J avier Portillo a quitté Bruges sur la pointe des pieds. On attendait une star qui fasse vibrer notre championnat à la manière de Sérgio Conceição (en politiquement plus correct) mais il n'y a pas eu d'envolée. Portillo ne laissera pas un grand souvenir chez nous. " Les gens ont une fausse image de lui ", dit, dans Het Laatste Nieuws, Balbino Rodriguez (46 ans), un restaurateur brugeois. " Sur le terrain, Javier es...

J avier Portillo a quitté Bruges sur la pointe des pieds. On attendait une star qui fasse vibrer notre championnat à la manière de Sérgio Conceição (en politiquement plus correct) mais il n'y a pas eu d'envolée. Portillo ne laissera pas un grand souvenir chez nous. " Les gens ont une fausse image de lui ", dit, dans Het Laatste Nieuws, Balbino Rodriguez (46 ans), un restaurateur brugeois. " Sur le terrain, Javier est très sûr de lui. Mais en dehors, c'est un gamin un peu perdu ". Balbino vit à Bruges depuis 13 ans et est fou du Real Madrid. Lorsqu'un ami journaliste lui a appris que Portillo venait au Club, il ne l'a pas cru. Mais quelques jours plus tard, des dirigeants brugeois lui demandèrent de prendre l'attaquant sous son aile : " Depuis ce jour-là, ma femme et moi avons organisé notre vie en fonction de Javier et de sa famille. Chaque jour, j'allais à l'entraînement avec son père. Je m'occupais des interviews, je l'accompagnais au magasin. Il était si timide qu'il n'osait pas y aller seul. Le jour où son chien est mort, il m'a téléphoné en pleurant : il ne savait pas quoi faire. Le restaurant était plein mais il a fini par me convaincre d'aller le consoler. Javier est très fragile, très introverti, pas du tout spontané. La faute de ses parents car, depuis l'âge de neuf ans, tout est organisé en fonction de lui. Il ne sait pas ce que travailler dur veut dire. S'il y avait deux entraînements de deux heures par jour, il se fâchait. Après une bonne prestation, il était euphorique mais la moindre critique le rendait dépressif. Il m'envoyait 20 SMS par jour, y compris à la mi-temps des matches, pour me demander ce que je pensais de sa prestation. Au total, j'en ai reçu 2.700. Certains mois, ma note de téléphone était de 500 euros. Depuis son départ, elle est retombée à moins de 80. Il m'a coûté cher... Sa famille venait manger chaque jour au restaurant. J'avais déterminé un tarif de 50 euros, boissons comprises, qu'ils amènent des amis ou pas. Pourtant, ils n'hésitaient pas à demander à ma femme de cuisiner des choses spéciales, avec des produits importés. Pour tout cela, malgré les promesses de Javier, j'ai juste reçu un maillot. J'ai fini par me disputer avec ma femme. Elle m'a dit qu'un jour les Portillo disparaîtraient sans même dire au revoir. Elle avait raison. Ce qui devait être la plus belle période de ma vie est devenue un enfer. Il a sali la réputation du Real Madrid et de l'Espagne ". P. SINTZEN