Depuis le début de saison, les supporters louviérois ont appris à connaître les hommes d' Albert Cartier. Car la force de cet entraîneur a été d'ajouter aux éléments de valeur déjà présents au Tivoli des garçons qui l'avaient impressionné au cours de sa carrière. Mario Espartero a donc fait confiance à ce coach qui l'avait lancé dans le grand bain de la D1 française et est venu distiller ses conseils autant que ses passes à La Louvière. " Je n'ai pas mis beaucoup de temps à réfléchir ", explique Espartero. " L'entraîneur de Metz ne comptait plus sur moi cette saison-ci. J'ai appris de tous mes entraîneurs mais si je ne devais retenir que deux noms, ce seraient ceux d'Albert Cartier et de Philippe Hinschberger ". Soit deux piliers de la maison messine, deux capitaines des Grenats. Hinschberger y a joué de 1975 à 1992, remportant la Coupe de France en 1988 ; Cartier y a officié de 1987 à 1995.
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Depuis le début de saison, les supporters louviérois ont appris à connaître les hommes d' Albert Cartier. Car la force de cet entraîneur a été d'ajouter aux éléments de valeur déjà présents au Tivoli des garçons qui l'avaient impressionné au cours de sa carrière. Mario Espartero a donc fait confiance à ce coach qui l'avait lancé dans le grand bain de la D1 française et est venu distiller ses conseils autant que ses passes à La Louvière. " Je n'ai pas mis beaucoup de temps à réfléchir ", explique Espartero. " L'entraîneur de Metz ne comptait plus sur moi cette saison-ci. J'ai appris de tous mes entraîneurs mais si je ne devais retenir que deux noms, ce seraient ceux d'Albert Cartier et de Philippe Hinschberger ". Soit deux piliers de la maison messine, deux capitaines des Grenats. Hinschberger y a joué de 1975 à 1992, remportant la Coupe de France en 1988 ; Cartier y a officié de 1987 à 1995. Pourtant, c'est à Louhans-Cuiseaux, en Saône-et-Loire, là où il avait intégré le centre de formation à l'âge de 14 ans, qu'Espartero va débuter sous les ordres d'Hinschberger, aujourd'hui au Havre. " Je suis resté sept ans à Louhans-Cuiseaux. Et contrairement aux idées reçues, cela n'a pas été trop difficile de quitter sa famille à l'âge de 14 ans. Mes parents, mes deux frères et mes deux s£urs restaient à Paris. Je ne les voyais qu'à Noël et en juillet mais la séparation n'a pas été lourde à supporter car je voulais réussir dans le football ", ajoute Espartero. Louhans-Cuiseaux sera une première étape dans sa carrière. Là, il découvre le métier, la D2 française et même la D3 quand le club descend. Mais les liens étroits noués entre le club, son entraîneur et Metz vont permettre au jeune joueur de 21 ans de découvrir la D1 au stade Saint-Symphorien de Metz. " Cela faisait trois ans que Bernard Zénier, le recruteur de Metz, un ancien attaquant messin des années 80, me visionnait et en 2000, j'ai débarqué dans le club entraîné par Joël Müller. Pour moi, Metz représentait une très bonne équipe de D1 au passé stable et qui sortait de nombreux jeunes. Durant les premiers mois, je n'ai disputé qu'une rencontre lorsque je suis rentré en cours de match face à Saint-Etienne. Mais j'avais mal joué. Il a fallu que j'attende la venue d'Albert Cartier en décembre de la même année pour décoller. Quand je suis arrivé, le contexte n'était pas idéal mais l'adversité m'a servi. Et sous Cartier, j'ai disputé la plupart des matches du deuxième tour. Durant six mois, on a presque tout gagné, ce qui nous a permis de nous sauver ". Pourtant, l'équipe messine a ses belles années derrière elle. La Coupe d'Europe est oubliée et la génération des Robert Pires et Jocelyn Blanchard n'a pas été remplacée. " C'est vrai que plusieurs gros joueurs étaient partis mais on gardait un noyau de qualité avec des gars comme Farid Mondragon, Gerald Baticle ou Sylvain Kastendeuch ". Les ennuis d'Espartero commencent lors de sa deuxième saison en Lorraine. En décembre 2001, Albert Cartier est débarqué et Gilbert Gress emménage. Après trois semaines de cohabitation, Espartero demande son transfert. " Je