Mons allait être la bonne surprise de la nouvelle saison. Mons avait conservé son noyau presque intact et ne courait aucun risque de se planter. Mons allait encore régaler, dans la foulée du beau jeu souvent proposé l'année dernière. Et Mons ceci, et Mons cela... Après 5 journées, le constat est amer : cette équipe est l'une des mauvaises surprises de la première ligne droite. Voici les explications de ce bilan décevant.
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Mons allait être la bonne surprise de la nouvelle saison. Mons avait conservé son noyau presque intact et ne courait aucun risque de se planter. Mons allait encore régaler, dans la foulée du beau jeu souvent proposé l'année dernière. Et Mons ceci, et Mons cela... Après 5 journées, le constat est amer : cette équipe est l'une des mauvaises surprises de la première ligne droite. Voici les explications de ce bilan décevant. Le Club Bruges, Malines, Mouscron, Lokeren et Charleroi pour entamer la saison, ce n'était pas le programme le plus simple. Le Bruges new-look ne pouvait pas se planter pour ses débuts à domicile. Malines a perdu in extremis et injustement contre Anderlecht, s'est incliné à Charleroi après y avoir contrôlé le jeu et a pris un point contre Bruges : c'est révélateur du niveau de cette équipe. Mouscron est sur un nuage, en pleine feria espagnole. Le Lokeren à la sauce Georges Leekens n'a plus rien à voir avec l'équipe agonisante de la saison dernière. Et le déplacement à Charleroi reste redouté par tous les clubs de D1. Bref, Mons n'a pas encore affronté de nains de la D1. Un homme en vue du club nous dresse un constat assez dur : " Il y a beaucoup de Français dans le noyau. On sait toutes les bonnes choses que peuvent apporter les joueurs de ce pays, mais il y a parfois un revers à la médaille. Un Français reste un Français. Un Français peut avoir tendance à se la péter dès que ça va bien. Certains se sont crus plus beaux qu'ils ne le sont en réalité. On les a cités au Standard ou dans d'autres bons clubs et ils ont oublié d'où ils venaient : de Ligue 2, de National, de CFA. Ils doivent continuer à bosser pour confirmer tout le bien que l'on a dit d'eux au deuxième tour de la saison dernière. Rien n'est jamais acquis ". Et c'est vrai que depuis le début de ce championnat, on a vu peu de joueurs s'arracher sur le terrain comme il y a quelques mois. Certains semblent prêts à subir les événements sans se rebeller. On ne retrouve plus les lions qui avaient bouffé Genk ou Anderlecht. Les pronostics optimistes de tous les médias ne sont certainement pas une bonne chose pour des footballeurs incapables de prendre le recul nécessaire. Certains joueurs arrivés durant l'été 2006 ou au dernier mercato hivernal étaient conscients que Mons était peut-être leur dernière bouée. Quand on a ramé à gauche et à droite, on n'a pas intérêt à s'échouer au milieu car les conséquences peuvent être dramatiques, peut-être synonymes de fin de carrière au plus haut niveau. Ces joueurs-là ont bouffé le gazon, au point de pouvoir signer récemment un contrat de très longue durée. Ont-ils encore suffisamment faim aujourd'hui ? Peut-être ont-ils besoin de quelques matches pour retrouver le sens des responsabilités. La saison passée, plusieurs joueurs ont traversé une période faste de plusieurs semaines, voire plusieurs mois : Adriano Duarte, Daré Nibombé, Wilfried Dalmat, Hocine Ragued, Benjamin Nicaise, Alessandro Cordaro, Fadel Brahami, Ilija Stolica, Mohamed Dahmane. Depuis l'ouverture de ce championnat, personne n'a encore pris le relais, ne s'est élevé au-dessus de la mêlée. L'entrejeu magique fut souvent l'un des plus techniques et les plus efficaces du pays au deuxième tour. Il est resté intact durant l'été mais on attend qu'il ressuscite. Dahmane a parfois été critiqué la saison dernière parce qu'il ratait des buts faciles. Mais il a quand même planté 11 goals en jouant rarement en pointe. Sur le flanc, il abattait un travail impressionnant qui profitait régulièrement à des coéquipiers. D'ailleurs, Genk ne l'aurait pas transféré s'il n'avait pas réussi sa saison. Qui, en début de championnat, était susceptible de le remplacer ? Personne ! Carte jaune à la cellule de recrutement qui devait se douter depuis plusieurs mois que Dahmane ne resterait pas et n'a pas directement produit l'effort nécessaire pour faire venir un joueur du même type, capable d'avoir la même efficacité. Autre carton jaune pour cette même cellule qui, depuis le retour en D1 il y a plus d'un an, n'a toujours pas déniché un vrai back gauche. José Riga est obligé de faire jouer Frédéric Jay, un vrai back droit, à cette place. Et les tests ont continué à défiler alors que le championnat avait repris : c'est anormal. Durant l'été, on s'est félicité que Mons n'ait perdu que Dahmane. Le meilleur transfert était le maintien du noyau en place. Mais ce n'est pas pour autant qu'il fallait oublier de renforcer le groupe, d'y ajouter des hommes capables de rehausser la concurrence ou de prendre la place de titulaires habituels blessés, suspendus ou en méforme. Aujourd'hui, on se rend compte que Riga n'a pas l'embarras du choix quand l'équipe patine. Romeo Seka et Danijel Krivic doivent encore tout prouver à Mons. Mohamed Amroune est blessé pour plusieurs mois. Maxime Annys a été déclassé pour raisons médicales avant d'avoir disputé un match. On a l'impression que la direction s'est un peu endormie sur les lauriers du mercato d'hiver gagnant (Stolica, Nicaise). On n'a pas transféré de buteur et pas introduit de nouvelle concurrence en défense. Cédric Roussel sera-t-il le premier transfert réussi de l'été ? Si Daniel Wansi, François Zoko et Aliyu Datti étaient des foudres de guerre dans le rectangle adverse, cela se saurait. A eux trois, ils ont inscrit... 