La Calamine est une petite ville située au fond de la Belgique et frontalière avec les Pays-Bas et l'Allemagne. Cette bourgade doit généralement attendre ses Jours Fous, lors du carnaval, pour connaître de l'animation. Mais un autre événement est venu la réveiller : le parcours de son club de foot. En effet, l'Union La Calamine a remporté haut la main la première tranche de la Promotion D.
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La Calamine est une petite ville située au fond de la Belgique et frontalière avec les Pays-Bas et l'Allemagne. Cette bourgade doit généralement attendre ses Jours Fous, lors du carnaval, pour connaître de l'animation. Mais un autre événement est venu la réveiller : le parcours de son club de foot. En effet, l'Union La Calamine a remporté haut la main la première tranche de la Promotion D. Son entraîneur, Stéphane Huet (40 ans), nous explique le pourquoi de ces excellentes performances : " La continuité au niveau du noyau en est une des causes. Une ossature de jeunes joueurs, présents la saison passée, a été conservée. Il a fallu à la mi-saison combler les trous. Le recrutement a été très spécifique. Je connaissais la plupart des éléments qui sont arrivés. Ils ont connu des difficultés dans leurs anciens clubs. Ils ont été blessés, n'ont pas joué ou ont quitté leur club de formation trop tôt. Ce sont habituellement des éléments considérés comme étant suffisants. Ils proviennent pour la plupart des centres de formation du Standard, du FC Liège, d'Eupen et de Visé. Ils ont apporté le minimum d'expérience indispensable à l'équipe car sa moyenne d'âge est de 23 ans. Les résultats sont donc dus en partie à une excellente complémentarité du noyau et à son potentiel. Une hygiène de vie et de jeu leur a été imposée avec succès. Beaucoup ont encore une belle marge de progression et quatre ou cinq joueront dans un avenir proche au plus haut niveau. En début de saison, je craignais que la mayonnaise ne prenne pas. La progression dans l'équipe a surtout été individuelle. Nous avons réalisé un beau parcours en Coupe puisque nous n'avons été éliminés seulement après trois tours, face à Alost. Et en championnat, notre forme s'est confirmée journée après journée. La chance a évidemment été souvent de notre côté. Le point faible qui nous caractérise est le fait qu'on se remet trop en question chaque semaine. C'est surtout principalement dû à la tension. Notre point fort est l'osmose qui règne au sein de l'équipe. Tous mes joueurs sont assez jeunes et ont presque tous effectué des études supérieures. Ils ont aussi les mêmes centres d'intérêts : l'argent, les filles et les voitures. Ils n'éprouvent donc aucune difficulté à s'entendre. C'est une véritable bande de potes car il y a très peu de véritables adultes. Chacun trouve sa place et il n'y a pas de clans. Dans ce groupe, règne une très bonne mentalité. Il y a deux entraînements et un supplémentaire si le match a lieu le dimanche. J'essaye de mettre le moins de pression possible sur mes joueurs car ils n'en ont absolument pas besoin pour être motivés. En réalité, j'ai gardé l'esprit jeune malgré le fait que parfois, je doive me mettre à leur niveau. Je leur parle en tant que papa. Mes jeunes joueurs osent beaucoup et cela fonctionne. Un jeune a besoin de sentir qu'il a des responsabilités pour évoluer à son meilleur niveau. Mais on se considère toujours inconsciemment comme étant un petit club. On devrait aborder les matches avec encore plus d'assurance. Pour nous, il est désormais normal de gagner. Cela fait trois ans que j'entraîne La Calamine et que je suis fidèle au 4-4-2 en zone, avec un attaquant qui décroche et un pivot. J'ai maintenu le système mis en place par mon prédécesseur, Vito Dell'Aquila, actuel entraîneur de Bas-Oha. Il a démissionné il y a trois ans et je l'ai remplacé. Je l'ai connu à Liège et il m'a beaucoup inspiré dans mes choix tactiques. J'ai beaucoup d'admiration pour lui car il m'a en quelque sorte formé. J'ai toujours cru en ce système où les erreurs ne pardonnent pas. L'intelligence de l'équipe est vraiment au-dessus de la moyenne. C'est un système très offensif. En possession de balle, nous jouons parfois avec quatre attaquants. En attaque, François Sterchele explose littéralement. Il a inscrit 11 buts en autant de rencontres. Il a été pubère tard mais maintenant, sa forme et sa puissance physiques sont impressionnantes. Je ne vais pas dire que l'équipe tourne autour de lui mais on lui donne vraiment beaucoup de ballons. De plus, il aide ses coéquipiers au travail défensif. C'est, à mon avis, un futur joueur de l'élite. Thomas Nelis est lui le parfait pivot. Actuellement, il a une confiance totale en ses moyens et ça se ressent sur le terrain. Il a déjà effectué une dizaine d'assists. Il progresse de jour en jour de façon très spectaculaire. C'est également un joueur qui a galéré pendant deux ou trois ans. En soutien d'attaque, j'ai Fabio Farina, qui est très explosif et un magnifique récupérateur de ballons. Le Macédonien Besim Reci est milieu défensif. On l'appelle le papy parce qu'il a bientôt 31 ans. C'est un relais parfait entre la défense et le milieu et il impressionne par sa frappe de balle et son autorité sur le groupe. C'est un meneur mais il n'est pas capitaine. Sur les flancs, il y a le capitaine Jonathan Negrin à droite et Farid Nagui à gauche. L'axe défensif est composé de Stéphane Ochendzam, de Michael Gobbels ou encore de René Aldenhoff. Olivier Luchte et Ludek Mach alternent au back droit. Michael Possen joue à gauche. Notre gardien est Boris Dome. Il revit totalement mais n'a pas souvent l'occasion de se mettre en avant. Ochendzam, Sterchele et Nelis sont de véritables révélations. En quelque sorte, oui. Mes joueurs, personne ne les connaissait mais j'étais persuadé qu'on atteindrait la cinquième place. L'année dernière, nous avions engrangé une série de très bons résultats. J'ai toujours eu confiance en mon équipe. Tout le monde est convaincu que gros budget rime avec résultats. C'est faux ! Nos performances constituent une claque au foot argent. Il ne faut jamais oublier de prendre du plaisir et ils iraient au feu quand je leur demande quelque chose. Mais je leur dis souvent de rester humbles. Oui, clairement. On souhaitait remporter une tranche pour jouer le tour final et c'est chose faite. On n'éprouve pas de peur envers cet objectif mais on sait qu'on va rencontrer des difficultés. Nos adversaires directs semblent être Woluwé, Montegnée et l'US Centre. Egide Sebastian est quelqu'un de très sanguin. Les performances de son équipe lui procurent beaucoup de joie. C'est un passionné. Il est très sévère et généreux. Au niveau professionnel, il s'est fait tout seul. Il ne peut donc qu'être admiratif devant ses joueurs, qui progressent. On a en moyenne 500 à 600 spectateurs au stade qui apprécient beaucoup leurs nouveaux joueurs.