Ah, les fameux pères du tennis... Jeff Pierce en est un bel exemple. Kill the bitch! hurlait-il, de la tribune, à sa fille Mary. Ses cris résonnaient comme des insultes dans une église. Pierce n'était pas non plus à une gifle près. Et Richard Williams? Sa principale fonction semblait d'accuser le milieu tennistique de racisme à l'égard de ses filles Venus et Serena.
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Ah, les fameux pères du tennis... Jeff Pierce en est un bel exemple. Kill the bitch! hurlait-il, de la tribune, à sa fille Mary. Ses cris résonnaient comme des insultes dans une église. Pierce n'était pas non plus à une gifle près. Et Richard Williams? Sa principale fonction semblait d'accuser le milieu tennistique de racisme à l'égard de ses filles Venus et Serena. Mais Damir Dokic les surpasse. Il est complètement fou: à deux reprises, le père de Jelena a été banni d'un Grand Chelem avant qu'on lui interdise l'entrée: les agents de sécurité avaient reçu une photo de Dokic, avec l'ordre de lui barrer le passage. Et en 2000, le WTA Tour a suspendu pour six mois ce croquemitaine barbu. Le palmarès de papa Dokic est imposant: il a brisé en mille morceaux le gsm d'un journaliste, a fait du grabuge avec une équipe TV australienne, s'est jeté un drapeau anglais sur les épaules avant de débiter des obscénités à Wimbledon. A Birmingham, il a traité les officiels de nazis et de fascistes parce que les Anglais participaient aux bombardements sur Belgrade. A maintes reprises, il a été arrêté en rue en état d'ébriété très avancée. Il a insulté une serveuse, au restaurant des joueurs de l'US Open pour les dix dollars d'une tranche de saumon ("Ce tournoi fasciste me fauche tout mon fric", a hurlé Dokic. La serveuse a expliqué: "Il m'a traité de vache. Je n'ai pas toléré ce manque de respect et j'ai appelé le manager") et a été expulsé du tournoi. Les tabloïdes britanniques le surnomment Le Monstre...C'est à l'Open d'Australie 2001 que Damir Dokic a réussi son "plus joli coup"... Jelena ne participera pas à ce tournoi, pour la deuxième fois d'affilée.Flash-back. Jelena Dokic est née le 12 avril 1983 à Osijek, désormais située en Croatie. Après l'écroulement de la Yougoslavie, la famille a déménagé en Vojvodine puis, en 1994, elle a émigré en Australie, dans un quartier de Sydney. Une lointaine tante a payé le voyage car les Dokic étaient fauchés. Ils ont travaillé dur. Damir faisait des journées de 16 heures au volant d'un camion-citerne et la mère, Liljana, se tuait à la tâche dans une boulangerie, sept jours sur sept. En Australie, le talent tennistique de Jelena a éclaté. Elle est devenue numéro un mondial en Juniores, en 1998. A l'époque, Judy Dalton, membre de la fédération de tennis australienne, a déclaré: "Jelena est une enfant de l'ancien bloc de l'Est. On le remarque à tout son comportement. Ne pas gagner signifie ne pas manger". Devenue professionnelle cette même année, elle a atteint les quarts de finale de Wimbledon. Un an plus tard, elle s'est hissée en demi-finales de ce tournoi. Les Autraliens la portaient aux nues: depuis les adieux d' Evonne Goolagan en 1979, les Aussies attendaient une nouvelle étoile féminine en tennis. L'amour semblait réciproque. Arrive l'Open d'Australie 2001. Au premier tour, Jelena se voit opposée à l'Américaine Lindsay Davenport. Damir a directement l'écume aux lèvres et hurle: "C'est une trahison. Jelena est numéro un en Australie et elle doit ouvrir le tournoi face à Davenport! Après un tirage pareil, plus rien ne peut nous retenir en Australie. Nous vendons tout et déménageons en Floride". Les gens racontent parfois des bêtises quand ils sont en colère mais Dokic pensait ce qu'il disait. Le jour même du tirage, il a prié la WTA de considérer Jelena comme Yougoslave et non plus comme Australienne. (Un an auparavant, les Dokic avaient demandé la double nationalité à Belgrade).Jelena a été sifflée sans pitié par le public pendant son match perdu contre Davenport. Ces réactions étaient compréhensibles: depuis qu'elle avait rejoint l'Australie, Mademoiselle Dokic avait reçu une fortune pour sa formation. De l'argent jeté à la poubelle, donc. L'Australie et Dokic ne se réconcilieront jamais.On avait prédit le top absolu à Dokic. On peut dire qu'elle piétine. Jusqu'à présent, elle a remporté cinq tournois, ce qui est nettement inférieur aux prévisions. En 2002, elle a été accablée par toutes sortes de blessures. Et par le comportement odieux de son père, assurent les observateurs. Jelena le nie, pourtant: "J'aime mon père. Je joue mieux quand je sais qu'il me regarde. Il a fait tant de sacrifices pour moi".Ben Herremans"J'aime mon père. Il a fait tant de sacrifices pour moi"