Manu Ferrera est d'avis que bon nombre de problèmes pourraient être évités si le football rémunéré en Belgique ne concernait qu'une élite, ramenée ou non à de plus sages proportions. "Nous sommes probablement le seul pays où certains joueurs ou coaches de séries inférieures peuvent se targuer d'être mieux rémunérés que des collègues au plus haut niveau", dit-il. "Si le professionnalisme se bornait à un nombre restreint de clubs, l'argent brassé irait automatiquement ...

Manu Ferrera est d'avis que bon nombre de problèmes pourraient être évités si le football rémunéré en Belgique ne concernait qu'une élite, ramenée ou non à de plus sages proportions. "Nous sommes probablement le seul pays où certains joueurs ou coaches de séries inférieures peuvent se targuer d'être mieux rémunérés que des collègues au plus haut niveau", dit-il. "Si le professionnalisme se bornait à un nombre restreint de clubs, l'argent brassé irait automatiquement vers eux au lieu de se disperser à tous les échelons, comme il en va actuellement. En un mot comme en cent, si tous les annonceurs présents sur les différents terrains de la capitale avaient opté pour Anderlecht ou le RWDM comme vecteurs de pénétration commerciale, le Sporting serait encore plus puissant financièrement alors que les Coalisés, eux, ne se seraient jamais retrouvés dans de sales draps. Personnellement, je plaide résolument en faveur d'une élite calquée sur le même modèle que la fameuse NBA aux Etats-Unis. Le championnat de basket, là-bas, se circonscrit, en tout et pour tout, autour de 29 équipes pour une nation de 275 millions d'habitants, soit grosso modo une par tranche de dix millions d'Américains. Ici, dans notre petit monde du ballon rond, nous en avons 18 pour dix millions d'habitants. Une hérésie! Pour moi, la question fondamentale n'est pas de savoir s'il faut ramener ce nombre à 16, 14, 12 ou 10. Non, l'essentiel, c'est la puissance financière car l'argent, qu'on le veuille ou non, c'est la véritable reconnaissance de la valeur. Aux States, il y a bel et bien un culte des clubs et de la vedette. Mais nettement moins dans notre pays. C'est normal, dans la mesure où, dans la plupart des quotidiens nationaux ou régionaux, les stars du football belge n'ont pas droit à davantage d'espace qu'un joueur de troisième zone. Si cet aspect était repensé, c'est sûr que nous aurions une compétition, ainsi que des représentants plus forts. Et il ne faudrait surtout pas croire que l'amateurisme, de la base de la pyramide jusqu'à la D2, entraînerait une désaffection au niveau des pratiquants dans les clubs. Au contraire, la perspective de faire du football son métier en serait raffermie. Il ne faut quand même pas oublier que cette discipline n'a jamais été aussi prisée que depuis qu'elle draine des sommes faramineuses. C'est assez significatif".