Paulinho, Cédric Bakambu, Salomón Rondón, Fabio Cannavaro, Giovanni van Bronckhorst... La liste des joueurs et entraîneurs connus qui ont tourné le dos au championnat chinois ces derniers mois est impressionnante. Marouane Fellaini (34 ans, Shandong Luneng) et Oscar (trente ans, Shanghai Port, l'équipe d'Ivan Leko) en sont désormais les seules stars. Le Brésilien gagnerait encore quelque 450.000 euros par semaine. Mousa Dembélé (34 ans) figure toujours dans le noyau de Guangzhou City, mais ne joue pas beaucoup pour le moment.
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Paulinho, Cédric Bakambu, Salomón Rondón, Fabio Cannavaro, Giovanni van Bronckhorst... La liste des joueurs et entraîneurs connus qui ont tourné le dos au championnat chinois ces derniers mois est impressionnante. Marouane Fellaini (34 ans, Shandong Luneng) et Oscar (trente ans, Shanghai Port, l'équipe d'Ivan Leko) en sont désormais les seules stars. Le Brésilien gagnerait encore quelque 450.000 euros par semaine. Mousa Dembélé (34 ans) figure toujours dans le noyau de Guangzhou City, mais ne joue pas beaucoup pour le moment. L'exode de nombreux étrangers est dû à l'état alarmant du football chinois. Onze des seize clubs de première division ont du mal à payer les salaires de leurs joueurs. Les staffs techniques de deux clubs n'ont plus été payés depuis plus de six mois. Jiangsu Suning, le champion 2020, est tombé en faillite en début d'année. Guangzhou lutte pour sa survie, car Evergrande, le géant de l'immobilier qui a investi dans ce club, est lui-même en pleine tourmente, avec une dette de 226 milliards d'euros. Il a donc provisoirement gelé le projet mégalomaniaque de construire le plus grand stade du monde. La construction du Guangzhou Evergrande Soccer Stadium coûterait en effet 1,65 milliard d'euros. Elle a débuté en avril 2020 et devait en théorie être achevée fin 2022. Les autorités chinoises ont entre-temps repris le contrôle des travaux et tentent de sauver l'Evergrande Group de la faillite. Par contre, on ignore toujours ce qu'il va advenir du club, champion à huit reprises ces dix dernières années. On est donc très loin du rêve formulé par le président Xi Jinping en 2015: il voulait faire de la Chine une grande puissance du football et espérait que les clubs chinois rejoignent l'élite mondiale à moyen terme. On a donc aménagé des terrains de football partout dans le pays et attiré une foule d'entraîneurs venus de l'étranger. Les clubs chinois ont offert des salaires fabuleux aux meilleurs footballeurs du monde. Par exemple, on a proposé plus de nonante millions d'euros par an à Cristiano Ronaldo. De nombreuses entreprises chinoises, comme Evergrande et Suning, ont pris le train en marche et investi des sommes colossales dans des clubs de football. Les autorités chinoises ont toutefois imposé des règles pour éviter les excès. Par exemple, les noms de sociétés ne peuvent plus être repris dans le nom d'un club. Du coup, le sponsoring est devenu nettement moins attrayant pour de nombreuses firmes, qui ont fermé le robinet. Ajoutez-y la crise liée à la pandémie et vous obtenez le malaise qui dévaste actuellement la Super League chinoise. L'équipe nationale ne va pas beaucoup mieux. En août, le championnat a été interrompu afin de permettre aux internationaux de se concentrer sur leur qualification pour le Mondial, mais la Chine n'a grappillé que cinq points dans les six matches disputés ces derniers mois. À quatre matches de la fin, la qualification est devenue quasi impossible: six points séparent la Chine de la troisième place, qui donne accès aux barrages. L'Arabie Saoudite est en tête de la poule avec seize points, devant le Japon (douze) et l'Australie (onze). Les deux premiers sont directement qualifiés pour le Qatar 2022. La Super League chinoise a repris ses droits le week-end dernier après cette interruption exceptionnellement longue, mais l'état du football chinois ne s'est pas amélioré pour autant.