Si l'éclosion de Roman Yaremchuk n'a pas été immédiate, lors de son arrivée sur les pelouses belges, c'est sans doute parce qu'il a d'abord fallu lever un malentendu. Au sein d'une Pro League qui aime les attaquants au physique de basketteur, le mètre 91 de l'Ukrainien a des airs de trompe-l'oeil. Avec le Buffalo, on pense déguster un déménageur des surfaces, mais la première cuiller suffit pour constater l'erreur. Yaremchuk n'a rien d'aérien. C'est presque un joueur trop grand pour le football qu'il aime. Un chiffre suffit d'ailleurs à mettre un terme au malentendu: cette saison, l'attaquant-phare de Gand n'a marqué qu'un but de la tête, alors qu'il a trouvé le chemin des filets à deux reprises depuis l'extérieur de la surface. ...

Si l'éclosion de Roman Yaremchuk n'a pas été immédiate, lors de son arrivée sur les pelouses belges, c'est sans doute parce qu'il a d'abord fallu lever un malentendu. Au sein d'une Pro League qui aime les attaquants au physique de basketteur, le mètre 91 de l'Ukrainien a des airs de trompe-l'oeil. Avec le Buffalo, on pense déguster un déménageur des surfaces, mais la première cuiller suffit pour constater l'erreur. Yaremchuk n'a rien d'aérien. C'est presque un joueur trop grand pour le football qu'il aime. Un chiffre suffit d'ailleurs à mettre un terme au malentendu: cette saison, l'attaquant-phare de Gand n'a marqué qu'un but de la tête, alors qu'il a trouvé le chemin des filets à deux reprises depuis l'extérieur de la surface. Même si les progrès dans l'utilisation de son corps au duel sont conséquents depuis ses premiers pas sur le sol belge, l'Ukrainien ne sera sans doute jamais un pivot. Chacun de ses coaches semble l'avoir compris, élaborant un plan pour faire briller l'une des armes offensives les plus redoutables du championnat. Dans le 4-2-3-1 d' Yves Vanderhaeghe, les Gantois avaient fini par recruter Rangelo Janga pour l'installer en pointe, déportant Yaremchuk sur l'aile gauche dans un rôle qui faisait parfois penser à celui taillé sur mesure pour Mario Mandzukic par Massimiliano Allegri. Mais là où l'idée du coach italien était de profiter de l'impact impressionnant de son Croate dans les airs face à des latéraux souvent plus petits, Vanderhaeghe éloignait surtout Yaremchuk de ces duels axiaux qu'il ne remportait presque jamais. Replacé dans l'axe par Jess Thorup, l'enfant de Lviv finit par exploser quand le coach danois dessine un milieu en losange surplombé par son duo avec Laurent Depoitre. Débarrassé des duels par le gabarit de son associé, l'Ukrainien se déplace plus librement, souvent vers ce côté gauche où il aime dessiner les actions pour revenir vers son puissant pied droit. Malgré le départ de Jonathan David, raison principale de ce choix de système, les duos d'attaquants restent la norme à Gand, même avec le polyvalent Wim De Decker à la barre. Parce que Yaremchuk est devenu l'atout offensif majeur des Buffalos, et que c'est désormais lui qu'il faut mettre dans les meilleures conditions pour briller. En progrès dans son jeu en pivot, mais surtout redoutable quand il peut combiner entre les lignes ou dévorer un peu d'espace, l'Ukrainien reste un joueur qui fuit le duel plutôt qu'un attaquant qui cherche l'appui sur son défenseur. Un profil beaucoup plus adapté à une attaque en duo, pourtant de plus en plus rare dans le football actuel. Reste donc à savoir si Roman Yaremchuk finira par entrer dans les cases prédéfinies du jeu, ou si le jeu trouvera toujours une place pour Roman Yaremchuk.