" La plupart des Syriens sont musulmans ", explique Sanharib Malki, mais nous -Araméens- sommes chrétiens. Il y a plus de 20 ans qu'un chrétien n'avait plus joué en équipe nationale. Cela m'a décidé : les chrétiens et les Araméens sont très fiers de moi ". Deux autres Araméens ont rejoint la sélection. Louai Chenko et Ilyas Merkes jouent en Suède, le premier à Hammarby IF et le second à Assyriska Föreningen. Ce dernier club, fondé par des Assyriens émigrés, regroupe les différentes souches de chrétiens syriens, et est en tête de la D2 suédoise. Son produi...

" La plupart des Syriens sont musulmans ", explique Sanharib Malki, mais nous -Araméens- sommes chrétiens. Il y a plus de 20 ans qu'un chrétien n'avait plus joué en équipe nationale. Cela m'a décidé : les chrétiens et les Araméens sont très fiers de moi ". Deux autres Araméens ont rejoint la sélection. Louai Chenko et Ilyas Merkes jouent en Suède, le premier à Hammarby IF et le second à Assyriska Föreningen. Ce dernier club, fondé par des Assyriens émigrés, regroupe les différentes souches de chrétiens syriens, et est en tête de la D2 suédoise. Son produit le plus connu est Kennedy Bakircioglü, qui évolue à l'Ajax depuis un an. Malki : " J'y ai passé un test quand j'étais à l'Union, surtout pour rendre visite à ma famille. Mes grands-parents maternels habitent à Göteborg et le frère aîné de mon père près de Stockholm. J'ai aussi de la famille en Allemagne, aux Pays-Bas et à New York ". Il a refusé de participer au Mondial officieux des pays non reconnus avec l'équipe araméenne il y a quelques mois. Il hésitait entre la Belgique et la Syrie. Le 16 mai dernier, il a assisté au match amical Syrie-Irak à Damas. C'était la première fois qu'il retournait dans son pays natal en 18 ans. Il a découvert le football syrien et y est resté trois jours avec son père et son oncle Konstantin. " 500 personnes m'attendaient à l'aéroport. Mon père et moi avons été fleuris mais c'était bizarre : je me sentais étranger. Les gens me considèrent comme tel, à ma coiffure, à mes vêtements. J'ai grandi en Belgique et parle à peine l'arabe. Je suis plus à l'aise en Belgique, où j'ai passé la plus grande partie de ma vie ". Malki a ensuite rejoint les Diables Rouges en stage à Malte : " Nous avons disputé un match amical, remporté 2-1. J'ai marqué. Je m'attendais à être repris contre l'Italie mais je n'étais que le 24e. Le sélectionneur ne comptait pas sur moi. Dommage car il a un problème offensif et je suis un des meilleurs attaquants belges. Si j'avais été repris, je serais international belge et pas syrien. J'étais prêt à faire banquette mais nul ne m'a téléphoné alors que la Syrie a insisté auprès de mon père. Elle me donne le sentiment de compter ". Fin mai, Malki est donc parti à Damas pour les matches de qualification pour le prochain Mondial. Le 2 juin contre le Koweït, la Syrie s'est imposée 1-0 sans lui : la fédération n'avait pas préparé ses papiers à temps. " Parce qu'il est chrétien... ", suppose son père Benibal. Des supporters de sa ville natale de Qamishli ont effectué pour rien le voyage de dix heures vers la capitale. Le 8 juin, au Koweït, défaite 4-2 pour les Syriens où Malki est entré au jeu à la 61e quand c'était 3-2. Le 14 juin, la Syrie a essuyé un nouveau revers contre l'Iran (0-2) et Malki a encore dû se satisfaire d'une entrée au jeu (à la 75e quand le score était acquis). Dimanche dernier, à Al Ain City contre les Emirats Arabes Unis, et malgré une victoire 1-3 (Malki a joué tout le match), la Syrie n'est pas parvenue à décrocher une des deux premières places de son groupe 5. Son chemin vers le Mondial s'est terminé...