Samedi soir, Francky Dury a pris congé du stade de Gand, le sourire aux lèvres, avec un mot gentil à l'adresse de chacun. Impeccable jusqu'à bout, on ne peut pas en dire autant du groupe gantois. Celui-ci a besoin de l'approche que Michel Preud'homme maîtrisait comme nul autre, parvenant à conserver ses joueurs affûtés jusqu'au bout, attentif à la moindre faute alors que Dury, lui, feignait de voir ou réagissait moins sèchement.
...

Samedi soir, Francky Dury a pris congé du stade de Gand, le sourire aux lèvres, avec un mot gentil à l'adresse de chacun. Impeccable jusqu'à bout, on ne peut pas en dire autant du groupe gantois. Celui-ci a besoin de l'approche que Michel Preud'homme maîtrisait comme nul autre, parvenant à conserver ses joueurs affûtés jusqu'au bout, attentif à la moindre faute alors que Dury, lui, feignait de voir ou réagissait moins sèchement. Bref, il a ouvert la voie de la fainéantise à des joueurs incapables de se faire violence. Le groupe n'a jamais été ouvert au message que Dury tentait depuis le début de faire passer dans ses analyses. Du coup, dans la phase ultime du championnat, Gand a calé. Malgré tout son professionnalisme et des transferts comme ceux de César Arzo et Jesper Jorgensen après le départ de RandallAzofeifa, l'entraîneur n'est pas parvenu à équilibrer sa défense. D'aucuns affirment que Dury exerçait sans doute trop peu l'aspect défensif ou n'y était pas assez attentif. Ses arrières latéraux continuaient à jouer devant sans que Dury intervienne. A l'avenir, il devra s'affirmer davantage dans la politique des transferts ainsi que dans la gestion tactique et mentale du groupe. Des clans se sont formés autour de Thijs, Coulibaly et Suler et se sont heurtés. A la longue, les joueurs ont eu l'impression que leur entraîneur naviguait entre la direction et le noyau au lieu d'intervenir. Ni Gand, ni l'intéressé n'ont voulu attendre la saison prochaine pour voir si la réussite serait au rendez-vous. Comme après le départ de Preud'homme, Gand doit donc recruter un entraîneur jouissant d'une certaine renommée, mais cette fois sans pouvoir brandir les tours préliminaires de la Ligue des Champions en guise d'appât. Gand n'avait pas envisagé sérieusement d'engager un nom comme Hugo Broos parce que dans sa volonté d'aller de l'avant, il estime qu'un entraîneur qui a déjà effectué le tour de l'élite ne convient pas à sa philosophie. Comme le président Ivan De Witte l'a fait comprendre, le prochain coach doit s'identifier au côté rebelle de la ville. Après MPH, Gand a abandonné la piste d'entraîneurs étrangers chevronnés. Le club craignait qu'un tel homme n'accepte cette mission s'il n'avait pas de club... mais qu'il ne reparte dès qu'il aurait trouvé chaussure à son pied au sein de la véritable élite européenne. Samedi, l'air de rien, Dury a décrit Gand comme un club qui passe du management de crise au structurel. Que ce soit volontaire ou non, c'était éloquent : sans jamais citer le directeur général Michel Louwagie et sa position de force au sein du club, il a fait comprendre pourquoi il est difficile pour un entraîneur de fonctionner à Gand. Dury peut maintenant se préparer à rejoindre un club qui a déjà franchi ce palier et offre à son professionnalisme une structure fiable. RAOUL DE GROOTELes erreurs de Dury : admettre les clans formés autour de Thijs, Coulibaly et Suler et fermer les yeux devant la grogne du noyau.