Un Topper se joue souvent sur quelques détails, et l'absence de dernière minute d'un titulaire d'un côté peut faire pencher la balance de l'autre. Surtout quand, à Bruges, le titulaire en question s'appelle Anthony Limbombe.
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Un Topper se joue souvent sur quelques détails, et l'absence de dernière minute d'un titulaire d'un côté peut faire pencher la balance de l'autre. Surtout quand, à Bruges, le titulaire en question s'appelle Anthony Limbombe. Il y a plusieurs manière d'affronter les Blauw en Zwart : un pressing haut peut les priver de qualité à la relance, mais laisse alors la défense sous la menace constante des appels en profondeur d' Abdoulay Diaby, toujours plus dangereux quand il appelle le ballon à quarante mètres du but qu'à vingt-cinq. L'alternative est donc d'attendre Bruges plus bas, de fermer les espaces dans le dos de la défense pour se recroqueviller dans sa moitié de terrain. Là, quand les zones de jeu sont tellement réduites qu'elles se transforment presque en marquage individuel, le Club a besoin de dribbles pour marquer les différences que ses passes ne sont plus en mesure de réaliser. Et à Bruges, qui dit dribble dit Limbombe. L'avantage du nouveau Diable Rouge, c'est qu'il mêle une technique hors du commun à un énorme volume physique, qui lui permet d'être irréprochable défensivement la plupart du temps dans un rôle pourtant spécifique, toujours entre deux chaises. À l'opposé, Dion Cools, souvent pris à défaut cette saison sur les buts encaissés par les Brugeois, ne peut pas en dire autant. Confronté à l'absence de Limbombe, Ivan Leko a donc choisi de faire confiance à Krepin Diatta, bonne surprise du début des play-offs. Encore loin d'être au point tactiquement, le Sénégalais est un joueur particulièrement déroutant et imprévisible. Le genre de profil qui, dans les rencontres fermées des play-offs 1, peut faire basculer la rencontre en un instant. Mais face à Andy Najar, Diatta a rarement pu faire la différence. Bruges paie cher son manque de qualités individuelles dans le dribble et le débordement. C'est la clé dans des matches fermés. En prenant presque systématiquement le meilleur sur l'arrière droit adverse, Limbombe permet de déstabiliser la défense avant de tenter une frappe ou de délivrer un centre, dans un rectangle peuplé de nombreux Brugeois. Sur l'autre aile, Cools a plus souvent tendance à centrer de loin et à l'arrêt, comme s'il tirait un coup franc de plein jeu. Il n'a délivré que quatre passes décisives lors de la phase classique, contre six pour Limbombe. Le Club a enfin retrouvé un flanc gauche dangereux quand Emmanuel Dennis s'y est installé. D'autant plus que Diatta est actuellement plus à l'aise à droite. À peine monté au jeu, le Nigérian a provoqué Najar, dynamité le flanc et, avec un peu plus de lucidité dans les vingt derniers mètres, il aurait pu faire basculer la rencontre. De là à l'imaginer commencer le match à la place de Limbombe, il y a un pas encore difficile à franchir. Imprévisible dans tous les sens du terme, y compris les mauvais, Dennis manque de fiabilité défensive, de concentration permanente et d'implication collective pour remplir ce rôle délicat pendant nonante minutes. Pendant ce temps, Anderlecht a mis le feu sur son aile gauche grâce aux raids insaisissables de Lazar Markovic, homme décisif des deux Toppers de ces play-offs, où il semblait au-dessus de la mêlée à chacune de ses prises de balle. Sa vitesse et ses dribbles ont fait souffrir Bruges. Et de leur côté, les Blauw en Zwart n'avaient personne pour en faire autant.