Un vaste débat. Ici, nous abordons uniquement l'organisation en perte de balle.
...

Un vaste débat. Ici, nous abordons uniquement l'organisation en perte de balle.Chaque entraîneur pratique la zone a un moment donné du match. Même avec un coach prônant l'individuelle sur tout le terrain, les joueurs à certains instants du match pratiquent la zone dans certaines circonstances (ex.: contre-attaque rapide de l'adversaire qui se trouve en supériorité numérique, positionnement en marquage de son adversaire direct en fonction du ballon et de l'endroit ou l'on se trouve sur le terrain).Une chose est cependant certaine; on ne devrait plus entendre des entraîneurs de jeunes, dire à leurs joueurs : -Celui-là, marque-le à la culotte! Ton rôle est de museler tel ou tel joueur. Tout entraîneur de jeunes qui se respecte devrait se poser cette question : -Ce que je demande à mes joueurs entre-t-il bien dans un processus de formation? Demander à un joueur de jouer en marquage durant toutes ses catégories d'âge puis l'obliger à pratiquer la zone au niveau senior me paraît beaucoup plus compliqué que l'inverse. En entraînant des équipes seniores, on se rend compte que trop de joueurs font preuve de méconnaissance tactique flagrante due à un manque de formation et d'information au niveau jeunes. Inversément, un entraîneur senior, qui déclare qu'il pratique l'individuelle parce que ses joueurs n'ont pas été formés à la zone, il utilise un raccourci un peu simpliste pour se faciliter la tâche.L'individuelle accentue les faiblessesDu plus bas au plus haut niveau senior, il existe une pression plus ou moins forte au point de vue résultats. Beaucoup d'entraîneurs se disent qu'ils n'ont pas le temps de mettre en place un système de zone à cause de l'échéance rapide des résultats. Ce manque de temps existe au plus bas niveau ou l'on s'entraîne deux fois par semaine et ou les séances tactiques sont beaucoup moins nombreuses. Par contre, au niveau pro, un entraîneur doit être capable de mettre en place un nouveau système sur quelques semaines car il dispose du nombre de séances hebdomadaires suffisant et d'un groupe de joueurs professsionnels capables de comprendre les explications claires de l'entraîneur. Beaucoup de gens ont la fausse idée de croire qu'un groupe moyen par rapport au niveau du championnat dans lequel il joue, compensera ses faiblesses plus facilement en pratiquant l'individuelle. Je pense sincèrement que c'est l'inverse à partir du moment où le système de zone est bien en place car un joueur de haut niveau technique et en forme va donner beaucoup de fil à retordre à quelqu'un qui doit le museler pendant nonante minutes.Choisir la facilité est mauvais d'officeIl est bien évident que le coaching de l'entraîneur est beaucoup plus facile dans un système en individuelle mais celui qui volontairement choisit la facilité a déjà cessé d'être bon. Un entraîneur convaincu des avantages de tel ou tel système doit aller au bout de ses convictions. Jusqu'où pratiquer la zone? Il existe évidemment de nombreux systèmes pour pratiquer la zone que je ne vais pas développer dans cet article. Certains entraîneurs préconisent la zone jusqu'à leur propre rectangle et également sur phases arrêtées. Mais personnellement, j'émettrai quelques réticences par rapport à ces deux cas. Je parlais plus haut des convictions de l'entraîneur par rapport à un système; il existe aussi des clubs voire des équipes nationales qui sont convaincus d'un système et qui engagent l'entraîneur en fonction du dispositif que les dirigeants veulent voir sur le terrain. C'est ce qu'on peut appeler la philosophie ou la culture d'un club. Je terminerai en rendant hommage à un grand monsieur de la profession qui, après plus de trente ans dans le métier, a profité de son année sabbatique en 2000-2001 pour analyser les systèmes pratiqués dans les grands clubs européens et en quelque sorte se recycler. Il en a déduit que la plupart des clubs de l'élite continentale pratique un 4-4-2 en zone. Lui-même a décidé après trente ans d'individuelle de changer sa vision des choses avec son club d'Auxerre. Il s'agit de Guy Roux. Chapeau! Etienne Delangre