Il fut l'une des stars du football espagnol dans les années 90, lorsqu'il jouait au FC Barcelone et au Real Madrid. Cette saison, il est retourné en Espagne, mais comme entraîneur, sur le banc d'un club modeste qui a servi de tremplin à Quique Sanchez Flores et à Bernd Schuster. Mais, après avoir entraîné le club de sa vie (Bröndby), Michael Laudrup est décidé à ne pas brûler les étapes. Il veut d'abord faire ses gammes dans le club de Getafe qui vit une saison historique : c'est sa première participation à la Coupe de l'UEFA. Les débuts furent laborieux, et l'entraîneur danois avait essuyé pas mal de critiques après quelques journées de championnat. Il a toutefois réussi à redresser la barre. Il y a quelques semaines, le club de la banlieue madrilène s'est même payé le scalp du FC Barcelone dans son petit stade Alfonso Perez, d'une capacité de 16.400 places. Anderlecht est averti.
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Il fut l'une des stars du football espagnol dans les années 90, lorsqu'il jouait au FC Barcelone et au Real Madrid. Cette saison, il est retourné en Espagne, mais comme entraîneur, sur le banc d'un club modeste qui a servi de tremplin à Quique Sanchez Flores et à Bernd Schuster. Mais, après avoir entraîné le club de sa vie (Bröndby), Michael Laudrup est décidé à ne pas brûler les étapes. Il veut d'abord faire ses gammes dans le club de Getafe qui vit une saison historique : c'est sa première participation à la Coupe de l'UEFA. Les débuts furent laborieux, et l'entraîneur danois avait essuyé pas mal de critiques après quelques journées de championnat. Il a toutefois réussi à redresser la barre. Il y a quelques semaines, le club de la banlieue madrilène s'est même payé le scalp du FC Barcelone dans son petit stade Alfonso Perez, d'une capacité de 16.400 places. Anderlecht est averti. MichaelLaudrup : Rien de particulier, sinon le fait que j'ai conscience que les choses sérieuses commencent pour moi. Je me réjouis de revoir des stades pleins, de me retremper dans l'ambiance de la Liga. En fait, pas du tout. Lorsque j'étais joueur, l'idée ne m'avait même jamais effleuré l'esprit. Mais je suppose que je suis passé par les mêmes étapes que d'autres footballeurs, ou même, que des gens d'autres professions. Je pense qu'il s'est situé en 1998, lorsque j'ai raccroché les crampons et que Morten Olsen m'a proposé de devenir son adjoint en équipe nationale danoise. Il avait été mon dernier entraîneur à l'Ajax, nous avions également joué ensemble précédemment et nous nous connaissions bien. Je me suis dit que cela valait le coup d'essayer. Si cela ne me plaisait pas, j'avais toujours la possibilité d'arrêter. En revanche, si cela me convenait, c'était peut-être une nouvelle carrière qui s'ouvrait à moi. Cela m'a plu. J'ai pris du plaisir à me retrouver sur un terrain, à faire partie d'une équipe, à changer les joueurs de position et à trouver le style de jeu le plus approprié. Ensuite, j'ai entraîné Bröndby pendant quatre ans. C'est l'un des grands clubs danois. J'y ai acquis une certaine expérience qui, je l'espère, doit m'aider à faire mon trou dans la Liga. D'accord avec ceux qui estiment que la Liga est le meilleur championnat, à égalité avec la Premier League anglaise selon moi, même s'ils ont des caractéristiques différentes. Je pense que ces championnats sont supérieurs à la Série A italienne ou à la Bundesliga allemande. J'ai l'avantage de bien connaître le football espagnol, puisque j'y ai joué et que j'ai continué à le suivre lorsque j'ai mis un terme à ma carrière. Le défi ne m'a donc pas effrayé. Je crois qu'il est important de beaucoup parler aux joueurs, afin de leur faire comprendre ce que vous attendez d'eux. Mais il y a différentes manières de le faire. J'aime les discussions individuelles. Dans toutes les professions, il y a un patron qui vous explique ce que vous devez faire. Mais en football, il est également important de savoir ce que pense le joueur et dans quel état d'esprit il se trouve. En fait, j'agis de manière spontanée, en fonction de ce que je ressens. Le football fonctionne beaucoup par impulsion. Le résultat du week-end peut changer toute la donne. En fonction de ce résultat, il y a des joueurs qu'il faut encourager ou corriger. D'autres qu'il faut faire revenir les pieds sur terre, parce qu'ils ont défrayé la chronique en inscrivant des buts et ont fait la une