"C'est bizarre... Les derbies entre Mons et Charleroi n'ont jamais engendré de violence ", explique d'emblée Laurent Wuillot lorsqu'il apprend la nouvelle de la mort d'un supporter carolo, tué à coups de couteaux. Le match entre Mons et Charleroi a débuté par une communication des dirigeants montois et une minute de silence respectée à la lettre. Si le public montois reste clairsemé, les Carolos étaient venus en nombre.
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"C'est bizarre... Les derbies entre Mons et Charleroi n'ont jamais engendré de violence ", explique d'emblée Laurent Wuillot lorsqu'il apprend la nouvelle de la mort d'un supporter carolo, tué à coups de couteaux. Le match entre Mons et Charleroi a débuté par une communication des dirigeants montois et une minute de silence respectée à la lettre. Si le public montois reste clairsemé, les Carolos étaient venus en nombre. Wuillot : " J'ai joué dans deux clubs avec des publics difficiles à apprivoiser, Charleroi et le Standard, et pourtant, j'ai toujours été bien apprécié. J'ai d'ailleurs encore des contacts avec des clubs de supporters, à Charleroi. Si Mons se cherche un public, Charleroi l'a toujours mais il dispose d'un plus gros potentiel. Il touche la région de Charleroi, celle de Namur mais aussi Chimay ". Pour nous servir de guide, on a donc fait appel à un homme de la région. Wuillot a en effet effectué ses classes à l'Albert avant de partir au Sporting de Charleroi où il fit ses débuts dans le championnat belge. " J'aurais pu signer un contrat de quatre ans à Mons sous l'ère Sergio Brio. J'avais rencontré le président Leone mais j'ai senti que c'était malsain et que cela allait mal tourner. Quand je revois Geo Van Pyperzeele, il n'arrête pas de me chambrer avec cela... " Après une page de trois ans au Standard, une pige à l'étranger, à Ajaccio, et une fin de carrière professionnelle au Brussels, Wuillot a décidé de redescendre en D3, à Peruwelz. Cette signature coïncidait avec les révélations de l'affaire Ye. Le nom de Wuillot allait sortir, lui-même reconnaissant qu'un joueur lui avait proposé 200.000 euros pour truquer une rencontre du Brussels mais qu'il avait refusé : " J'ai été mal pendant deux semaines. Ce n'était pas évident de gérer cette situation. Et c'est aussi pour cette raison que j'avais décidé de ne plus parler aux journaux. Tout le monde voulait savoir qui m'avait proposé cette somme et pourquoi j'avais refusé ". Pendant deux ans, Wuillot a donc refusé toute sollicitation médiatique. Aujourd'hui, il continue à arpenter les terrains de D3 et cela lui convient : " Je ne supportais plus la façon dont le métier avait évolué. Les stades de D1 me manquent mais pas l'ambiance autour. Je ne m'y reconnaissais plus. Tout ce que Frédéric Herpoel avait lâché dans la presse il y a un an, définissait très bien ce que je ressentais. On parle de plus en plus de team building mais quand je jouais, on n'avait pas besoin d'en parler. Les anciens nous obligeaient à repasser boire un verre. Cela tombait sous le sens. On formait une famille même avec les étrangers et ce n'était pas parce qu'on buvait une chope avec les supporters qu'on n'était pas professionnel. C'était ça notre team-building et cela fonctionnait ! Je savais qu'en redescendant, j'allais retrouver certaines valeurs. Au fil des années, cette convivialité s'était perdue. Enfin, il faut dire aussi que je suis tombé au Brussels pour ma dernière saison pro ( il rit). Je suis donc parti de la D1 sans regret. Tu quittes sans amertume quand tu choisis toi-même de tourner la page. Je savais que je pouvais encore jouer trois ou quatre ans en D1 mais je n'avais plus envie. J'avais reçu une offre de trois ans de Zulte Waregem mais j'avais attendu des garanties du Brussels et finalement, Zulte avait misé sur Tjorven De Brul. Après, j'aurais pu aller en Roumanie, à la frontière de la Moldavie, mais j'ai préféré l'offre de Peruwelz. Je m'étais renseigné et on m'avait dit que c'était un club sympathique. Car, si je choisissais de redescendre, il fallait que je tombe dans un club convivial. Pas aux Francs Borains, par exemple ( il rit). J'en ai discuté avec ma femme qui m'a dit- Lau, arrête ! Si c'était pour me voir plus souvent à la maison, c'était raté ( il rit) ". A 33 ans, il vient de subir une opération au ménisque droit : " Je sens que j'ai de plus en plus de mal à me remettre. Cela fait un mois et il faut cinq à six semaines pour retrouver ses sensations. Je suis dans les temps mais je sais que ce genou-là a déjà bien trinqué. Mais si je peux continuer, je le ferai. Jusqu'à 40 ans. J'aime trop le jeu et j'ai adoré faire ce métier ". En attendant de retrouver ses sensations, Wuillot peaufine sa reconversion. Sa vie tourne autour des deux cafés qu'il possède (en collaboration) à Mons, La Taverne 44, juste en face du stade Tondreau, et Le Quartier Latin. Il gère également un magasin de sport à Peruwelz et va lancer une entreprise de matériaux naturels avec ses deux frères. Les premiers mots de Laurent Wuillot vont à Mons. " On se plaint qu'il n'y a que 2.500 spectateurs contre Roulers mais qu'est ce que vous voulez que les supporters se reconnaissent dans cette équipe. Il y a dix ans, les meilleurs joueurs du Borinage venaient à Mons. Toute la région s'identifiait à l' Albert. Les dirigeants ont très mal géré les séparations avec Dimitri Mercier et Olivier Berquemanne. Ils ont dit que pour grandir, il fallait se séparer de certains éléments mais regardez où le club en est ? Mons a réalisé sa meilleure saison en D1 avec Mustapha Douai, Cédric Roussel, Berquemanne, Thadée Gorniak, Olivier Suray et Marco Casto, tous des garçons de la région ou de Charleroi. Il y avait peu d'étrangers et ceux-ci apportaient quelque chose. Si Mons veut construire un club populaire, il doit retrouver un capital sympathie, en invitant, par exemple, tous les jeunes de la région. Il faut leur donner envie de porter les couleurs de l'Albert ". Mais parlons de l'équipe alignée lors du derby : " C'est Mons qui a développé le meilleur football. Surtout devant. Mohamed Dahmane et Kevin Oris ont fait mal à la défense adverse. On dit que Dahmane est un caractériel dans le vestiaire mais cela ne se voit pas sur le terrain. J'ai toujours bien aimé les caractériels qui jouaient pour la gagne. Oris aurait mérité d'inscrire un but pour tout le travail effectué. Il faut souligner aussi la bonne prestation de Sandro Cordaro qui a apporté des solutions pendant une heure. Quant à la défense, elle me paraît plus légère mais on ne peut pas vraiment juger sur ce match car elle a joué dans un fauteuil ". Et que manque-t-il à cette formation pour imposer son jeu ? " Du potentiel physique. Il faut plus de costauds. Mons a hérité de beaucoup de phases arrêtées mais sans jamais apporter une seule fois le danger. Cette équipe recèle de bons joueurs techniques mais cela manque de gabarit. Et c'est pour cette raison qu'Oris leur fait énormément de bien. Jarju ? Je ne saurais même pas dire s'il a joué. Je ne l'ai pas vu... ". par stéphane vande velde