Quand Albert Stuivenberg (46 ans) était l'adjoint de Louis van Gaal à Manchester United, il a croisé le chemin de Leo Beenhakker, qui l'avait entraîné en jeunes de Feyenoord. " Il se souvenait de moi ", dit-il.

Positivement ?

ALBERT STUIVENBERG : Mes deux frères ont neuf ans de plus que moi. J'ai donc dû m'imposer. Je suis rapidement devenu capitaine dans toutes les équipes d'âge. J'étais un leader. Assez têtu. Je me rappelle mes débuts en U14 néerlandais. Deux matches contre la Belgique. Bert van Lingen ne m'a pas titularisé pour le premier. Or, je jouais toujours à Feyenoord. Puis j'ai dû m'échauffer. Longtemps. J'ai signalé à l'entraîneur que j'étais prêt !

Un événement qui allait influencer la suite de votre carrière s'était déjà produit.

STUIVENBERG : À douze ans, j'ai participé à un voyage scolaire mais avant, je devais jouer en minimes avec Feyenoord contre le Sparta. Quand j'ai rejoint mes partenaires à la gare, il ne restait qu'une couchette au-dessus et je suis tombé en pleine nuit. Durant la chute, je suis resté prisonnier de mon sac de couchage et mon genou plié a heurté le sol. Le matin, il était gonflé. Mais personne n'avait l'air de trouver le problème grave. La musculature de mes jambes m'a permis de continuer à jouer pendant quatre ans mais en U16, contre le Sparta, je suis passé à travers mon genou.

Le soigneur a passé une éponge sur l'articulation avant de me laisser reprendre le match. Puis la douleur est revenue quand j'ai distillé un long ballon. En fait, mon ligament croisé postérieur était déchiré. Quand on ne le récupère pas assez tôt, il se disloque. En fait, je n'avais plus de ligament. On a greffé un morceau du tendon rotulien, déplacé un tendon latéral et retiré un morceau de ménisque. J'ai rejoué après une revalidation de 14 mois mais plus jamais sans douleur. J'ai entamé des études à Ovenveen, au centre national de formation des dirigeants sportifs, tout en jouant au HFC Haarlem puis à Telstar mais j'ai été recalé aux tests physiques quand j'ai voulu passer pro.

Ça a été dur à encaisser ?

STUIVENBERG : Comme une claque. Je n'étais pas moins bon que les autres, dont certains ont atteint l'élite absolue. Mon rêve a volé en éclats mais je me suis fixé un nouvel objectif : atteindre ces sommets au poste d'entraîneur.

" LES ÉMIRATS, C'EST UNE EXPÉRIENCE QUI M'A MARQUÉ "

À 21 ans, vous êtes devenu entraîneur des jeunes à Feyenoord.

STUIVENBERG : Au début, je restais trop le footballeur ambitieux qui voit des solutions sur le terrain alors que mes joueurs ne les distinguaient pas. J'ai appris que chacun était différent et je me suis demandé comment aider chacun à mieux appréhender les phases de jeu. Au fil des années, j'ai dirigé toutes les équipes de jeunes. À 30 ans, je suis devenu responsable de la formation et avant, j'ai occupé ce poste au RWDM, tout en étant l'adjoint d'Ariel Jacobs. J'ai découvert une autre culture en Belgique. J'ai dû apprendre à mordre sur ma chique au RDWM : être trop direct s'avérait néfaste.

Qu'avez-vous appris aux Émirats Arabes Unis, avec les U16 d'Al Jazira ?

STUIVENBERG : C'est l'expérience qui m'a le plus changé. J'avais l'habitude d'être très organisé, entouré de personnes ambitieuses. Là, je devais occuper les gens. Certains pesaient sept kilos de trop mais étaient quand même repris grâce à leurs relations. Au début, ça me rendait malade. Parfois, un joueur me prévenait la veille d'un match de son absence : on allait lui livrer un lave-linge, son père était absent et il fallait un homme à la maison. Une fois, alors que l'entraînement avait commencé depuis dix minutes, les joueurs se sont mis à prier sur le terrain. C'est pour ça qu'ils avaient emmené des essuies. Je me suis demandé que faire. Durant la deuxième saison, je me suis posé une question : allais-je continuer à me battre ou me concentrer sur ce que je pouvais améliorer ? Donc, quand un jeune m'annonçait son absence le lendemain, je répondais OK. Et... Il était là le lendemain. C'étaient des petits jeux, donc.

Ça a fait de vous un meilleur entraîneur ?

