Son nom prête à sourire : Safari. " En swahili, cela signifie voyage ". Son prénom, Behrang, est lui d'origine persane. " Celui d'un grand écrivain ", m'a-t-on expliqué. Car, si l'arrière gauche d'Anderlecht est Suédois, il est effectivement d'origine iranienne.
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Son nom prête à sourire : Safari. " En swahili, cela signifie voyage ". Son prénom, Behrang, est lui d'origine persane. " Celui d'un grand écrivain ", m'a-t-on expliqué. Car, si l'arrière gauche d'Anderlecht est Suédois, il est effectivement d'origine iranienne. " Je suis né à Téhéran, mais mes parents ont déménagé en Suède lorsque je n'avais que deux ans et j'ai été éduqué à l'occidentale, à Lund, dans le sud de la Suède. J'ai eu quelques contacts vers 18 ou 19 ans, pour jouer avec les sélections de jeunes iraniennes, mais j'ai grandi en Suède et logiquement opté pour l'équipe nationale suédoise. "Une sélection qui participera à l'EURO 2012 et a forgé sa qualification en tant que meilleur deuxième, grâce à une ultime victoire 3-2 contre les Pays-Bas. " J'étais blessé, je n'ai pas joué ce match décisif. J'ai été très heureux d'être rappelé pour les deux amicaux de novembre, contre le Danemark et l'Angleterre. L'entraîneur a fait tourner l'équipe et je n'ai joué que le premier match. Dommage : jouer à Wembley, c'est toujours spécial. Je dois, sans doute, cette sélection au statut de titulaire que j'ai conquis au Sporting ces dernières semaines. Et si je veux participer à l'EURO 2012, il est important que je poursuive sur ma lancée. Ce n'est pas gagné d'avance. Je ne bénéficie pas d'un statut de titulaire incontestable, ni en équipe nationale, ni à Anderlecht. La perspective du Championnat d'Europe constitue une motivation pour moi. Je rêve de l'EURO. Quel footballeur n'aurait pas envie de participer à un grand tournoi de ce genre ? Mais, juin 2012, c'est encore loin. Je ne veux pas m'emballer et être déçu dans six mois... "Pourquoi la Suède a-t-elle réussi à se qualifier pour l'EURO alors que les Diables échouent dans leurs tentatives depuis dix ans ? " Je ne connais pas assez l'équipe belge pour comparer ", coupe d'emblée Safari. " Lorsqu'on a appris, en Suède, qu'on était versé dans le groupe des Pays-Bas, on s'est d'emblée concentré pour finir meilleur deuxième. L'objectif a été atteint. On a une bonne équipe, composée de joueurs aux caractéristiques très différentes, dont l'assemblage fonctionne bien. On a aussi un caractère fort : on a toujours lutté jusqu'à la dernière minute, on n'a jamais baissé les bras. "A l'EURO, la Suède a été versée dans le groupe de la France, l'Angleterre et l'Ukraine : " Je pense qu'on peut faire un truc. Les Suédois ont toujours été des durs à cuire. On ne va pas tout renverser sur notre passage, mais on peut ennuyer beaucoup de monde. "La star de l'équipe est, évidemment, ZlatanIbrahimovic : " Sans avoir été un modèle pour moi, car il n'évolue pas du tout à la même position, je l'ai malgré tout pris comme référence. Il a joué à Malmö, comme moi, et même si nous n'avons jamais évolué ensemble, sa réussite m'a stimulé. Je me suis dit : - SiunjoueurdeMalmöpeutréussirunetellecarrière, pourquoipasmoi ? Tous les jeunes footballeurs de Malmö ont essayé de suivre ses traces. " Safari a participé à deux campagnes de Ligue des Champions avec Bâle. " J'en garde comme souvenir un match nul, 1-1, au Camp Nou, alors qu'on avait été battu 0-5 à domicile par le Barça et une double confrontation contre le Bayern Munich aussi. La Ligue des Champions reste une compétition que tout footballeur rêve de vivre, au moins une fois dans sa carrière. C'était fun, j'en ai apprécié chaque minute. C'est réellement différent d'un match de championnat !" Anderlecht rêve d'y participer. Le FC Bâle le fait régulièrement, et a encore créé l'exploit la semaine dernière, en se qualifiant pour les huitièmes au détriment de Man U. Qu'est-ce que cette équipe a donc de plus que le Sporting ? " Franchement, je ne sais pas. On m'a raconté qu'Anderlecht avait, à plusieurs reprises, loupé la qualification dans des circonstances un peu spéciales, mais je suis mal placé pour en parler. Avec Bâle, on n'avait pas ce problème : le champion de Suisse était directement qualifié pour les poules. Je sais qu'au terme de cette saison, le champion de Belgique sera lui aussi directement qualifié pour les poules. On doit donc remporter les play-offs. "Tiens, les play-offs ? En Suisse, on a opté pour un championnat à dix équipes, qui se rencontrent quatre fois. Est-ce