n'aimais pas ses méthodes d'entraînement et je n'aimais pas sa vision du football. Je crois que je n'étais pas le seul. Cela m'a bloqué et je n'ai pas pu m'exprimer convenablement. La suite m'a malheureusement donné raison puisque Metz n'a pu éviter la descente en D2 ". Mais Espartero avait déjà quitté le navire en train de sombrer. Il obtient son transfert en janvier à Bolton, en Angleterre. Seulement sous forme de prêt car Metz ne veut pas le lâcher complètement. " Je découvrais encore autre chose. En Angleterre, le football est porté vers l'avant, basé sur un jeu direct, rapide avec beaucoup de passes en profondeur. Les passes courtes en milieu de terrain étaient proscrites car une perte de balle permettait à l'adversaire d'être directement dangereux. Rien à voir par rapport à la France. Seul le match comptait. J'ai vu des joueurs rigoler cinq minutes avant le début de la rencontre mais être concernés à 120 % une fois le coup de sifflet donné. En France, si un entraîneur te voyait rigoler à quelques minutes du début du match, tu te faisais enguirlander. Bolton était une petite ville. Seulement 12.000 habitants mais avec un stade de 30.000 personnes, toujours rempli. Lorsque je suis arrivé, le club n'allait pas trop bien mais grâce à l'apport notamment de Youri Djorkaeff, arrivé 15 jours avant moi, et Fredi Bobic, également transféré en cours de saison, on a réussi une bonne fin de saison et le club s'est sauvé. Je regarde toujours les résultats du club et je suis resté en contact avec Bruno N'Gotty. Le vécu de joueurs comme Djorkaeff et N'Gotty m'a apporté beaucoup. Là, sur 14 matches, j'en ai disputé 8 comme titulaire. Cela ne m'aurait pas déplu de rester en Angleterre. Mais je devais retourner à Metz ". Et retrouver la D2 dont il pensait s'être définitivement éloigné. Le discours du nouvel entraîneur, Jean Fernandez, se veut pourtant positif. " C'est également un passionné qui ne vit que pour le foot. Il m'a fait jouer tout de suite et durant les trois premiers mois, je n'ai pas quitté le onze de base. Jusqu'en octobre 2002 ". La date est lancée et résonne mal aux oreilles du joueur qui aura besoin de plus d'un an pour se remettre d'une fracture de la rotule droite. " J'ai subi immédiatement une première opération qui s'est mal déroulée. Mais cela, je ne le saurai qu'au bout d'un an. Six mois après cette première intervention, je suis revenu à l'entraînement mais pour une semaine de test intensifs, je me retrouvais un mois sur le flanc. Je ne comprenais pas pourquoi j'avais encore mal. Et après les vacances, je suis parti à Paris consulter le professeur Roland qui, après un traitement d'un mois et demi et comme je ressentais encore la douleur, a décidé de me faire passer une IRM. On a alors découvert qu'on avait oublié lors de la première opération un bout d'os qui coupait les tendons. En septembre 2003, je repassais sur le billard, presque un an après la fracture initiale. J'ai de nouveau repris six mois pour guérir et, en avril 2004, je recommençais avec les Réserves. Je me suis donc imposé quatre préparations physiques en un an et demi ". Pourtant remis en selle physiquement, le joueur ne retrouvera pas de place dans l'équipe messine remontée en D1. " L'entraîneur m'a annoncé qu'il ne comptait pas sur moi. Albert Cartier m'a alors appelé et je me suis tout de suite lancé dans l'aventure d'autant plus que je n'arrivais pas tout à fait en terrain inconnu puisque j'avais joué avec Geoffray Toyes et Gunther Van Handenhoven. Je ne connaissais pas du tout le club mais j'ai appelé Ogushi Onyewu pour qu'il me tuyaute et il ne m'en a dit que du bien ". Depuis maintenant deux mois, Mario Espartero s'est fait une place dans le paysage footballistique belge. Avec sa fougue et sa hargne qu'il a communiquées à toute l'équipe du Centre, il s'est imposé en leader au poste de médian défensif : " J'ai toujours joué à cette place même si certains entraîneurs m'ont essayé comme numéro 10 derrière les attaquants ". Stéphane Vande Velde" Un an et demi perdu à cause d'UN OS OUBLIÉ DANS MA ROTULE "