Comment se fait-il qu'Eupen regarde toujours derrière lui par crainte de la relégation, alors que pour la première fois de son histoire, le club visait une place parmi les dix premiers ? Parce que l'équipe a été complètement remaniée en l'espace de quelques mois et a perdu deux joueurs qui avaient eu une part importante dans le maintien : Luis Garcia a raccroché et la Belgique découvre maintenant l'ampleur du talent d' Hendrik Van Crombrugge.
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Comment se fait-il qu'Eupen regarde toujours derrière lui par crainte de la relégation, alors que pour la première fois de son histoire, le club visait une place parmi les dix premiers ? Parce que l'équipe a été complètement remaniée en l'espace de quelques mois et a perdu deux joueurs qui avaient eu une part importante dans le maintien : Luis Garcia a raccroché et la Belgique découvre maintenant l'ampleur du talent d' Hendrik Van Crombrugge. Fin décembre, il ne restait qu'un seul joueur de l'équipe qui avait achevé le championnat régulier l'année dernière : le capitaine Siebe Blondelle. Amine Lazare et Danijel Milicevic, entrés au jeu, n'ont refait surface qu'il y a quelques mois. Trois autres piliers de la saison passée ont disparu des écran radars ces derniers mois. Le rapide et travailleur avant japonais Yuta Toyokawa est rentré au pays, faute de temps de jeu. Le médian défensif Sulayman Marreh, qui jouait tout avec Claude Makélélé et était une des révélations de la saison dernière, n'avait plus de place depuis quelques mois et a rejoint La Gantoise. L'arrière gauche Silas Gnaka, un des derniers produits issus d'Aspire à Eupen, a perdu sa place au profit de Nils Schouterden, que le coach français avait écarté du noyau, mais qui est depuis devenu l'un des éléments les plus importants de l'équipe. Eupen a engagé 24 éléments cet été. Son noyau de 31 joueurs comporte 19 nationalités différentes. Une véritable Tour de Babel, même si quatre Belges sont alignés semaine après semaine. L'entraîneur Beñat San José est parvenu à rallier les joueurs à sa philosophie, contrairement à son prédécesseur, mais il a été un peu naïf en début de championnat et a déjà modifié sa tactique à quatre reprises. Il s'appuie actuellement sur des joueurs qui n'entraient même pas en ligne de compte les premières semaines (Milicevic, Schouterden). Jusqu'à présent, peu de nouveaux ont apporté une réelle plus-value. Même Andreas Beck, ancien international allemand, qui a disputé 290 matches de Bundesliga et joué au Besiktas, a éprouvé des problèmes en début de saison et n'apporte un plus que depuis quelques matches. Malgré tous ses transferts et des ambitions revues à la hausse, Eupen compte maintenant six points de moins qu'il y a un an à la même époque. L'équipe des cantons de l'est n'a inscrit que 17 buts en 21 matches : c'est la plus mauvaise attaque du championnat et c'est bien là le principal problème du club. Ensemble, ses deux avants, Jon Bautista et Jonathan Bolingi, n'ont marqué que six buts. Au début, le médian, fin technicien, ne semblait pas entrer dans les projets de Luis Garcia. Pourtant, Eupen a grappillé des points dès qu'il a obtenu du temps de jeu. Maintenant, avec quatre buts et trois assists, c'est lui qui présente les meilleures statistiques. " Il nous faut plus de Marreh ", a déclaré le directeur général Christoph Henkel en début de saison, pour clarifier sa vision. Aux deux tiers de la compétition, un des piliers d'Eupen a disparu de la circulation. Le médian, fort dans les duels, retrouvera-t-il ses sensations à Gand ? Ortwin De Wolf, le dernier rempart des Pandas, est visiblement mal à l'aise avec les frappes à distance. Cette saison, l'ancien gardien de Lokeren s'est déjà retourné sept fois sur des tirs partis hors de sa surface. Au sein d'une équipe en manque de qualités offensives, Eupen cherche d'autres moyens pour franchir la ligne médiane avec le ballon. Le front de Jonathan Bolingi est une cible de choix. Le Congolais dispute 14,3 duels aériens par match, un record. Pas vraiment gâté sur le plan technique, Beñat San José ne peut pas attendre d'exploits individuels démesurés de ses hommes. Avec 408 dribbles cette saison, Eupen est l'équipe la moins en verve de l'élite en la matière.