I. La qualité des attaquants

Lorsqu'il a débarqué, MarcBrys n'avait pas hésité à déclarer que l'équipe possédait peut-être la meilleure ligne d'attaque du championnat. Cela pouvait paraître surprenant pour ceux qui ne sont pas des habitués du Canonnier, mais lorsqu'on peut aligner, de concert DembaBa, BertinTomou et AdnanCustovic (trois attaquants de surcroît très complémentaires), on possède une sacrée force de frappe.
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Lorsqu'il a débarqué, MarcBrys n'avait pas hésité à déclarer que l'équipe possédait peut-être la meilleure ligne d'attaque du championnat. Cela pouvait paraître surprenant pour ceux qui ne sont pas des habitués du Canonnier, mais lorsqu'on peut aligner, de concert DembaBa, BertinTomou et AdnanCustovic (trois attaquants de surcroît très complémentaires), on possède une sacrée force de frappe. Le départ de Ba aurait pu la réduire, mais on a retrouvé un MickaëlNiçoise bien intentionné qui a repris le rôle du Franco-Sénégalais avec bonheur : il marque moins, mais sa technique est peut-être plus pure et il n'hésite pas à effectuer son travail de récupération. Lorsque ce trio a bien fatigué la défense adverse, Brys peut lancer un CarlosCoto qui a déjà fait mal à plusieurs reprises comme joker. En réserve, il a encore AlexisAllart et JacoboYnclan. Combien d'équipes, en Belgique, peuvent-elles se targuer d'avoir six attaquants dans leur effectif ? Si Demba Ba, et dans une moindre mesure KevinHatchi, sont partis, aucun autre élément essentiel n'a quitté le club. Les recrues n'ont pas été extrêmement nombreuses non plus - seuls MustaphaOussalah et JérémySapina sont des titulaires réguliers parmi les nouveaux arrivés - mais peu importe : rien qu'en gardant l'équipe de la saison dernière, dont le deuxième tour avait été très satisfaisant, l'Excelsior aurait possédé une bonne équipe. La base était déjà en place et certains automatismes existaient. En outre, certains éléments arrivés en cours de saison dernière ont élevé leur niveau de jeu. C'est le cas de Niçoise, mais aussi de MathieuAssou- Ekotto, qui officie désormais comme un vrai métronome. Brys était connu pour son 3-5-2, et n'a jamais caché qu'il s'agissait de son système préféré, mais en ajoutant qu'il l'adapterait aux joueurs qu'il aurait à sa disposition. Lorsqu'on l'a questionné à propos du 4-3-3, lors du stage de préparation à Spa, il s'était fendu d'un -Oui, pourquoi pas ? sans apparaître très convaincu. Mais, au fur et à mesure qu'il découvrait l'Excelsior, il s'est rendu compte que ce 4-3-3 avait été utilisé avec bonheur par GilVandenbrouck en début de saison dernière. Il n'a pas pu l'appliquer lors du premier match contre La Gantoise, car Demba Ba était suspendu, mais n'en a plus dérogé depuis le déplacement à Saint-Trond, lors de la deuxième journée, qui a coïncidé avec la première victoire. La présence de trois attaquants permet de porter le danger mais empêche aussi les défenseurs adverses de monter comme ils le souhaiteraient. Chaque système a son point faible, et dans un 4-3-3, l'entrejeu se retrouve souvent en infériorité numérique. Il faut donc des médians qui ont un gros volume de jeu et Brys les a trouvés avec Assou, Oussalah et SteveDugardein. La ligne arrière n'a pratiquement pas changé, mais Sapina l'a rendue plus costaude : elle est désormais capable de soutenir un siège. Si Mouscron a déjà perdu trois fois, il n'a concédé que deux matches nuls : à Malines et contre Genk. Gagner et perdre, c'est plus intéressant que partager l'enjeu : cela permet, à coups de trois points, de faire des bonds au classement. Brys l'a très bien compris et joue tous les matches pour les gagner, même contre les ténors. Il possède l'équipe pour agir de la sorte. Les victoires conquises jusqu'ici ne doivent d'ailleurs rien au hasard. Elles ont toutes été acquises avec deux buts d'écart : trois 2-0 et deux fois 3-1. Brys avait été accueilli avec un certain scepticisme lorsqu'il a débarqué, mais a rapidement rallié ses détracteurs. Même s'il est Anversois pure souche, on a vite compris qu'il avait le profil pour entraîner dans la Cité des Hurlus. Il est travailleur mais a le contact facile et aime l'état d'esprit positif qui règne souvent au Canonnier. Entre les années noires où le club a risqué la faillite, et la période actuelle où tout - ou presque - semble possible, bien des choses ont changé. PhilippeDufermont et ses partenaires ont d'abord injecté quelques millions pour apurer la dette, puis ont investi. Dans un premier temps, de manière raisonnable, car la saison actuelle est encore considérée comme étant de transition : le président promet une équipe encore plus ambitieuse la saison prochaine. Demba Ba n'a été vendu qu'après mûre réflexion : pour trois millions, et après avoir demandé l'avis de Brys, car ce n'était pas une obligation. A titre de comparaison : il y a trois ans, le club avait dû laisser partir ChristopheGrégoire pour un peu plus de 100.000 euros. On avait à ce point le couteau sur la gorge que tout centime qui rentrait dans les caisses et tout salaire économisé étaient les bienvenus. Début janvier, l'équipe partira de nouveau à l'étranger pour le stage hivernal : un autre signe d'une santé économique retrouvée. Pour les joueurs, c'est plus facile de se concentrer lorsqu'on a l'assurance que les comptes en banque seront régulièrement alimentés. Tous les postes sont doublés, voire triplés (cf. le cadre). On n'ira pas jusqu'à dire que la deuxième équipe est aussi forte que la première, mais elle tiendrait la route en D1. Lorsqu'on a des blessés et des suspendus, cela sert. Evidemment, il faut gérer un tel groupe, surtout avec un seul match par semaine. Pour tenir tout le monde en éveil, Brys profite de la moindre occasion pour organiser un match amical. On peut supposer que les écartés aimeraient plus de temps de jeu, mais jusqu'ici, leurs doléances éventuelles sont restées confinées au vestiaire. par daniel devos