C'était il y a quasiment trois ans, le 7 octobre 2012. Au volant de son SUV, Jonathan Legear emboutissait la superette d'une station-service de Tongres. La scène avait été filmée par les caméras de surveillance et créait évidemment un buzz dont le principal intéressé se serait bien passé. D'autant que des sorties de route en tous genres, souvent anecdotiques et parfois plus sérieuses, l'ex-international en a connu quelques-unes depuis le début de sa carrière. Mais depuis ce 7 octobre 2012, qui n'a heureusement pas connu de conséquences dramatiques, le joueur du Standard semble être rangé des mécaniques. Certes le nom " Legear " continue par intermittence d'arroser la presse à sensation mais sans qu'elle n'ait de matière explosive à se mettre sous la dent. Jonathan Legear serait-il devenu un joueur comme les autres ? Certainement pas. La dernière affaire de présumée corruption qui a secoué Sclessin (voir cadre) le prouve. Sur un noyau de " 50 joueurs sous contrat " dixit le président Bruno Venanzi, c'est le nom de Legear qui fut balancé par les journaux du groupe Sudpresse aux côtés de celui José Riga dont la résonnance médiatique n'a pas eu le même effet. Tout ça sans évidemment agiter le drapeau de la présomption d'innocence. La réaction du joueur et de son entourage ne s'est pas fait attendre par le biais d'un communiqué qui expliquait vouloir attaquer pour diffamation l'organe de presse. " Mon image est salie. Ma famille, mon fils, ma femme... Tout le monde est éclaboussé par ces accusations scandaleuses et sans fondements. J'exige des excuses de Sudpresse mais je ne vais pas en rester là. ". Les avocats de Jonathan Legear ont aujourd'hui pris le relais et une plainte devrait être déposée dans les jours qui viennent.
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C'était il y a quasiment trois ans, le 7 octobre 2012. Au volant de son SUV, Jonathan Legear emboutissait la superette d'une station-service de Tongres. La scène avait été filmée par les caméras de surveillance et créait évidemment un buzz dont le principal intéressé se serait bien passé. D'autant que des sorties de route en tous genres, souvent anecdotiques et parfois plus sérieuses, l'ex-international en a connu quelques-unes depuis le début de sa carrière. Mais depuis ce 7 octobre 2012, qui n'a heureusement pas connu de conséquences dramatiques, le joueur du Standard semble être rangé des mécaniques. Certes le nom " Legear " continue par intermittence d'arroser la presse à sensation mais sans qu'elle n'ait de matière explosive à se mettre sous la dent. Jonathan Legear serait-il devenu un joueur comme les autres ? Certainement pas. La dernière affaire de présumée corruption qui a secoué Sclessin (voir cadre) le prouve. Sur un noyau de " 50 joueurs sous contrat " dixit le président Bruno Venanzi, c'est le nom de Legear qui fut balancé par les journaux du groupe Sudpresse aux côtés de celui José Riga dont la résonnance médiatique n'a pas eu le même effet. Tout ça sans évidemment agiter le drapeau de la présomption d'innocence. La réaction du joueur et de son entourage ne s'est pas fait attendre par le biais d'un communiqué qui expliquait vouloir attaquer pour diffamation l'organe de presse. " Mon image est salie. Ma famille, mon fils, ma femme... Tout le monde est éclaboussé par ces accusations scandaleuses et sans fondements. J'exige des excuses de Sudpresse mais je ne vais pas en rester là. ". Les avocats de Jonathan Legear ont aujourd'hui pris le relais et une plainte devrait être déposée dans les jours qui viennent. Mais derrière cette nouvelle affaire Legear, il y a surtout une question que le joueur se pose : " Pourquoi toujours moi ? " Le célèbre why always me popularisé et affiché par Mario Balotelli, existe désormais dans sa version belge. Cette popularité médiatique en est même fascinante et intrigante pour quelqu'un qui, depuis trois ans, a quasiment disparu des radars purement sportifs. Le contraste est même saisissant entre ses performances et le personnage public On le pensait d'ailleurs revenu au premier plan ou du moins sur une pente ascendante après plusieurs