mieux ? " Je ne sais pas. Malgré la réduction du nombre d'équipes, il y a aussi des grands et des petits clubs en Suisse, avec un écart significatif entre le haut et le bas du tableau. Pendant le quatrième tour de championnat, je peux vous dire qu'on commence à se lasser de voir toujours les mêmes têtes. Et je ne parle même pas de la Coupe. "La réduction n'a donc pas relevé le niveau du championnat ? " Je pense qu'il est du même niveau que le championnat de Belgique. Et, sur base de mes six premiers mois, je pense qu'Anderlecht est du même niveau que Bâle. "Ce championnat à dix équipes est peut-être l'une des raisons pour lesquelles Safari a opté pour la Belgique : " C'est vrai que j'avais un peu l'impression d'avoir fait le tour de la question, là-bas. J'ai été deux fois champion, j'ai remporté la Coupe et j'ai participé deux fois à la Ligue des Champions. La vie à Bâle était très agréable, mais j'avais besoin d'un nouveau challenge. Lorsque tout devient trop facile, on stagne. Je savais qu'Anderlecht était une équipe ambitieuse, qui veut toujours gagner et qui a envie de reconquérir une place importante en Europe. C'est le profil que je recherchais. "Des joueurs qui l'ont impressionné ? " Pour l'instant, je découvre. Mais comment ne pas évoquer MatiasSuarez ? Il réalise des gestes incroyables, il a vraiment le football dans les pieds. C'est un plaisir d'évoluer à ses côtés. Mais tous les joueurs d'Anderlecht sont de grande qualité. " Safari ne s'est pas imposé d'emblée au Sporting. " Il m'a fallu un peu de temps. Je m'y attendais. Dans un club ambitieux, il faut faire ses preuves. Mais je n'ai jamais douté de mes capacités. "Le déclic, selon lui, s'est produit au Lokomotiv Moscou. Après avoir été un moment réserviste, il a retrouvé sa place de titulaire dans la capitale russe et cela s'est plutôt bien passé. " Depuis lors, je me sens de mieux en mieux et le public commence enfin à voir le vrai Safari, même si je peux encore apporter davantage. En début de saison, j'en faisais de trop. Je voulais être aussi présent offensivement que défensivement. Progressivement, j'ai compris que j'avais intérêt à m'en tenir à ma mission première, qui est de défendre. Bien sûr, lorsque je peux donner un assist, comme contre Saint-Trond, c'est un plus. Et si je pouvais inscrire un but, ce serait encore mieux. " ( Ilrit) Safari était arrivé à Anderlecht avec un autre joueur suédois : GuillermoMolins, blessé dès le premier match amical, à Knokke. " Il travaille dur pour revenir. C'est un battant. Après la trêve hivernale, il devrait pointer le bout du nez. " Entre-temps, l'équipe s'est formée sans lui. " Lorsqu'il sera entièrement rétabli, il posera sa candidature pour une place de titulaire. On l'a parfois présenté comme un flanc gauche, mais il peut aussi jouer à droite, ou même dans l'axe. C'est un joueur offensif : puissant physiquement, doué techniquement et doté d'une bonne frappe. " D'ici là, le Sporting essayera d'aller le plus loin possible en Europa League. " On doit croire en nous, comme on l'a fait jusqu'ici. Mais je ne veux pas prétendre qu'on atteindra les demi-finales ou la finale. Avant de songer aux seizièmes, il y a d'abord un match à gagner, ce soir, contre le Lokomotiv. "Safari la joue collectif . " Si l'on est premier du groupe avec 15 sur 15, ce n'est pas le mérite de 11 joueurs mais de tout un groupe. Si l'on veut réussir notre saison, on aura besoin de tout le monde. Pour l'instant, tout le groupe se sent concerné. TomDeSutter, peu utilisé cette saison, a fait la différence à Zulte. Tout le monde était heureux pour lui. A Anderlecht, la concurrence nous fait avancer. On a compris que, pour être titulaire, il fallait faire ses preuves en match et travailler dur. " Et c'est ce qui lui a permis de s'imposer au détriment d' OlivierDeschacht. " Tout le monde me dit qu' Oli était un monument et que je l'ai détrôné. Mon but n'a jamais été d'évincer Oli, simplement de conquérir ma place. Après, l'entraîneur a fait son choix. Je ne pense pas qu' Oli m'en veuille personnellement. Il se bat, lui aussi, pour reconquérir sa place. Cela m'oblige à rester vigilant. " On dit que l'ambiance n'a jamais été aussi bonne que cette saison, à Anderlecht. " Je peux difficilement comparer mais l'ambiance est bonne, oui. " Est-ce le mérite du coach ? " Pas seulement du coach. Il a son mérite mais c'est tout le groupe qui y collabore. Les résultats aident. Lorsqu'on se sent bien ensemble, on a plus envie de faire un pas pour l'autre. "PAR DANIEL DEVOS - PHOTOS: IMAGEGLOBE