STUIVENBERG : Peu de choses m'échappent. C'est une qualité mais aussi un défaut. J'ai tendance à avoir un avis sur tout alors que parfois, il vaut mieux laisser aller. Après les Émirats, j'ai entraîné les U17 néerlandais et j'ai remarqué que j'étais plus calme, ce qui me permettait de procéder à une meilleure analyse, à poser les bons choix. Je n'ai plus entraîné selon ma seule vision mais en tenant compte de la situation. Parfois, il faut laisser son adjoint résoudre un problème, d'autres fois, il faut intervenir et dans d'autres moments, laisser passer.

" J'AI VOULU DONNER D'EMBLÉE UN SENS À NOTRE TRAVAIL "

En espoirs néerlandais, vous avez été confronté à des jeunes qui étaient proches de l'équipe A. Comment les avez-vous convaincus de se donner à fond pour vous ?

STUIVENBERG : Pour commencer, j'avais eu 95 % d'entre eux en U17, ce qui avait créé des liens. Ensuite, un sélectionneur doit entretenir de bonnes relations avec les clubs de ses joueurs car il les loue, en fait, et veut qu'ils fonctionnent le mieux possible ensemble, dans les plus brefs délais. Il a donc intérêt à avoir le plus d'informations possibles pour avoir un impact sur ces joueurs et ensuite, il doit donner un feed-back aux clubs. Mais ce n'est pas simple ici non plus, en Belgique. Je remarque que certains de mes joueurs sont requis dans leur équipe nationale sans qu'on me prévienne. J'ai pris l'initiative de discuter avec les sélectionneurs belges de U19 et des U21. J'ai également téléphoné au sélectionneur de Sander Berge. Sander a un programme très chargé et devait aller en Norvège ce mois-ci. Était-ce bon pour lui ? D'une part, jouer pour son équipe nationale est un honneur, je l'encourage. De l'autre, toutes les parties ont intérêt à mesurer la charge imposée au joueur. L'entraîneur norvégien était ouvert, comme les Belges. Mais ils n'ont pas l'habitude de prendre l'initiative de ce genre d'entretien. Quand le contact est bon, les clubs encouragent davantage leurs joueurs à se produire pour leur équipe nationale.

En espoirs, j'essayais que le groupe détermine lui-même ce qui était important. Je fais la même chose à Genk. Je demandais à mes joueurs quels étaient, selon eux, les critères pour être repris en espoirs. Ils me disaient notamment qu'ils devaient être en forme et avoir envie de jouer. L'effet est très différent de celui qu'obtient un sélectionneur en disant qu'il ne reprendra que ceux qui le veulent vraiment. Enfin, il y a toujours des jeunes qui sont vraiment à cheval entre les espoirs et l'équipe A. Quand le sélectionneur, qui était alors Louis van Gaal, jugeait qu'une sélection était prématurée pour un jeune et insistait sur l'intérêt de bonnes performances en espoirs, ça m'aidait, évidemment. Le sélectionneur principal doit encourager les jeunes. C'est pour ça que je viens de passer six samedis à l'académie des jeunes de Genk. Je trouve normal de me montrer, surtout compte tenu de la philosophie du club.

En janvier, vous avez déclaré que la saison de Genk serait réussie si vous gagniez la coupe, vous qualifiez pour les PO1 et passiez un tour de plus en Europe.

STUIVENBERG : Je voulais faire entrer ça dans la tête des joueurs. Il s'agissait de l'identité de l'équipe : que voulions-nous dégager pour que les gens aient envie de venir nous voir jouer ? Nous avons aussi discuté des objectifs en matière de prestations. Il fallait donner une direction à notre travail, un sens.

" GENK N'A JAMAIS ÉTÉ BALAYÉ SUR LE TERRAIN "

Mais en demi-finale, vous avez été éliminés par Ostende.

STUIVENBERG : Quand on se crée autant d'occasions pour n'en concrétiser qu'une seule... La qualité et la confiance jouent un rôle crucial devant le but. C'est peut-être un aspect sur lequel je n'ai pas encore eu assez d'impact. Évidemment, nous étions privés de toute notre attaque.

Pourquoi ne vous êtes-vous pas qualifiés pour les PO1 ?

STUIVENBERG : Nous avons pris trop peu de points en déplacement avant la trêve et depuis mon arrivée, nous avons laissé passer des chances réelles contre Malines et Charleroi.

Malines a neutralisé Alejandro Pozuelo : Laurens Paulussen a empêché votre plaque tournante de jouer.