apparitions encourageantes en play-offs l'an dernier sous l'égide de José Riga. C'est déjà ce dernier qui lui avait tendu une première fois la main à Blackpool avant de se faire licencier trois jours après l'arrivée de Legear dont le passage au sein de ce club de Championship sera des plus furtifs puisqu'il sera directement envoyé dans le noyau B. La porte de sortie aura pour nom Duchâtelet, Roderick d'abord, qui lui propose de rejoindre son club d'Ujpest avant d'être réorienté par le paternel, mais aussi par le duo Venanzi-Lawarée, vers le club phare de la galaxie Duchâtelet vers la fin du mois de janvier. Legear intègre le " club de son coeur " avec à la clef un contrat modeste de 3250 euros brut par mois qui doit être revalorisé six mois plus tard en cas de satisfecit. L'arrivée de Legear coïncide aussi quasiment jour pour jour avec celle toute aussi surprenante de José Riga en remplacement d'Ivan Vukomanovic. Les trois apparitions en play-offs, paraphées par un but à Courtrai, suffisent à entrevoir plus qu'une lueur d'espoir de relance dans une carrière bien embourbée depuis son départ pour la Russie. Et pourtant des tensions naissent autour de la revalorisation de son contrat. La presse écrit même que Legear est prêt à rompre son contrat pour tenter une nouvelle aventure (Le New York Red Bulls était alors intéressé). Axel Lawarée s'étonne : " On ne comprend pas cette réaction. Comment un joueur qui revient de nulle part et n'a pas joué un seul match de nonante minutes peut-il avoir des exigences ? Il a même été blessé après avoir disputé vingt minutes (NDLR, contre Anderlecht). On lui a offert une dernière chance et voilà comment il nous remercie. " Finalement, tout rentre dans l'ordre, Roland Duchâtelet, président pour encore quelques jours, respecte ses engagements et revalorise un contrat à hauteur de 400.000 euros/brut. Mais quelque chose est cassé entre le joueur et sa future nouvelle direction. Pourtant, la préparation est encourageante. Le nouveau coach, Slavo Muslin, porte un regard positif sur un joueur qui revient de très loin. La direction espère même surfer sur son retour au premier plan et n'hésite pas à associer Legear aux côtés de Santini (alors Le transfert du mercato), Thuram et de Sart pour présenter les nouveaux maillots 2015-2016. La suite sera plus chaotique à l'image du début de saison du Standard et ses indéfectibles blessures musculaires le rattrapent rapidement. Si le rendement est décevant, personne ne se plaint, au contraire, du comportement du joueur. " Il est toujours très sympa avec tout le monde et très facile à vivre ", raconte un membre du club. " Mais il est devenu le bouc émissaire idéal. Ça se lit sur son visage, on a parfois l'impression d'avoir affaire à un boxeur qui a pris pas mal de coups. " Legear a beau s'en défendre, il n'est évidemment pas insensible à ce qu'il juge être une chasse à l'homme de la part de la presse. " Dans ma vie, j'ai commis des erreurs que j'ai assumées. Ici, je n'en ai pas commises. Mais on m'attaque quand même. Cela touche ma famille. Les moqueries reviennent ", pouvait-on lire dans une interview donnée à la DH. Si le joueur assure ne pas souffrir de ces attaques, ses parents ne digèrent pas cette nouvelle cabale médiatique. Lors d'un entretien donné à Sport/Foot Magazine en février dernier, Legear clamait " avoir suffisamment payé " (un titre qui peut prêter à rire aujourd'hui et que certains jugeront prophétique). Six mois plus, Legear continue à traîner sa réputation. Celle d'un bon client passé de joueur de foot à bête de foire. " L'action en justice qui sera entamée a essentiellement pour but de montrer à Sudpresse où se situent les limites à sa liberté d'expression, limites que ce journal a déjà trop souvent dépassées à l'égard de notre client ", précisent Hakim Haouideg et Stijn Debaene, avocats au sein du cabinet Fieldfisher qui se chargent du dossier. " On peut en effet se demander pourquoi Sudpresse s'attaque systématiquement à Jonathan. " En un peu plus d'un an, malgré une actualité sportive peu emballante, les manchettes de journaux le concernant n'ont pas manqué : " Legear abandonnant son grand-père mourant ", " Legear moqué lors de sa présentation à Blackpool écharpe tendue avec quelques kilos en trop ", " Legear qui ne s'est pas excusé auprès de la victime de l'accident à Tongres " ou " Legear qui se recycle dans un fast-food de poulet " sont autant de titres parfois diffamants (concernant le grand-père par exemple) ou dont on peut douter de la pertinence. Certes, le joueur a souvent fait preuve de naïveté, et a parfois donné le bâton pour se faire battre à travers quelques déclarations devenues cultes pour la Belgique du foot " Là-bas (ndlr,en parlant de la Biélorussie), c'est le Moyen-Age " ou en menant une hygiène de vie loin d'être professionnelle. " Avant je buvais plusieurs cocas par jour, je bouffais tous les soirs au resto, je me couchais tard. Je n'ai pas vécu comme un pro. " Si ce qui lui est arrivé " est bien fait pour (ma) gueule ", assure-t-il, le Liégeois prétend être aujourd'hui " droit dans ses bottes ", et que son " comportement est exemplaire ". Si sportivement, on est très loin des cimes, l'homme continue à fasciner et à entretenir toute une série de fantasmes même au nord du pays. Un journaliste d'info générale issu d'un grand quotidien flamand a même avancé l'argumentaire suivant. Jonathan n'a rien à voir avec cette histoire de corruption. Mais c'est bien la mafia tchétchène qui a menacé Riga afin que Jonathan soit augmenté. Legear aurait eu un fils illégitime avec une femme qui travaille au club de Grozny et dont la famille ferait partie de la mafia. Et le journaliste d'assurer qu'il a tout vérifié et que l'histoire est cohérente de A à Z. Faut quand même une bonne dose d'imagination. Le joueur semble bel et bien avoir changé depuis qu'il est père du petit Joshua (âgé de deux ans et demi). Ses amis nous le confirment. " Il prend le taxi dès qu'il s'autorise à prendre un verre. Il fait tout afin d'éviter la moindre polémique qui pourrait lui tomber dessus. Il en est presque devenu parano. Avec lui, c'est le risque zéro désormais. " Sa femme, elle, est à l'opposé des bimbos que l'on peut croiser aux bras de nombreux footballeurs et pourtant, l'homme continue à être présenté comme un parfait débile. Rappelez-vous cette séquence où " Kiki l'innocent " débarquait en trottinette singeant Legear puis se plantant misérablement sur le plateau de la Tribune. Tout en n'oubliant pas de se moquer grossièrement de son " zozotement " qui reste un handicap physique jusqu'à preuve du contraire. " Tout est lié à sa dyslalie qui le rendrait aux yeux de certains moins intelligent ", assure Olivier Guilbaud qui s'occupe de l'encadrement et de la communication du joueur. " Mais le pire dans tout ça, c'est quand on l'attaque sur cet handicap. " Autre rumeur qui perdure, Legear serait sans le sou. Vérification faite, le flambeur des jeunes années en mauve a bien changé et aurait, au contraire, les reins solides. L'exil en Tchétchénie lui aura au moins permis de réaliser de nombreux investissements dans l'immobilier. " Il sait dans quel quartier investir, il est sur immoweb tous les jours depuis plusieurs années. Il conseille même d'autres personnes sur le sujet ", raconte un proche. La priorité reste toutefois le foot même s'ils sont de moins en moins nombreux à croire en un come-back définitif. Les sprints à répétition ont abîmé la mécanique et ont fait surchauffer le moteur qui peine à tenir la distance. Des blessures qui le bloquent. Alors que d'autres joueurs se bourrent d'infiltrations ou évoluent sous la douleur, Legear en est incapable. A l'image d'un Tom De Mul, dont le profil est similaire, qui ne montait sur le terrain que s'il était à 100 %. Aujourd'hui, Legear est toujours un joueur du Standard. Son président, qui l'évite alors que leurs regards se croisent quasi quotidiennement à l'académie, ne l'a toujours pas innocenté. L'affaire est désormais entre les mains de la justice. Legear, lui, aimerait " simplement redevenir un joueur normal ". Est-ce encore envisageable ??PAR THOMAS BRICMONT - PHOTO KRIS VAN EXEL/ IMAGEDESK" Legear rentre en taxi dès qu'il s'autorise à prendre un verre. " UN PROCHE