Le Standard a débuté son mercato en mettant le grappin sur deux joueurs japonais inconnus : Kensuke Nagai et Yuji Ono. Le premier est un attaquant rapide de 23 ans, qui évoluait à Nagoya Grampus Eight. Détecté par Roger Henrotay lors des Jeux olympiques, il a été renseigné au Standard au mois d'août. " Un contact japonais m'avait dit de regarder cet attaquant japonais qui arrivait en fin de contrat en décembre ", explique Henrotay. " Contre l'Espagne, il m'avait fait forte impression, face à une sélection qui comprenait quand même des Juan Mata, Jordi Alba ou Isco. Tout seul devant, il avait réalisé un match épique. J'ai donc suivi ses autres rencontres et j'ai alerté Jean-François de Sart. "
...

Le Standard a débuté son mercato en mettant le grappin sur deux joueurs japonais inconnus : Kensuke Nagai et Yuji Ono. Le premier est un attaquant rapide de 23 ans, qui évoluait à Nagoya Grampus Eight. Détecté par Roger Henrotay lors des Jeux olympiques, il a été renseigné au Standard au mois d'août. " Un contact japonais m'avait dit de regarder cet attaquant japonais qui arrivait en fin de contrat en décembre ", explique Henrotay. " Contre l'Espagne, il m'avait fait forte impression, face à une sélection qui comprenait quand même des Juan Mata, Jordi Alba ou Isco. Tout seul devant, il avait réalisé un match épique. J'ai donc suivi ses autres rencontres et j'ai alerté Jean-François de Sart. " Dans ce deal, le Standard a finalement perdu six mois et peut-être 800.000 euros. En fin de contrat en décembre, le joueur a entre-temps resigné un contrat avec son club japonais. Alors que le Standard aurait pu l'avoir gratuitement, il a dû finalement se résigner à payer un prix de transfert. La faute à un jeu d'agents. Finalement, c'est un agent espagnol qui a conclu le deal. " Il est rapide, technique, dispose d'une intelligence de jeu et il fait preuve d'une combativité hors du commun ", ajoute Henrotay. " C'est un guerrier et un travailleur qui ne cesse de faire des appels en profondeur. " Ono (20 ans) vient, lui, de Yokohama Marinos et fut un des plus jeunes joueurs de J-League (il a débuté à 17 ans). Arrivé par le même agent espagnol, Ono est un médian offensif, technique avec une belle qualité de centre. " Au Japon, personne ne s'intéresse au Standard ", explique Mariko Matsue, journaliste au Kyodo News Service et qui suit tous les matches des Liégeois, " Tous les regards se portent davantage sur la Bundesliga pour voir les exploits d'Atsuto Uchida (Schalke), Makoto Hasebe (Wolfsbourg) ou Takashi Usami (Hoffenheim). Le Standard sait très bien qu'il ne pourra pas concurrencer le championnat allemand mais, par contre, le club pourrait servir de première étape pour les joueurs japonais qui rêvent de jouer à l'étranger. Ono et Nagai sont jeunes et au Standard, on va leur laisser le temps de s'adapter. Je pense également qu'ils profitent de l'effet Kawashima. Sans lui, ils n'auraient jamais abouti à Liège. Comme on peut dire que sans lui, le Standard ne se serait sans doute jamais penché sur le marché japonais. Il a servi de détonateur. " On remarque une augmentation des joueurs japonais dans les compétitions européennes. Ils ont gommé leur retard (surtout physique) et ont toujours présenté une bonne technique. Autre avantage : ils s'adaptent très vite et ne sont pas chers. " Ce sont des combattants, formés selon la méthode Coerver, qui ont souvent de la vitesse, de l'endurance et du mental ", résume Henrotay. Derrière l'intérêt de Roland Duchâtelet pour le Japon, on peut percevoir un intérêt commercial. De Sartl'a d'ailleurs admis lors de la présentation d'Ono : le Standard a désormais un oeil sur toute l'Asie. " Voulait-il parler de l'aspect commercial ou d'un marché potentiel encore inexploré de jeunes joueurs ? ", se demande Matsue. Cependant, il est illusoire de croire que le fan japonais va se jeter sur le maillot du Standard grâce aux arrivées d'Ono et de Nagai. La concurrence est trop vive. Le football allemand a une longueur d'avance (grâce à l'afflux de joueurs japonais) et le football britannique reste très prisé dans toute l'Asie. Le Standard est un nain, comparé à ces grandes écuries. Par contre, grâce à la présence de Japonais, le Standard va pouvoir attirer l'un ou l'autre sponsor. Grâce à leur ancien club, Ono est lié à Nissan et Nagai à Toyota. De là à voir les constructeurs automobiles nippons débarquer à Sclessin, il y a un pas mais des connexions pourraient avoir lieu. Par ces transferts, Duchâtelet, qui n'a jamais caché que le football allait l'aider à compléter son carnet d'adresses, renforce également son réseau japonais. Ce qui pourrait être tout bénéfice pour son holding, Elex, fortement implanté en Asie. Melexis, l'entreprise-mèrea en effet plus de bureaux en Asie (dont un au Japon) qu'en Europe. PAR STÉPHANE VANDE VELDEDuchâtelet renforce son réseau japonais. Ce qui pourrait être tout bénéfice pour son holding, Elex, fortement implanté en Asie.