STUIVENBERG : Il l'avait déjà fait avant le Nouvel-An et nous en avions parlé. Si nous n'avons pas trouvé de solution satisfaisante, c'est à cause de l'exécution, de la complicité entre certains joueurs. Pozuelo est toujours aux alentours du ballon mais si quelqu'un le couvre, notre Espagnol ne doit pas jouer du côté du ballon. S'il s'éloigne du ballon, de préférence vers le flanc, il dégage des espaces au milieu du terrain. C'est là que Leandro Trossard, entre autres, aurait dû pouvoir jouer. Il a essayé mais ça n'a pas marché. Nous avons aussi trouvé trop peu de solutions en arrière et en fin de partie, nous avons concédé un coup franc inutile, qui a permis à Malines de marquer.

Ce noyau est-il assez large et costaud pour lutter sur trois fronts ?

STUIVENBERG : Même des clubs qui possèdent un large noyau ont des problèmes, partout en Europe. Mon jeune groupe a souffert mais il a quand même été excellent. Nous avons eu peu de blessures et nous n'avons jamais été balayés sur le terrain.

Genk doit-il se fixer moins d'objectifs, à l'avenir ?

STUIVENBERG : Si on avait été éliminé dès la première confrontation européenne, on aurait disputé beaucoup moins de matches. Aurions-nous pour autant atteint les PO1 et la finale de la coupe ? Je n'en sais rien. Mais nous aurions eu plus de temps pour nous entraîner. Je regrette ce manque de temps mais quand vous êtes encore sur trois fronts en janvier, vous ne pouvez pas dire : je supprime ça ou ça. Un footballeur doit toujours viser le plus haut possible.

" SI VOUS ÊTES BONS ASSEZ, VOUS ÊTES VIEUX ASSEZ "

Quelles leçons le club doit-il tirer de cette saison ?

STUIVENBERG : Peu. Un club doit veiller à ce que son noyau soit aussi fort que possible en profondeur, en respectant son budget et sa philosophie. Nous y sommes plutôt bien parvenus.

Certains trouvent que Genk ne peut pas atteindre ses objectifs avec des jeunes.

STUIVENBERG : Ce que nous prenons en compte, c'est la qualité. C'est quoi, un jeune ? À Manchester United, il y a une inscription sur un mur : " Si vous êtes bons assez, vous êtes vieux assez. " Naturellement, chacun, au fil de sa carrière, acquiert de l'expérience. Ce fut mon cas au poste d'entraîneur aussi. Mais on ne dit quand même jamais que Genk ne veut pas engager de joueur de 28 ans ? Si nous avons le choix entre un garçon de 28 et un de 20, aux qualités comparables, nous prendrons toujours le plus jeune. C'est ça, notre philosophie.

Genk peut-il gagner l'Europa League ?

STUIVENBERG : Pourquoi pas ? Si nous nous appuyons sur nos points forts et que nous avons un brin de chance, nous pouvons aussi éliminer de grands clubs.

