Son histoire avec Bruges semblait s'être terminée. Deux matches de Ligue des Champions rendus anecdotiques par le 0/12 de début de campagne, et c'était déjà tout pour la dernière saison de Brandon Mechele sous les ordres de Michel Preud'homme. Le titre du Club s'était dessiné sans lui, devenu dernière roue du carrosse défensif brugeois derrière Bjorn Engels, Stefano Denswil et Benoît Poulain. La suite s'écrit donc à Saint-Trond, à partir du mois de janvier dernier. C'est là que le défenseur brugeois croise la route d'Ivan Leko.
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Son histoire avec Bruges semblait s'être terminée. Deux matches de Ligue des Champions rendus anecdotiques par le 0/12 de début de campagne, et c'était déjà tout pour la dernière saison de Brandon Mechele sous les ordres de Michel Preud'homme. Le titre du Club s'était dessiné sans lui, devenu dernière roue du carrosse défensif brugeois derrière Bjorn Engels, Stefano Denswil et Benoît Poulain. La suite s'écrit donc à Saint-Trond, à partir du mois de janvier dernier. C'est là que le défenseur brugeois croise la route d'Ivan Leko. Rapidement devenu incontournable au Stayen, Mechele revient à Bruges en même temps que son coach croate, qui en fait directement une valeur sûre. Brandon est sur la pelouse au coup d'envoi de chaque match officiel, et ne la quitte jamais avant le coup de sifflet final. Pourtant, ses premières sorties, sur le côté droit du trio défensif brugeois, se déroulent avec plus de doutes que de sourires. Placé sur le côté fort du 3-4-3 des Gazelles, où se côtoient Ruud Vormer et Lior Refaelov, il doit souvent franchir la ligne médiane pour créer les premiers décalages, afin de mettre l'Israélien en bonne position dans les trente derniers mètres adverses. Mais sa qualité de relance, trop faible, est exposée, et coûte cher à l'installation du jeu brugeois. Une carence qui saute plus aux yeux que son jeu défensif, toujours excellent mais moins télégénique. On se dit alors que Mechele joue surtout parce qu'il est le seul joueur du noyau à maîtriser le " système Leko ", qui semble si difficile à assimiler pour ses coéquipiers. Une fois sa ligne arrière stabilisée par la fin du mercato, après le départ de Bjorn Engels et l'arrivée de Saulo Decarli, Leko installe pourtant Mechele au centre de sa défense à trois. Les trios défensifs les plus populaires des dernières saisons ont pourtant pris l'habitude de placer leur meilleur relanceur au coeur de la ligne arrière. Antonio Conte, à l'origine du retour des systèmes à trois défenseurs au plus haut niveau,y a ainsi installé Leonardo Bonucci à Turin, avant d'en faire de même avec David Luiz à Londres. Des arrières plutôt que des défenseurs, qui avaient besoin d'une double sécurité autour d'eux pour gommer leurs quelques errances hebdomadaires. Mechele, c'est tout le contraire. Moins impliqué à la base des offensives, le Brugeois devient le principal recours défensif des Blauw en Zwart, une ceinture de sécurité derrière les manoeuvres parfois audacieuses de Marvelous Nakamba, encore trop aventureux pour faire office d'unique milieu défensif devant une défense classique. Mechele assure donc les arrières brugeoises, grâce à sa lecture du jeu au-dessus de la moyenne qui fait de lui l'un des meilleurs défenseurs du championnat quand il n'a pas le ballon au pied. Ses anticipations sont toujours inspirées, son placement offre une couverture intéressante au défenseur d'impact qu'est Stefano Denswil et ses duels en un-contre-un se concluent presque toujours victorieusement. Dans l'anonymat d'un style qui n'attire pas les caméras, parce que l'attaquant adverse le réduit à un second rôle, même s'il gagne toujours à la fin. Mais les chiffres parlent pour lui : Bruges n'a encaissé que six fois depuis le coup d'envoi de la saison, et trône largement en tête du classement des meilleures défenses. Guillaume Gautier