4 buts la saison dernière. Une misère pour des buteurs supposés. Au deuxième tour, l'éclaircie est subitement venue de Stolica (7 buts), arrivé en janvier et intenable dans certains matches après l'inévitable période d'adaptation. Mais si Stolica marquait, il le devait beaucoup à sa collaboration avec Dahmane. Aujourd'hui, on a l'impression de revoir le Stolica paumé qui faisait banquette à la fin de son séjour à Saint-Trond. Ici aussi, on attend Roussel comme un messie. Quand Mons a reçu Lokeren, il y a 10 jours, c'était comme un match à 6 points après le départ complètement raté. Il aurait fallu préparer cet affrontement dans la sérénité mais ce fut tout le contraire. Quelques jours plus tôt, le rapatriement de Roussel a été officialisé. Cette nouvelle aurait pu booster les attaquants en place mais il n'en fut rien : ils n'ont rien montré de bon face à Lokeren. Et que dire, alors, du duo médian Nicaise-Ragued ? Depuis qu'ils sont ensemble à Mons, ces deux-là n'étaient encore jamais passés à travers, le même jour. Contre Lokeren, ils ont été catastrophiques. Hasard ou pas : à l'époque, le club communiquait que les négociations avec Walter Baseggio, un concurrent direct que l'on n'aurait pas transféré pour le laisser sur le banc, étaient sur le point d'aboutir. On peut tenir le même raisonnement avec Cédric Berthelin : il n'a pas encore été impérial cette saison, mais comment pourrait-il être bien dans sa tête à partir du moment où l'ombre de Frédéric Herpoel plane sur le stade Charles Tondreau ? Sans club, proche de la direction et désireux de porter les couleurs du club de sa ville, Herpoel était carrément dans le couloir des vestiaires après le match contre Lokeren. Berthelin n'a pas caché que cela ne lui plaisait pas du tout. Il s'est carrément retrouvé sur le banc à Charleroi et son remplaçant, Charly Konstantidinis, s'est troué. Même raisonnement concernant Riga : à Charleroi, il a dû supporter la présence dans la tribune de Luka Peruzovic, que l'on revoit systématiquement aux matches de Mons dès que ce club est en crise sportive. Toutes ces ambiguïtés ne peuvent qu'avoir des effets défavorables sur la confiance des joueurs et du staff, et donc sur le rendement de l'équipe. Entre toutes les personnes qui ont leur mot à dire dans la conduite sportive, administrative et financière du club, l'entente n'est pas toujours cordiale. Ce n'est pas nouveau. La saison dernière, Riga avait de chauds partisans et de farouches adversaires au sein de la direction, au moment où l'équipe battait de l'aile. Rien n'a changé. Cette ambiance parfois un peu lourde a encore été illustrée le soir du match contre Lokeren quand Geo Van Pyperzeele a suivi les débats seul dans son coin. On lui reprochait d'avoir joué cavalier seul dans l'approche de Baseggio et il s'est mis à bouder. Quelques phrases assassines ont fait le bonheur de la presse. Le transfert entrant de Landu Tubi semble avoir été réglé sans l'accord du staff technique. Ces petites tensions ne constituent évidemment pas une explication essentielle du départ raté de l'équipe mais elles participent au malaise. Tout est plus facile quand il y a unité à tous les étages d'un club. Mons décollera tôt ou tard de la zone rouge du classement, c'est une quasi-certitude. Les qualités sont là. Le club a conservé presque la totalité du noyau qui a terminé le championnat 2006-2007 à la 9e place sans rien devoir à personne. Roussel a une faim de loup, il a marqué partout où il est passé et n'a pas besoin d'acclimatation vu qu'il retravaille dans la seule région où il peut être vraiment épanoui. La physionomie des premiers matches incite aussi à croire à un redressement rapide. Après la courte défaite à Bruges, tous les journalistes flamands qui ne connaissaient pas Mons ont loué son jeu et écrit que ces Dragons-là auraient mérité au moins un point. Contre Malines, Mons tenait la victoire jusqu'à un quart d'heure de la fin. A Mouscron, c'est un penalty léger sifflé en faveur de l'Excel qui a changé la physionomie du match. Face à Lokeren, le scénario fut le pire de tous ceux que Mons pouvait imaginer : quand l'équipe de Leekens prend l'avance, elle ferme tout, mise sur la contre-attaque et se fait rarement rejoindre. Et à Charleroi, Mons était la meilleure équipe sur le terrain jusqu'au deuxième but carolo. On peut donc parler de circonstances de match régulièrement défavorables jusqu'à présent. Les deux prochains rendez-vous pourraient être cruciaux pour la suite des événements. Mons va affronter le Brussels et Dender, les deux équipes les plus souvent citées comme descendantes en fin de saison. Faire le plein de points sera une obligation avant d'affronter, en l'espace d'un mois, Genk, le Standard et Gand. Si le 6 sur 6 n'est pas atteint contre les petits poucets, les Riga-sceptiques qui hantent le stade se manifesteront à nouveau. Comme en fin 2006. Le deuxième tour avait pourtant donné raison au président, qui a imposé son autorité pour le maintenir en place. Refaire planer la menace d'un C4 sur la tête du coach serait évidemment une erreur monumentale. Mais il est clair que son crédit s'est encore un peu plus effrité après la défaite du week-end dernier. par pierre danvoye