PAR KRISTOF DE RYCK - PHOTOS KOEN BAUTERS

" J'ai appris à mordre sur ma chique au RWDM. " - ALBERT STUIVENBERG

" Nous avons loupé le coche contre Malines et Charleroi. " - ALBERT STUIVENBERG

Quand Albert Stuivenberg (46 ans) était l'adjoint de Louis van Gaal à Manchester United, il a croisé le chemin de Leo Beenhakker, qui l'avait entraîné en jeunes de Feyenoord. " Il se souvenait de moi ", dit-il. ALBERT STUIVENBERG : Mes deux frères ont neuf ans de plus que moi. J'ai donc dû m'imposer. Je suis rapidement devenu capitaine dans toutes les équipes d'âge. J'étais un leader. Assez têtu. Je me rappelle mes débuts en U14 néerlandais. Deux matches contre la Belgique. Bert van Lingen ne m'a pas titularisé pour le premier. Or, je jouais toujours à Feyenoord. Puis j'ai dû m'échauffer. Longtemps. J'ai signalé à l'entraîneur que j'étais prêt ! STUIVENBERG : À douze ans, j'ai participé à un voyage scolaire mais avant, je devais jouer en minimes avec Feyenoord contre le Sparta. Quand j'ai rejoint mes partenaires à la gare, il ne restait qu'une couchette au-dessus et je suis tombé en pleine nuit. Durant la chute, je suis resté prisonnier de mon sac de couchage et mon genou plié a heurté le sol. Le matin, il était gonflé. Mais personne n'avait l'air de trouver le problème grave. La musculature de mes jambes m'a permis de continuer à jouer pendant quatre ans mais en U16, contre le Sparta, je suis passé à travers mon genou. Le soigneur a passé une éponge sur l'articulation avant de me laisser reprendre le match. Puis la douleur est revenue quand j'ai distillé un long ballon. En fait, mon ligament croisé postérieur était déchiré. Quand on ne le récupère pas assez tôt, il se disloque. En fait, je n'avais plus de ligament. On a greffé un morceau du tendon rotulien, déplacé un tendon latéral et retiré un morceau de ménisque. J'ai rejoué après une revalidation de 14 mois mais plus jamais sans douleur. J'ai entamé des études à Ovenveen, au centre national de formation des dirigeants sportifs, tout en jouant au HFC Haarlem puis à Telstar mais j'ai été recalé aux tests physiques quand j'ai voulu passer pro. STUIVENBERG : Comme une claque. Je n'étais pas moins bon que les autres, dont certains ont atteint l'élite absolue. Mon rêve a volé en éclats mais je me suis fixé un nouvel objectif : atteindre ces sommets au poste d'entraîneur. STUIVENBERG : Au début, je restais trop le footballeur ambitieux qui voit des solutions sur le terrain alors que mes joueurs ne les distinguaient pas. J'ai appris que chacun était différent et je me suis demandé comment aider chacun à mieux appréhender les phases de jeu. Au fil des années, j'ai dirigé toutes les équipes de jeunes. À 30 ans, je suis devenu responsable de la formation et avant, j'ai occupé ce poste au RWDM, tout en étant l'adjoint d'Ariel Jacobs. J'ai découvert une autre culture en Belgique. J'ai dû apprendre à mordre sur ma chique au RDWM : être trop direct s'avérait néfaste. STUIVENBERG : C'est l'expérience qui m'a le plus changé. J'avais l'habitude d'être très organisé, entouré de personnes ambitieuses. Là, je devais occuper les gens. Certains pesaient sept kilos de trop mais étaient quand même repris grâce à leurs relations. Au début, ça me rendait malade. Parfois, un joueur me prévenait la veille d'un match de son absence : on allait lui livrer un lave-linge, son père était absent et il fallait un homme à la maison. Une fois, alors que l'entraînement avait commencé depuis dix minutes, les joueurs se sont mis à prier sur le terrain. C'est pour ça qu'ils avaient emmené des essuies. Je me suis demandé que faire. Durant la deuxième saison, je me suis posé une question : allais-je continuer à me battre ou me concentrer sur ce que je pouvais améliorer ? Donc, quand un jeune m'annonçait son absence le lendemain, je répondais OK. Et... Il était là le lendemain. C'étaient des petits jeux, donc. STUIVENBERG : Peu de choses m'échappent. C'est une qualité mais aussi un défaut. J'ai tendance à avoir un avis sur tout alors que parfois, il vaut mieux laisser aller. Après les Émirats, j'ai entraîné les U17 néerlandais et j'ai remarqué que j'étais plus calme, ce qui me permettait de procéder à une meilleure analyse, à poser les bons choix. Je n'ai plus entraîné selon ma seule vision mais en tenant compte de la situation. Parfois, il faut laisser son adjoint résoudre un problème, d'autres fois, il faut intervenir et dans d'autres moments, laisser passer. STUIVENBERG : Pour commencer, j'avais eu 95 % d'entre eux en U17, ce qui avait créé des liens. Ensuite, un sélectionneur doit entretenir de bonnes relations avec les clubs de ses joueurs car il les loue, en fait, et veut qu'ils fonctionnent le mieux possible ensemble, dans les plus brefs délais. Il a donc intérêt à avoir le plus d'informations possibles pour avoir un impact sur ces joueurs et ensuite, il doit donner un feed-back aux clubs. Mais ce n'est pas simple ici non plus, en