Avant le match contre le Sporting Charleroi, la direction du Standard a décidé de présenter à ses supporters sa nouvelle recrue : Sergio Conceiçao. " Un public avec de la personnalité qui a raison de siffler son équipe quand elle joue mal et de l'applaudir quand elle joue bien. C'est la preuve, que ce public aime son équipe. Il faut toujours accepter les critiques, surtout si elles sont justifiées ", avance le nouveau médian des Rouches qui n'ira pas plus loin dans l'analyse des deux défaites, contre Wolfsburg et Charleroi, auxquelles il a assisté.
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Avant le match contre le Sporting Charleroi, la direction du Standard a décidé de présenter à ses supporters sa nouvelle recrue : Sergio Conceiçao. " Un public avec de la personnalité qui a raison de siffler son équipe quand elle joue mal et de l'applaudir quand elle joue bien. C'est la preuve, que ce public aime son équipe. Il faut toujours accepter les critiques, surtout si elles sont justifiées ", avance le nouveau médian des Rouches qui n'ira pas plus loin dans l'analyse des deux défaites, contre Wolfsburg et Charleroi, auxquelles il a assisté. " Cela fait trois mois que j'ai été opéré des deux ménisques du genou droit et il n'est pas facile de retrouver immédiatement tous ses moyens. Je ne suis pas Superman. Je ne peux monter sur le terrain et multiplier les assists, les tirs et les buts. J'ai besoin d'un peu de temps pour trouver la continuité dans l'effort mais je me sens bien et je pense pouvoir aider le club à atteindre ses objectifs ". Je suis venu ici avec beaucoup de plaisir parce que j'ai quitté Porto d'une manière un peu étrange. Je me suis fait mal au genou lors de la dernière journée de championnat et j'ai tout fait pour revenir le plus vite possible sans prendre de risques inutiles. J'ai même amené le kiné de Porto, Eduardo Braga, en vacances avec moi. Mais deux jours avant la reprise des entraînements, on m'a averti que je n'entrais pas dans les plans du nouvel entraîneur, Luigi Del Neri. Qu'il y avait peu de chances que je sois aligné puisque je n'étais même pas son deuxième choix. Il est clair que l'on ne peut exiger un contrat stipulant que l'on doive toujours jouer mais je tiens quand même à jouir de la même considération que les autres et partir à égalité de chances. Si c'était pour voir les matches de la tribune, autant rester à la maison et me mettre devant la télévision. C'est pour cette raison que j'ai décidé de m'en aller. Cela ce sont les choses de la vie et je ne regrette rien. S'il n'avait pas été là, je jouerais peut-être encore à Porto aujourd'hui. Quoique que le club aurait pu se montrer plus reconnaissant dans la mesure où je me suis toujours donné à fond. La saison avait recommencé et je n'ai pas trop traîné. J'ai reçu des offres de France et d'Espagne mais, par amitié pour Luciano D'Onofrio, j'ai opté pour le Standard. En outre, je crois que dans un club comme celui-ci, je peux récupérer des deux ou trois petits pépins physiques que j'ai eus la saison passée. Je n'avais jamais été blessé jusque-là. Tout au plus j'étais resté une dizaine de jours au repos à cause d'une élongation lorsque j'étais à Parme. Quand je suis arrivé à Porto, j'ai reçu un coup au genou droit qui a nécessité deux semaines de repos. J'ai joué avec un bandage mais, lors de la dernière journée, j'ai reçu un coup au même endroit et on m'a cassé les deux ménisques. Cela fait une dizaine d'années que nous nous connaissons. Je savais qu'il avait fait partie de la direction lorsque Porto avait été champion d'Europe en 87, sans plus. Mais nous avions des amis communs et, un jour, après un match à Porto, nous nous sommes rencontrés. Par la suite, il m'a aidé dans ma carrière. Il est considéré comme un des meilleurs d'Europe dans ce domaine. Bien entendu que non. Mais attention, ce sont aussi des chiffres qui ne sont plus d'actualité. D'accord, à la Juventus ou à Milan, il y a des joueurs qui touchent des montants supérieurs à celui-là mais ils sont rares. De toute façon, mon choix n'a pas été dicté par l'argent. J'aurais gagné plus en France et en Espagne. Je recherchais aussi un club, qui pouvait me donner une certaine tranquillité morale. J'avais déjà parlé du Standard avec Antonio Folha et Dimas, qui m'en avaient dit beaucoup de bien. Dimas avait conservé sa place en équipe nationale et a participé à l'EURO 2000. Ce championnat est de nature à me relancer totalement. Comme tout professionnel qui aime son métier, je suis les différentes compétitions. Des noms comme ceux d'Anderlecht, Bruges, Standard et Genk m'étaient familiers. Si le championnat de Belgique ne figure pas parmi les plus grands, il est quand même plus compétitif que ceux de pays comme la Suisse ou l'Autriche. Les premières journées de championnat m'ont confirmé que c'était bien le cas. Surtout quand on voit Charleroi, cité parmi les équipes moins fortes, battre le Standard, un candidat aux premières places, sur