COACH: Fernando Santos (Por)

Comment vous entendez-vous avec les joueurs sacrés champions d'Europe ?
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Comment vous entendez-vous avec les joueurs sacrés champions d'Europe ? FERNANDO SANTOS : J'éprouve une profonde reconnaissance à leur égard. Ils ont été formidables. Cette équipe est devenue championne d'Europe : ce n'est pas rien. Vous emmeneriez quelqu'un au Mondial pour des raisons sentimentales ? SANTOS : Non. Les bons matches et les bonnes prestations du passé ne nous serviront à rien en Russie. Nous entamons une nouvelle aventure. A priori, de la sélection 2016, je ne voyais que deux footballeurs qui avaient 90 % de chances d'aller en Russie : Cristiano Ronaldo et Rui Patricio, qui est un des meilleurs gardiens du monde, d'après moi. Plusieurs joueurs présents en France ne nous accompagnent pas en Russie, notamment Eder, Nani, André Gomes et Renato Sanches, et certains sont nouveaux, comme Gelson Martins, l'ailier du Sporting Clube de Portugal, et Bernardo Silva, qui a signé une saison magnifique à Manchester City. Sélectionner 23 noms équivaut à résoudre un puzzle. Vous avez dévoilé vos 23 noms dès le 17 mai alors que d'autres entraîneurs préfèrent entamer la préparation avec 28 ou 30 joueurs. Pourquoi avoir divulgué votre choix aussi vite ? SANTOS : Quand j'étais sélectionneur de la Grèce, de 2010 à 2014, j'avais aussi repris 25 joueurs mais après avoir dû en renvoyer deux chez eux, j'ai senti que l'ambiance était plus tendue, plus sombre, pendant quelques jours. En 2016, j'ai donc décidé d'entamer la préparation avec le noyau définitif. Mon groupe idéal était de sept défenseurs, sept médians et six attaquants mais suite à la blessure de Danilo (FC Porto), un médian défensif qui peut aussi évoluer au coeur de la défense, j'ai fait appel à un arrière supplémentaire, au détriment d'un médian. Pourquoi n'avoir pas repris Jardel de Benfica et Maicon de Galatasaray, deux natifs du Brésil ? Pepe et Deco avaient aussi des racines brésiliennes et vos prédécesseurs les sélectionnaient. SANTOS : Pepe et Deco étaient encore très jeunes quand ils ont effectué leurs débuts pour le Portugal, ce qui a facilité leur intégration. Si Jardel et Maicon avaient 20 ou 21 ans, je les aurais peut-être repris. (Ils ont respectivement 32 et 29 ans, ndlr.)Devons-nous nous attendre à une équipe portugaise qui joue avant tout pour gagner et qui relègue le beau jeu à la seconde place ? SANTOS : Nous développons toujours un football soigné. Celui qui ne le fait pas perd ses matches. Mais je pense que vous vous égarez : le beau football n'est pas toujours spectaculaire ni ponctué par cinq buts. Le Portugal peut-il gagner le Mondial ? SANTOS : À l'EURO, aucune équipe n'avait les qualités du Brésil, de l'Argentine, de la Colombie et de l'Uruguay. Soyons francs : nous figurons parmi les candidats mais nous ne sommes pas favoris. commentateur à TVI " Rééditer l'exploit de l'EURO 2016 me paraît extrêmement difficile avec une sélection qui, en deux ans, a perdu une dizaine de joueurs. Le Portugal ne part clairement pas favori et une place en demi-finale pourrait déjà être considérée comme un résultat exceptionnel. Vous me direz qu'en 2016, l'équipe n'était pas favorite non plus mais elle comptait tout de même davantage de joueurs expérimentés que maintenant. De plus, cette fois, en raison de son titre européen, le Portugal sera considéré comme une des équipes à battre. Cette formation a un avantage : elle est homogène. 20 ou 21 des 23 noms étaient indiscutables, il n'y a pas de polémique autour des choix, autour du système de jeu ou autour du sélectionneur, qui est très respecté du nord au sud du pays. L'équipe dépend également moins de Cristiano Ronaldo, même si l'impact psychologique de celui-ci reste important. Mon inquiétude se situe au niveau de la stabilité défensive, avec beaucoup de joueurs qui n'ont pas l'habitude des grands matches. Je constate aussi que de nombreux titulaires n'ont pas beaucoup joué cette saison en club, même si ça peut être un avantage en terme de fraîcheur. " GELSON MARTINS Si vous voulez fabriquer un ailier de haut niveau, envoyez-le en stage à Lisbonne. Dans la capitale espagnole, le Sporting a couvé les premiers dribbles de Luis Figo, Cristiano Ronaldo, Ricardo Quaresma et Nani. Une liste prestigieuse à laquelle pourrait bientôt s'ajouter le nom de Gelson Martins, nouvel enfant-star des Lions lisboètes auquel son entraîneur, Jorge Jesus, prédit une destinée similaire à celle de Figo. Né au Cap-Vert, l'ailier supersonique a gravi les échelons du centre de formation jusqu'à l'équipe fanion du Sporting, sous les couleurs duquel il a ébahi l'assistance lors d'un match au Bernabeu, à la fin de l'été 2016. Sa prestation lui avait valu une visite de courtoisie de Cristiano Ronaldo dans le vestiaire, des compliments de Marcelo et, surtout, une ouverture des portes de la sélection nationale, intégrée quelques semaines après le sacre continental des hommes de Fernando Santos. Auteur du 5.000e but de l'histoire de son club, Gelson pourrait bien le quitter au bénéfice d'un Mondial réussi. Les géants d'Europe sont déjà sur les rangs. Élu révélation de l'EURO français, le milieu de terrain Renato Sanches ne disputera pas sa première Coupe du Monde. Décevant au Bayern Munich, puis lors de son prêt à Swansea, il paie la concurrence au milieu de terrain, accrue par l'émergence de nouveaux talents.Par rapport à l'équipe qui a remporté l'EURO 2016 en France, le sélectionneur Fernando Santos a changé dix noms au sein de la liste de 23 joueurs qu'il emmènera en Russie. Les hommes de Fernando Santos ont centré 26 fois par match lors des qualifications, la moyenne la plus élevée des nations européennes. Une stratégie visant évidemment à exploiter les qualités aériennes de CR7. Cristiano Ronaldo disputera en Russie la quatrième Coupe du Monde de sa carrière. Demi-finaliste pour sa première participation, il n'a pu aller plus loin que les huitièmes de finale depuis 2010, étant même éliminé dès la phase de poules au Brésil.