Belgique. Je remarque que certains de mes joueurs sont requis dans leur équipe nationale sans qu'on me prévienne. J'ai pris l'initiative de discuter avec les sélectionneurs belges de U19 et des U21. J'ai également téléphoné au sélectionneur de Sander Berge. Sander a un programme très chargé et devait aller en Norvège ce mois-ci. Était-ce bon pour lui ? D'une part, jouer pour son équipe nationale est un honneur, je l'encourage. De l'autre, toutes les parties ont intérêt à mesurer la charge imposée au joueur. L'entraîneur norvégien était ouvert, comme les Belges. Mais ils n'ont pas l'habitude de prendre l'initiative de ce genre d'entretien. Quand le contact est bon, les clubs encouragent davantage leurs joueurs à se produire pour leur équipe nationale. En espoirs, j'essayais que le groupe détermine lui-même ce qui était important. Je fais la même chose à Genk. Je demandais à mes joueurs quels étaient, selon eux, les critères pour être repris en espoirs. Ils me disaient notamment qu'ils devaient être en forme et avoir envie de jouer. L'effet est très différent de celui qu'obtient un sélectionneur en disant qu'il ne reprendra que ceux qui le veulent vraiment. Enfin, il y a toujours des jeunes qui sont vraiment à cheval entre les espoirs et l'équipe A. Quand le sélectionneur, qui était alors Louis van Gaal, jugeait qu'une sélection était prématurée pour un jeune et insistait sur l'intérêt de bonnes performances en espoirs, ça m'aidait, évidemment. Le sélectionneur principal doit encourager les jeunes. C'est pour ça que je viens de passer six samedis à l'académie des jeunes de Genk. Je trouve normal de me montrer, surtout compte tenu de la philosophie du club. STUIVENBERG : Je voulais faire entrer ça dans la tête des joueurs. Il s'agissait de l'identité de l'équipe : que voulions-nous dégager pour que les gens aient envie de venir nous voir jouer ? Nous avons aussi discuté des objectifs en matière de prestations. Il fallait donner une direction à notre travail, un sens. STUIVENBERG : Quand on se crée autant d'occasions pour n'en concrétiser qu'une seule... La qualité et la confiance jouent un rôle crucial devant le but. C'est peut-être un aspect sur lequel je n'ai pas encore eu assez d'impact. Évidemment, nous étions privés de toute notre attaque. STUIVENBERG : Nous avons pris trop peu de points en déplacement avant la trêve et depuis mon arrivée, nous avons laissé passer des chances réelles contre Malines et Charleroi. STUIVENBERG : Il l'avait déjà fait avant le Nouvel-An et nous en avions parlé. Si nous n'avons pas trouvé de solution satisfaisante, c'est à cause de l'exécution, de la complicité entre certains joueurs. Pozuelo est toujours aux alentours du ballon mais si quelqu'un le couvre, notre Espagnol ne doit pas jouer du côté du ballon. S'il s'éloigne du ballon, de préférence vers le flanc, il dégage des espaces au milieu du terrain. C'est là que Leandro Trossard, entre autres, aurait dû pouvoir jouer. Il a essayé mais ça n'a pas marché. Nous avons aussi trouvé trop peu de solutions en arrière et en fin de partie, nous avons concédé un coup franc inutile, qui a permis à Malines de marquer. STUIVENBERG : Même des clubs qui possèdent un large noyau ont des problèmes, partout en Europe. Mon jeune groupe a souffert mais il a quand même été excellent. Nous avons eu peu de blessures et nous n'avons jamais été balayés sur le terrain. STUIVENBERG : Si on avait été éliminé dès la première confrontation européenne, on aurait disputé beaucoup moins de matches. Aurions-nous pour autant atteint les PO1 et la finale de la coupe ? Je n'en sais rien. Mais nous aurions eu plus de temps pour nous entraîner. Je regrette ce manque de temps mais quand vous êtes encore sur trois fronts en janvier, vous ne pouvez pas dire : je supprime ça ou ça. Un footballeur doit toujours viser le plus haut possible. STUIVENBERG : Peu. Un club doit veiller à ce que son noyau soit aussi fort que possible en profondeur, en respectant son budget et sa philosophie. Nous y sommes plutôt bien parvenus. STUIVENBERG : Ce que nous prenons en compte, c'est la qualité. C'est quoi, un jeune ? À Manchester United, il y a une inscription sur un mur : " Si vous êtes bons assez, vous êtes vieux assez. " Naturellement, chacun, au fil de sa carrière, acquiert de l'expérience. Ce fut mon cas au poste d'entraîneur aussi. Mais on ne dit quand même jamais que Genk ne veut pas engager de joueur de 28 ans ? Si nous avons le choix entre un garçon de 28 et un de 20, aux qualités comparables, nous prendrons toujours le plus jeune. C'est ça, notre philosophie. STUIVENBERG : Pourquoi pas ? Si nous nous appuyons sur nos points forts et que nous avons un brin de chance, nous pouvons aussi éliminer de grands clubs. PAR KRISTOF DE RYCK - PHOTOS KOEN BAUTERS" J'ai appris à mordre sur ma chique au RWDM. " - ALBERT STUIVENBERG " Nous avons loupé le coche contre Malines et Charleroi. " - ALBERT STUIVENBERG