Max Von Schlebrügge, Olivier Deschacht, Jelle Van Damme et lui-même), c'est lui qui a d'ailleurs bénéficié du plus de temps de jeu. Il sera hélas privé de la cerise sur le gâteau : une carte jaune pour un tacle trop appuyé sur le Beerschotman Tosin Dosunmu, le forcera à renoncer à la finale de la Coupe de Belgique contre La Gantoise. Le longiligne Magyar, qui a dû faire son deuil aussi, entre-temps, d'un troisième sacre d'affilée avec le RSCA, entend toutefois tout mettre en £uvre pour clôturer le championnat dans la foulée du Standard. Question de goûter une fois encore aux préliminaires de la Ligue des Champions...
...

Gêné aux entournures par des blessures à répétition depuis son arrivée au Parc Astrid en 2005, Roland Juhasz, délivré de ses tourments, aura été d'une constance de tous les instants durant cette campagne. Des six défenseurs centraux utilisés par Anderlecht cette saison (Nicolas Pareja, Mark De Man, Max Von Schlebrügge, Olivier Deschacht, Jelle Van Damme et lui-même), c'est lui qui a d'ailleurs bénéficié du plus de temps de jeu. Il sera hélas privé de la cerise sur le gâteau : une carte jaune pour un tacle trop appuyé sur le Beerschotman Tosin Dosunmu, le forcera à renoncer à la finale de la Coupe de Belgique contre La Gantoise. Le longiligne Magyar, qui a dû faire son deuil aussi, entre-temps, d'un troisième sacre d'affilée avec le RSCA, entend toutefois tout mettre en £uvre pour clôturer le championnat dans la foulée du Standard. Question de goûter une fois encore aux préliminaires de la Ligue des Champions... Tout à fait. Quand on parvient à s'imposer sans concéder la moindre défaite, comme le Standard l'a fait, il faut reconnaître la supériorité des Liégeois. Les hommes de Michel Preud'homme auront été d'une grande régularité. La concurrence ne peut malheureusement pas en dire autant : le Club Bruges a fait la course en tête avant de s'effondrer de manière spectaculaire après sa défaite face aux Rouches. Quant à Anderlecht, il n'a passé la surmultipliée qu'au deuxième tour. Trop tard pour briguer la première place. C'est déjà tout un exploit d'avoir remonté cinq équipes, car à un moment donné nous étions quand même 7es à 13 points des Bleu et Noir. J'avoue qu'à cette époque, j'ai eu mes doutes pour notre pérennité européenne. Finalement, tout est bien qui finit bien. Je savais que je devais me tenir sur mes gardes mais je me suis fait piéger. A l'image de Mbark Boussoufa chez nous, Dosunmu a une vitesse de jambes incroyable. Au moment où l'on croit pouvoir exécuter un tacle, le Nigérian a cette faculté de faire revenir son pied comme un éclair, de manière à forcer le contact. Après ma première intervention fautive, je m'étais juré qu'il ne me posséderait plus. Mais dix minutes plus tard, le mal était fait. Si les deux accrochages avaient été plus espacés le referee, Jérôme Efong Nzolo, n'aurait pas brandi la carte jaune. Toutefois, il n'avait pas le choix et sa sanction ne se discute pas. C'est dommage, car une finale de Coupe ne se refuse pas. D'autant plus que dans le cadre de cette compétition, le Sporting n'avait plus été gâté depuis très longtemps. Tant pis, mieux vaut être qualifié sans moi qu'être privé de finale avec moi. Même si c'est râlant. J'ai été champion autrefois avec le MTK Budapest, tout comme je l'ai été déjà avec le RSCA. Mais jamais encore, je n'ai remporté de coupe nationale. Si j'y arrive cette année, ce sera par procuration. Et cela me laisse un goût amer. Oui. Durant mes deux premières campagnes, j'avais chaque fois subi un coup d'arrêt sous la forme d'une fracture du pied. Cette fois, les sorcières ne se sont plus acharnées et j'ai pu disputer un championnat régulier. Une autre raison de cette stabilité, c'est que je me sens nettement mieux imbriqué qu'à mes débuts. Mon problème, à l'époque, c'est que je ne maîtrisais que le hongrois et il y avait des moments où j'étais vraiment désemparé. C'est de l'histoire ancienne. Grâce à Luc Spaepen, professeur de langues au Sporting, je me suis mis à l'apprentissage de l'anglais, que je maîtrise suffisamment. Ce qui est important puisque toute la défense centrale se débrouille plutôt bien en anglais aussi. A l'instar de Nicolas Pareja, Mark De Man, et Jelle Van Damme. Hannu Tihinen s'érigeait en guide avec à ses côtés de très jeunes éléments comme Anthony Vanden Borre, Vincent Kompany et Olivier Deschacht. Et mine de rien, le Sporting a une assise défensive toujours très jeune aujourd'hui, puisque j'ai 25 ans à peine, tout comme Mark De Man, et Nicolas Pareja et Jelle Van Damme 24. Seul Olivier Deschacht a 27 ans. Je m'entendais à merveille avec Hannu, mais le Finnois et le Hongrois