Les gens bavards ont souvent beaucoup de certitudes. Mehdi Bayat en a des dizaines. Depuis deux ans, l'une d'elles est que le million et demi d'euros investi pour Shamar Nicholson à l'été 2019 en rapportera un jour dix fois plus. Une prédiction que l'administrateur délégué des Zèbres ne fait pas que répéter à l'envi dans les coulisses du Mambourg. Depuis cet été, Mehdi Bayat fait aussi tout pour qu'elle se matérialise un jour. Comment? En oeuvrant, main dans la main avec Edward Still, à la mise en place d'un plan censé placer sous les projecteurs le joyau jamaïcain.
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Les gens bavards ont souvent beaucoup de certitudes. Mehdi Bayat en a des dizaines. Depuis deux ans, l'une d'elles est que le million et demi d'euros investi pour Shamar Nicholson à l'été 2019 en rapportera un jour dix fois plus. Une prédiction que l'administrateur délégué des Zèbres ne fait pas que répéter à l'envi dans les coulisses du Mambourg. Depuis cet été, Mehdi Bayat fait aussi tout pour qu'elle se matérialise un jour. Comment? En oeuvrant, main dans la main avec Edward Still, à la mise en place d'un plan censé placer sous les projecteurs le joyau jamaïcain. En deux ans, l'attaquant carolo n'a pourtant pas toujours donné entière satisfaction. Mehdi Bayat, lui, lui a toujours conservé sa confiance. Et a trouvé cet été en Edward Still un nouvel allié de poids. Bien plus que Karim Belhocine avant lui, le coach carolo est convaincu depuis son arrivée des qualités de son numéro 9 et de sa faculté à se montrer décisif quinze à vingt fois sur une saison. Au point de refuser cet été de lui mettre un véritable concurrent dans les pattes. Dans l'effectif de Charleroi, seul Chris Bedia est en effet doté d'un profil similaire. Mais l'Ivoirien, qui appartient depuis 2016 au club sambrien, n'a jamais été vu comme un premier choix. Des conditions qui auraient logiquement pu aboutir à un transfert sortant cet été, mais l'issue, inéluctable sur papier, a toujours été refusée jusqu'ici par le principal intéressé. Or, Mehdi Bayat le répète depuis la fin du stage de Garderen aux Pays-Bas, il s'estime, numériquement au moins, suffisamment armé devant. "Avec Nicholson, Bedia, Descotte, Fall, Zaroury et Benchaib, on a six joueurs pour deux postes. Je veux bien aller en chercher un septième, un huitième, mais je ne vais pas faire une collection", lâchait-il, un brin agacé, une première fois à la mi-juillet pour justifier le fait que les Zèbres ne déclaraient pas officiellement vouloir à tout prix transférer un attaquant supplémentaire. Un discours transparent face caméra, justifié par l'animation tactique souhaitée par son coach. Dans le système oscillant entre le 3-5-2 et le 3-4-3 voulu par Edward Still, Charleroi n'avait, en effet, plus la nécessité de voir débarquer un joueur offensif de plus. Ça n'empêchera pas de voir traîner le dossier d'un nouvel attaquant jusqu'au 31 août sur le bureau d'une direction carolo toujours à l'écoute d'un marché indécis. Ainsi, de nombreuses pistes ont malgré tout été envisagées. Et toutes avaient au moins en commun de se rapprocher beaucoup plus d'un profil à la Anass Zaroury, c'est-à-dire capable de tourner autour de Shamar Nicholson, mais en aucun cas de lui mettre des bâtons dans les roues. Parmi les joueurs approchés par la direction, il y a eu, en toute fin de mercato, le très convoité Yuma Suzuki. Mais le Japonais n'était pas plus convaincu par le projet carolo que par ceux du Club Bruges ou d'Anderlecht. Une fausse piste de plus, après celles menant tout droit vers le Venise du Nord. Excédentaires aux yeux de Philippe Clement, Loïs Openda (finalement prêté à Vitesse Arnhem pour la deuxième saison consécutive), Youssouph Badji (prêté à Brest) et David Okereke (prêté à Venise) avaient tous trois des arguments susceptibles de plaire au board carolo, sans que les dossiers n'aboutissent finalement. Il n'y aura donc pas pour la quatrième année consécutive de joueur propriété du Club Bruges dans le noyau du matricule 22, après les prêts de Kaveh Rezaei (été 2019 et 2020) et de Jérémy Perbet (été 2018). Aujourd'hui, en coulisses au Sporting, on parle de cohérence envers le projet censé mené à l'éclosion d'un maximum de jeunes au sein du noyau pro. Des propos qui, dans la bouche de Mehdi Bayat, donnent ceci: "J'avais été clair dès le début de l'été. Je n'allais pas faire de transfert panique en fin de mercato pour faire plaisir au public. Si on recrutait, on recrutait meilleur." En septembre 2022, il y aura déjà dix ans que Mehdi Bayat redonnait un nouvel élan aux Zèbres, mais celui qui est entre-temps devenu président de l'Union Belge entre juin 2019 et juin 2021 continue visiblement d'apprendre. De tout, de tous et même de ses erreurs. Celles qui l'avaient, par exemple, poussé l'an dernier, dans la précipitation d'une fin de mercato allongée au 6 octobre, à transférer coup sur coup Lukasz Teodorczyk et Saido Berahino. Deux attaquants qui, on l'apprendra plus tard, allaient venir ajouter une concurrence inutile à un secteur offensif trop riche numériquement. Et finir par écarter Shamar Nicholson de la cage adverse et Mehdi Bayat de son objectif. Un an plus tard, Nicholson se retrouve à la tête d'une division offensive qui n'est jamais apparue aussi light depuis bien longtemps au Stade du Pays de Charleroi. Un souci d'allègement que seul les prestations et les buts du Jamaïcain pourront justifier dans les prochaines semaines. Si son triplé inscrit contre le Beerschot (5-2, le 28 août) à trois jours de la fin du mercato a rassuré les plus sceptiques, il n'a fait que conforter Bayat dans ses convictions. Celles qui lui permettent, il en est certain, de deviner à l'avance le nombre de zéro qui s'alignent sur les bons de sorties.