Emilio Ferrera : Il y a quelques semaines, tous les suiveurs de notre football jubilaient suite à la qualification de trois de nos clubs dans les poules de la Coupe de l'UEFA. Ce n'est pas parce qu'aucun d'entre eux n'est parvenu à assurer sa pérennité qu'il faut subitement broyer du noir aujourd'hui, et tout remettre en question. Je pense, au contraire, que tout doit être replacé dans son juste contexte, tant en ce qui concerne Beveren, Bruges et le Standard que pour Anderlecht, qui était notre seul représentant en Ligue des Champions. Le Sporting a tout simplement eu la poisse d'être versé dans le groupe le plus fort. Avec Valence, il a d'abord hérité du champion d'Espagne, ce qui n'est pas à proprement parler un cadeau, même si cette équipe ne s'est pas montrée à la hauteur de sa réputation, cette fois, sur la scène européenne. Mais quand on voit comment le Standard et Bruges se sont fait malmener par deux adversai...

Emilio Ferrera : Il y a quelques semaines, tous les suiveurs de notre football jubilaient suite à la qualification de trois de nos clubs dans les poules de la Coupe de l'UEFA. Ce n'est pas parce qu'aucun d'entre eux n'est parvenu à assurer sa pérennité qu'il faut subitement broyer du noir aujourd'hui, et tout remettre en question. Je pense, au contraire, que tout doit être replacé dans son juste contexte, tant en ce qui concerne Beveren, Bruges et le Standard que pour Anderlecht, qui était notre seul représentant en Ligue des Champions. Le Sporting a tout simplement eu la poisse d'être versé dans le groupe le plus fort. Avec Valence, il a d'abord hérité du champion d'Espagne, ce qui n'est pas à proprement parler un cadeau, même si cette équipe ne s'est pas montrée à la hauteur de sa réputation, cette fois, sur la scène européenne. Mais quand on voit comment le Standard et Bruges se sont fait malmener par deux adversaires û l'Athletic Bilbao et le Real Saragosse û qui font partie de la deuxième partie du tableau en Liga, on situe quand même mieux l'âpreté de la tâche qui était réservée aux Mauves face aux pensionnaires de Mestalla. Les Rouches ont explosé face aux Basques mais une défaite reste une défaite à ce niveau, qu'elle se solde sur la marque de 1-3 ou 1-7. A la limite, il vaut peut-être mieux que les Liégeois aient encaissé une véritable raclée à cette occasion. Pour une formation dont la constance n'est pas le point fort, c'est peut-être l'idéal pour revenir une fois pour toutes les pieds sur terre, qui sait ? Sans doute les hommes de Dominique D'Onofrio ont-ils cru un peu trop facilement en leur bonne étoile, après avoir livré deux matches d'excellente facture, contre Parme d'abord, puis à Fenerbahce. Et c'est précisément en raison du fait qu'ils se sont sublimés, dans ces circonstances-là, tout en ayant disputé au préalable une prestation trois étoiles au Vfl Bochum qu'il ne faut pas, selon moi, les accabler outre mesure après leur déroute devant les gars de San Mames. Après une éclipse, le Standard retrouvait l'Europe cette année et, quand on analyse son parcours à tête reposée, on se rend compte qu'hormis un couac de dimension, devant l'Athletic justement, il a quand même réalisé de bonnes choses auparavant. Il ne faut pas les occulter au moment de dresser le bilan. Beveren redécouvrait l'Europe, lui aussi, cette saison. Mais après une attente beaucoup plus longue encore. A priori, sa campagne paraît complètement ratée avec un zéro pointé lors de ses matches de poule. Mais aux yeux de ses dirigeants, l'essentiel avait probablement été atteint auparavant sous la forme d'une qualification au détriment des Bulgares de Plovdiv. Pour eux, c'était l'assurance de mettre tant et plus leurs joueurs en vitrine. Or, telle est bel et bien leur finalité puisqu'ils étaient déjà parvenus à céder leurs meilleurs éléments comme Yaya Touré, Gilles Yapi Yapo et Arthur Boka sur base de ce qu'ils avaient montré en Belgique. Je reste persuadé qu'avec le concours de ces éléments, jamais les Jaune et Bleu ne se seraient retrouvés les mains vides en Coupe de l'UEFA. Mais ils ont fait un choix. Tout comme le Standard, qui a écoulé lui aussi quelques-uns de ses meilleurs éléments ces derniers mois. Tel Emile Mpenza. Dans ces conditions, il est difficile de tenir la dragée haute à une formation comme l'Athletic, composée de Basques qui évoluent ensemble depuis pas mal d'années. Avec aucune équipe passant l'hiver au chaud, la tentation sera grande, pour certains, de dire encore que notre championnat ne vaut pas tripette. Mais je ne suis pas de cet avis. S'il était vraiment aussi médiocre, pourquoi des grands, voire de bons clubs étrangers viendraient-ils donc faire leurs emplettes chez nous et transférer ou lorgner les meilleurs comme Aruna Dindane, Tosin Dosunmu et j'en passe ? Le problème, ce n'est pas la qualité mais, tout simplement, l'absence de moyens par rapport à la concurrence étrangère. Aussi, pourquoi ne pas instaurer une sorte de prize-money en fin de championnat afin de récompenser financièrement les clubs ? Hormis ceux qui participent à la Ligue des Champions, et qui sont assurés d'engranger un certain nombre de millions, pourquoi ne pas aider ceux qui participent à la Coupe de l'UEFA ou à l'Intertoto ? De la sorte, ceux-ci pourraient garder leurs meilleurs joueurs. J'ai connu ce cas de figure au Lierse où, pour nouer les deux bouts, le club n'avait eu d'autre ressource que de vendre Stein Huysegems et Arouna Kone. Deux joueurs qui font le bonheur de la Hollande qui, elle, compte encore cinq représentants en coupes européennes actuellement. A méditer ". par Emilio Ferrera