sont des langues apparentées au groupe finno-ougrien. Parfois, il nous arrivait de nous comprendre en maniant nos idiomes respectifs. Aussi, les éclats de rire étaient garantis car il avait un humour décapant. Compte tenu des problèmes que j'avais eus à mes débuts, il m'avait d'ailleurs dit un beau jour : -C'est bon que tu te casses parfois le pied car tu casses déjà suffisamment les miens ( il rit). Hannu était très important dans le vestiaire et sur le terrain, où il faisait office de véritable patron. Il n'avait pas son pareil pour coacher les autres tout en livrant des prestations irréprochables. C'était un leader naturel. D'ici un an ou deux, nous aurons suffisamment de planches pour commander à notre tour. Personnellement, j'ai le sentiment d'avoir déjà pris du galon. Je ne suis sûrement plus le garçon timide et effacé de mes débuts. Au contraire, je me suis aguerri. J'ai pris de l'étoffe, même s'il y a encore moyen de faire mieux. Oh non, pas du tout. Je connais ma place. Je mesure comme nul autre que le public ne vient pas au stade pour moi mais pour des artistes de la trempe de ceux que vous venez de citer. Ce qu'il y a toutefois de merveilleux dans le monde du football, et dans d'autres disciplines sportives également, c'est que ces stars ne peuvent pas fonctionner sans porteurs d'eau. Et je suis heureux d'en faire partie. Je crois aussi que le public m'apprécie, même si je n'ai pas la même cote que d'autres. En tout cas, je me souviendrai à jamais de la manière dont il a scandé mon nom, au Parc Astrid, il y a un an. Je venais à l'époque de perdre mon père mais sitôt passées les funérailles, j'avais insisté pour tenir ma place. Tous ces encouragements du public et tout ce soutien des gens dans la rue ou dans les magasins sont des événements que je n'oublierai jamais. D'ailleurs, quand la direction, par le biais d'Herman Van Holsbeeck, m'a proposé de rempiler, je me suis empressé de m'exécuter jusqu'en 2011. Je me sens vraiment très bien au Sporting et ma copine adore comme moi la capitale de l'Europe. Pourquoi, dans ces conditions, chercher midi à quatorze heures ? Je vois deux explications. La première a trait à l'accumulation des matches au premier tour. Durant cette période, nous vivions des " semaines anglaises " avec trois matches en huit jours, compte tenu de notre implication européenne. Je sais : en principe ça ne devrait pas avoir la moindre incidence sur notre parcours mais la réalité est là. Pendant le premier volet de la compétition, nous n'avons réussi qu'à épingler une seule victoire après une confrontation européenne : à Mouscron. C'est évidemment beaucoup trop peu pour un candidat au titre : nous laissons pas mal d'influx nerveux dans ces joutes. Ce qui explique bon nombre de points perdus, faute de concentration. C'était le cas lors de notre 2-2 à Dender ou, quelques semaines plus tard, lors de notre partage, sur le même score, face à Zulte Waregem. A deux reprises, nous avions mené au score ces fois-là avant de nous faire rejoindre. Au deuxième round, avec un seul rendez-vous européen, face au Bayern Munich, nous n'avons plus gaspillé les points. Deuxième explication : notre manière de jouer depuis qu'Ariel Jacobs a pris la relève de Frankie Vercauteren. Avec le nouvel entraîneur, le mot d'ordre est de presser l'adversaire dans ses bases, nous jouons beaucoup plus haut. Nous sommes nettement plus présents dans le camp adverse et tenons l'adversaire à distance respectable de notre propre but. Avec, corollairement, plus de buts marqués et moins d'encaissés. Nous jouons à présent comme un candidat-champion devrait toujours le faire. Avec l'entraîneur précédent, nous étions trop attentistes. Il y avait vraiment une hantise de jouer trop haut. J'espère qu'Ariel Jacobs rempilera et que nous pourrons poursuivre sur notre lancée. Je suis très heureux à Anderlecht, où j'ai l'opportunité de jouer les premiers rôles en championnat chaque année, tout en ayant l'occasion de disputer dans le même temps la Ligue des Champions ou la Coupe de l'UEFA. Cette constance-là est très importante. En Russie, j'aurais peut-être l'occasion de cartonner pendant un an, comme l'a fait le Zénith Saint-Pétersbourg cette année. Mais rien ne dit que ce club s'inscrira dans la durée. Je m'en méfie. En tant que championnat, la Russie n'est pas ma tasse de thé. Si je pars un jour, c'est à destination de l'Angleterre ou de l'Allemagne. J'ai toujours été soumis à forte concurrence. A un moment donné, nous étions huit pour deux places dans l'axe de la défense. Tout ça ne m'a pas empêché de me faire une petite place au soleil. Et je n'entends pas la céder de sitôt. par bruno govers