de tous les journaux. Ce sont des choses qu'on ne peut pas prévoir. Certains entraîneurs préfèrent maintenir une certaine distance, parce qu'ils ont l'impression d'être alors plus respectés, mais mon avantage à moi, c'est que j'ai été joueur. J'estime qu'on ne peut pas imposer le respect : il faut le gagner par son travail, son discours et les résultats que l'on obtient. C'est une question que l'on m'a souvent posée. J'ai eu la chance de côtoyer de très grands entraîneurs durant ma carrière : Johan Cruijff, Giovanni Trapattoni, Jorge Valdano et Morten Olsen, pour ne citer que ceux-là. Après tant d'années, je pense que j'ai retenu le meilleur de chacun d'eux. Je trouve que le moment où l'on a connu certains entraîneurs est également très important. J'ai connu Olsen lors de la dernière année de ma carrière. Pour moi, Sepp Piontek a été très important car il m'a offert mes premières sélections en équipe nationale. Trapattoni m'a accueilli lors de mon arrivée à la Juventus et Cruijff lors de mon arrivée à Barcelone. Ce sont quatre entraîneurs aux styles très différents, mais ils m'ont tous beaucoup apporté. Ils m'ont orienté durant des périodes très importantes de ma carrière. C'est vrai, mais je n'ai pas d'explication à ce phénomène. L'équipe danoise qui a disputé l'Euro 84 et la Coupe du Monde 86 a également produit de nombreux entraîneurs, mais pas celle qui est devenue championne d'Europe en 92. C'est peut-être un hasard, je ne sais pas. Cela dépend du moment où l'on prend l'équipe en charge. Si l'effectif est en place, l'entraîneur doit s'adapter. Si l'on entame un nouveau projet, le choix dépendra des moyens financiers et du temps dont on dispose et de l'expérience que l'on possède comme entraîneur. Lorsqu'on débarque dans un club et qu'on souhaite jouer en 4-3-3, par exemple, il faut engager des joueurs qui conviennent à ce système. Cela me paraît logique. Si l'on n'a pas d'ailiers, il est inutile de s'obstiner. Il faut que les joueurs se sentent à l'aise dans un système donné. Peut-être. Mais je constate surtout que le club a recherché des entraîneurs jeunes, aux alentours de la quarantaine, ce qui est précoce dans ce métier. Pour remporter des victoires, il est effectivement essentiel de bien jouer, mais la notion de beau jeu est différente en Espagne, en Italie ou en Angleterre. J'aime que mon équipe maîtrise la possession du ballon, qu'elle fasse courir l'adversaire et qu'elle profite de cette domination pour gagner. ( Ilrit) Ce n'est pas la première fois que l'on me dit cela. Mais, l'une des choses que l'on m'a apprise durant ma carrière, est qu'il faut uniquement s'occuper du présent. Il est inutile de se dire que, dans deux ou cinq ans, on entraînera tel ou tel club. Que souhaitez-vous entendre ? Que je resterai quelques années à Getafe, puis que je partirai à Manchester United ? C'est impossible : dans six mois, si cela tourne mal, je ne serai peut-être plus nulle part. Si l'on fait des projections dans le futur, cela signifie que l'on relègue le présent au second plan. Or, Getafe occupe actuellement toutes mes pensées. Je ne me pose pas la question de savoir où je serai en 2010. Effectivement. Le club vient de terminer deux années d'affilée à la neuvième place. L'image du club et le jeu que produit l'équipe sont des données très importantes pour moi. Plus importantes encore que la perspective de terminer 8e ou 13e, car l'écart entre ces deux positions est généralement très faible, en termes de points. Mais il est clair que, mieux l'on est classé, mieux je me porte. Getafe s'est donné une image sympathique parce qu'il a produit du beau football. Il faut essayer de garder cette image, mais en même temps, tenter de progresser. Dans ce contexte, la première participation à la Coupe de l'UEFA est un événement très important pour le club. C'est le revers de la médaille, effectivement. Le prix à payer pour les succès récents. Ces dernières années, certaines équipes ont éprouvé des difficultés après avoir brillé sur la scène européenne. Nous sommes avertis. Et en Coupe du Roi, les supporters ne devront pas se montrer trop gourmands. Vous savez comment cela va : lorsqu'on y a goûté, on veut en reprendre. Getafe a vécu une aventure extraordinaire la saison dernière, mais il faut garder les pieds sur terre : on ne jouera pas une finale de Coupe du Roi chaque année.lpar javier maestro (esm) - photos: reporters