son terrain. Cela n'a guère d'importance. Je me demande même si, à Milan, le climat n'est pas pire qu'ici. En outre, quand arrive la bonne saison, il fait trop chaud au Portugal et en Italie et les conditions de jeu ne sont pas idéales. Je ne parle pas français mais de nombreux joueurs parlent portugais ici et je discute en italien avec l'entraîneur ainsi qu'avec son frère qui a vécu au Portugal. Cela ne m'aide pas beaucoup dans l'apprentissage du français mais je compte m'y mettre rapidement. Pour le moment, je ne suis qu'à 60 % de mes possibilités. Après un mois de convalescence, j'ai repris la course en solitaire mais ce n'est en rien comparable à l'entraînement d'une équipe professionnelle. Avant de venir, je pensais que l'on travaillait moins ici mais les entraînements sont quasiment les mêmes qu'en Italie, en tout cas au niveau de la quantité. Evidemment, tout cela dépend des entraîneurs. Sven Goran Eriksson ne voulait pas que l'on aille toujours à fond alors qu'Hector Cuper exigeait qu'il en soit ainsi. Et puis, la culture italienne veut que l'on travaille beaucoup les aspects tactiques. Pourtant, je peux me vanter d'avoir joué six années en Italie au plus haut niveau depuis 1998. J'ai joué la Ligue des Champions avec Parme en 2000-2001 et en 2002-2003 avec l'Inter j'ai atteint les demi-finales. A Parme, à la fin du premier tour, j'étais le meilleur buteur de l'équipe. Et je suis un médian qui évolue sur l'aile droite. J'ai disputé l'une ou l'autre rencontre en soutien d'attaque mais jamais en pointe. En fait, si je suis sorti un peu de l'équipe puisque que j'ai quand même participé à 25 des 34 rencontres, c'est parce que je ne partageais pas les options du nouvel entraîneur arrivé en janvier, Renzo Ullivieri. Il n'empêche qu'en fin de saison, il m'a convoqué pour me faire savoir qu'il comptait sur moi. Mais comme l'Inter m'a approché, j'ai préféré partir à l'été 2001. Avec le club milanais, j'ai disputé deux bonnes saisons, pas au super top, je le concède. Mais évidemment, avec Cuper, je n'évoluais pas vraiment comme je le désirais. Je suis un médian à propension offensive mais si je comprends que tout le monde doit assurer sa part de travail défensif, avec l'Argentin j'étais plus un arrière latéral qu'un médian (il rit). Cela étant, nous avons perdu le titre à la dernière journée la première saison et disputé les demi-finales de la Ligue des Champions l'année suivante. Je suis retourné à la Lazio en 2003. Si j'ai pris part à toutes les rencontres de Coupe d'Europe, je ne jouais pas beaucoup en championnat. Robert Mancini, l'entraîneur qui avait été mon équipier lors de mon premier passage à la Lazio, avait décidé d'aligner deux formations : une en championnat et l'autre en Ligue des Champions. 8 joueurs figuraient dans les deux groupes et 5 ou 6 voyageaient de l'un à l'autre. Mes relations avec Mancini ont toujours été très bonnes mais je trouvais que je ne jouais pas assez. Quand est arrivée l'offre de Porto en janvier dernier, je n'ai pas hésité : l'équipe était forte comme elle l'a prouvé en devenant championne d'Europe. Sans oublier, que c'est le club de mon c£ur. Avec Porto, j'avais déjà remporté un titre national avec les Juniors. Oui, surtout pour les enfants. Enfin, je dois remercier le seigneur car si j'ai changé aussi souvent de maison, c'est aussi un bon signe, cela signifie que j'ai joué dans des clubs d'un bon niveau. Je suis issu d'une famille assez modeste et je n'oublie pas que, quand j'étais petit, nous avions parfois du mal à acheter un pain. Donc, tant pis si je déménage souvent. L'important est que grâce à cela je peux rendre ma famille heureuse. Pour le moment, je vis à l'hôtel avec ma femme et mes deux aînés. Nous devrions avoir notre propre logement avant la fin août. J'avais 16 ans quand j'ai perdu ma mère et 18 à la mort de mon père. Je n'ai pas été seul parce qu'après la disparition de ma mère, j'ai rencontré ma femme qui, à l'époque, avait à peine 14 ans. Malgré sa jeunesse, elle m'a aidé à surmonter ces moments difficiles. J'avais même envisagé d'arrêter le football. Ce qui aurait été une idiotie. Je me demande ce que j'aurais pu faire d'autre... Je suis croyant mais je n'aime pas parler de cela. C'est très personnel et je ne dirais jamais à quelqu'un qu'il doit croire ou non. Je ne tiens pas non plus à ce que l'on parle beaucoup du fait que chaque année, je participe au pèlerinage et que comme le veut la tradition on couvre à genoux les 300, 350 mètres qui séparent l'entrée de la place au sanctuaire. Si je le fais, c'est pour moi. Malheureusement, voici quelques années, je me suis présenté à la reprise des entraînements avec des pansements aux genoux. Je n'ai rien dit à personne mais comme des bruits idiots ont commencé à courir, du style que j'étais tombé à moto, j'ai raconté la vérité et, du coup, tout est rentré dans le calme. Mais je peux vous avouer que, cet été, je ne l'ai pas fait. Vous devinez pourquoi ! Nicolas Ribaudo