Après sa courte pige à Al Hilal, Georges Leekens ne sera pas resté longtemps sans club. Mac the Knife a, en effet, retrouvé de l'embauche à Courtrai, où il a paraphé un bail de trois ans, assorti d'une option pour deux saisons supplémentaires. L'histoire ne fait, somme toute, que repasser les plats, puisque l'intéressé avait déjà milité au stade des Eperons d'Or au début de sa carrière d'entraîneur, en 1988-89.
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Après sa courte pige à Al Hilal, Georges Leekens ne sera pas resté longtemps sans club. Mac the Knife a, en effet, retrouvé de l'embauche à Courtrai, où il a paraphé un bail de trois ans, assorti d'une option pour deux saisons supplémentaires. L'histoire ne fait, somme toute, que repasser les plats, puisque l'intéressé avait déjà milité au stade des Eperons d'Or au début de sa carrière d'entraîneur, en 1988-89. A l'époque, son séjour n'avait été que de courte durée, car après une campagne à peine, il avait mis le cap sur le Club Bruges, entité autrement plus prestigieuse. Ce coup-ci encore, nonobstant un accord de longue durée, tout porte à croire que l'ancien coach des Diables Rouges ne s'éternisera pas au Kavé. Il a d'ailleurs pris les devants, comme toujours, en faisant insérer dans son contrat l'une ou l'autre clause libératoire. " Avec lui, on sait où l'on va mais jamais jusque quand ", a dit un jour le président de La Gantoise, Ivan De Witte, à son propos. Et ce n'est assurément pas la seule complexité dans le chef d'un personnage qui n'en finit pas de passer d'un club à l'autre. " Georges Leekens est garant de succès ". Des propos tenus par Joseph Alijns, le président de Courtrai, sitôt conclu l'accord de collaboration entre les deux parties. Et force est de reconnaître que l'homme fort du Kavé n'a pas tort. De ses débuts au Cercle Bruges, voici tout juste un quart de siècle, jusqu'à sa récente mission à Al Hilal, en Arabie Saoudite, le travail du technicien belge a souvent été accompagné de résultats enviables, liés bien sûr aux moyens du bord. S'il a tenu le haut du pavé avec le Club Bruges et Malines, il peut se targuer d'avoir réussi au-delà des espérances aussi avec un représentant plus modeste de notre élite du football, comme le Cercle, qu'il a mené à la victoire en Coupe de Belgique. Hormis Aimé Anthuenis, dont l'avenir comme entraîneur est toujours entouré d'un point d'interrogation au Germinal Beerschot, aucun mentor n'excipe d'un plus grand vécu en D1 que notre homme, qui vient tout juste de rallier le camp des sexagénaires. C'est un argument non négligeable car la fougue juvénile a bel et bien failli jouer un vilain tour à Hein Vanhaezebrouck qui, après un premier tour mené tambour battant avec Courtrai, a été à deux doigts de la relégation en fin de championnat. Fort de sa très longue expérience, Anthuenis, lui, avait fait exactement l'inverse avec les Kielmen, auteurs d'une entrée en matière calamiteuse avec Harm van Veldhoven. Dans un registre similaire, on évoquera également le sauvetage, in extremis, du FC Brussels, en 2005, par un autre chevronné, Robert Waseige, après que les Coalisés eurent subi des frayeurs avec le jeune Emilio Ferrera. Comme quoi, la bouteille, ça compte à ce niveau. Georges Leekens passe volontiers pour un homme d'argent. Sa courte aventure à Al Hilal, où il a empoché la coquette somme de 250.000 euros en un bon mois à peine, en est d'ailleurs une parfaite illustration. Reste que Mac the Knife est également un homme de défi. Et celui qui l'attend à Courtrai est, comme il le dit lui-même, le plus grand de sa carrière. Le Kavé, pour lui, c'est quasiment revenir à la case départ de sa longue trajectoire. Un retour d'autant plus beau que, dans l'intervalle, il a tout de même flirté avec les sommets. La plupart de ceux qui y parviennent répugnent le plus souvent à faire marche arrière. Mais pas notre homme qui, avant son retour à Courtrai, avait déjà travaillé à deux reprises dans trois clubs. Au Cercle Bruges d'abord (1984-87 et 1993-94), puis à Mouscron (1995-97 et 2003-04) et enfin à Lokeren (1999-2001 et 2007-09). S'il a fait des résultats d'un bout à l'autre de sa carrière de coach ; pour la manière, en revanche, on sera moins dithyrambique. Au stade des Eperons d'Or, la transition risque bel et bien d'être abrupte entre l'offensive à tout crin prônée par Hein Vanhaezebrouck et le jeu calculé à l'extrême par son successeur. La preuve par Lokeren, champion des matches nuls sous ses ordres, tant en 2007-08 que durant la campagne écoulée. " Au Mambourg, il n'avait déjà de cesse de nous répéter qu'il valait mieux tenir le nul du début de partie que de jouer pour gagner à tout prix. Cette manie sera restée le fil rouge de sa carrière ", raconte son ex-élève, Jean-Jacques Missé MisséLa direction courtraisienne n'est évidemment pas peu fière d'avoir obtenu de la part d'un coach aussi coté un engagement pour 5 ans (trois + deux). De là à dire que l'entraîneur ira au bout de ce mandat, il y a quand même des réserves d'usage à émettre. Tout d'abord parce que l'intéressé, en un quart de siècle de coaching, ne s'est jamais inscrit dans pareille durée. Chez lui, tout a oscillé, jusqu'ici, entre 33 jours (son expérience la plus brève à Al Hilal) et trois ans, le laps de temps où il a été actif tant au Cercle Bruges, en début de carrière, et à La Gantoise, qu'il a drivée entre 2004 et 2007. Malin comme un singe, Mac the Knife a prévu deux portes de sortie dans son contrat. La première en cas de culbute en D2, car il est exclu qu'il poursuive à cet échelon-là. Et la deuxième : si d'aventure un club étranger lui fait une bonne offre. Comme il en était allé récemment avec Al Hilal, en quelque sorte... A Courtrai, il ne sera pas qu'entraîneur. Il épousera ni plus ni moins le profil de manager à l'anglaise, puisqu'il sera seul responsable des allées et venues en matière de joueurs. Une double casquette qui, si elle est louable aux Iles avec des coaches qui s'inscrivent dans la durée, comme Alex Ferguson ou Arsène Wenger, comporte quand même plus de risques avec ce grand bourlingueur devant l'Eternel qu'est l'homme aux 18 clubs en 25 ans. S'il se trompe rarement sur la marchandise, les dérives sont possibles, malgré tout. A Lokeren, au cours de la défunte campagne, il avait par exemple incité OlivierDoll à rempiler pour une saison supplémentaire, malgré ses 36 balais, arguant que sous sa gouverne, le Liégeois tiendrait toujours le bon bout. Oli s'en était gardé et se tâte d'ailleurs toujours quant à la suite à donner à sa carrière. Il est heureux pour lui, somme toute, qu'il n'ait pas agi dans la précipitation. Car à peine le grand Jojo l'avait-il conseillé en ce sens qu'il se liait lui-même à Al Hilal. Difficile, dès lors, d'avoir une confiance aveugle en l'homme dans ces conditions. par bruno govers